
Un tableau très peu reluisant sur la situation des droits humains au Bénin. C’est ce qui transparaît dans le rapport 2025-2026 d’Amnesty International sur l’état des droits humains dans le monde qui a été présenté ce mardi 21 avril 2026 à Cotonou par le directeur exécutif de sa section béninoise Dieudonné Dagbéto.
Ghislain Gbènakpon
De la régression de la liberté d’expression et de presse aux expulsions forcées en passant, entre autres, par les longues détentions provisoires, les expulsions forcées et les déplacés internes dus à la dégradation sécuritaire dans le nord, quasiment aucun point du rapport 2025-2026 d’Amnesty International sur la situation des droits humains dans le monde n’est encourageant pour le Bénin. Il faut dire que sur le front de la liberté de la presse, il a été relevé plusieurs suspensions d’organes dont, entre autres, le Patriote, Bénin Web TV. Des arrestations de journalistes sont aussi évoquées. Il en est ainsi de Olivier Alochémé de l’Evènement Précis et de Cosme Hounsa de La Boussole. Le rapport note des poursuites contre les voix critiques avec en illustration par exemple le cas de Julien Kandé Kansou arrêté en juin pour « harcèlement par le biais d’une communication électronique » et « publication de fausses nouvelles », après des propos critiques.
Des milliers de familles expulsées en attente d’indemnisation
Un nombre impressionnant de familles qui se comptent par milliers notamment à Cotonou ont été expulsées dans le cadre des nombreux projets d’aménagement urbain et souvent sans indemnisation, regrette le rapport. C’est le cas de Fiyégnon 1 à Cotonou avec plus de 3000 personnes affectées.La crise sécuritaire au nord avec ses déplacés internes en situation difficile
La crise sécuritaire au nord avec ses déplacés internes en situation difficile
« Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a plus que doublé », rapporte Amnesty International. La dégradation de la situation sécuritaire dans le nord en est pour beaucoup. Entre janvier et octobre, des attaques de groupes armés, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans affilié à Al-Qaïda, ont causé la mort d’au moins 82 soldats. Ces violences ont provoqué une forte augmentation du nombre de personnes déplacées. Le rapport précise que « la plupart des personnes déplacées à l’intérieur du pays avaient perdu leurs sources de revenus et vivaient dans des conditions déplorables », avec un accès limité à l’alimentation, à l’eau, à la santé et au logement.



































