Prison civile d’Abomey-Calavi: les détenus dénoncent des abus de pouvoir

Des conditions de visite à celles du manger en passant par le trafic de certains produits prohibés, les détenus de la prison civile d’Abomey-Calavi dénoncent des abus de pouvoir et les autorités au sommet de cette maison d’arrêt se retrouvent dans leur viseur.

« Quand les gens amènent à manger pour leurs proches, on refuse, obligeant les détenus à payer dans la maison. Il n’y a pas de tomates fraîches ici. On nous oblige à prendre des tomates en boîte. Tu n’es personne dans cette maison si tu n’as pas de l’argent. Ils font leur loi et on est obligé de se soumettre. Nos droits sont bafoués. Trop c’est trop », se désole un détenu. L’autre source de colère chez les prisonniers est liée aux conditions de visite de plus en plus problématiques. Pour rappel, avec les réformes, les permis de visite s’obtiennent en ligne par une procédure rigoureuse. « Mais quand nos proches viennent nous visiter, on leur fait voir de toutes les couleurs. L’appareil qui a généré le permis de visite le rejette quand ils viennent. Et le même appareil peut accepter la fois suivante. Les gens viennent de localités lointaines comme Abomey avec leurs permis de visite et sont refoulés. Mais si c’est une femme qui se retrouve dans la situation, elle a droit systématiquement à un permis de visite vite délivré », fait-il observer. Il a particulièrement alerté sur le fait que lors des visites, leurs épouses font souvent objet de harcèlement au plus haut niveau.

Par ailleurs, les détenus de la prison civile d’Abomey-Calavi tirent la sonnette d’alarme au sujet d’une situation source d’inquiétude pour eux. Il s’agit de la prolifération du trafic de stupéfiants avec, estiment-ils, une passivité coupable des autorités de la maison d’arrêt. Pendant ce temps, regrettent-ils, des cas de décès par overdose sont déplorés. Et en plus de cette situation, il y a aurait une succession de morts mystérieuses à en croire toujours les détenus: « Durant les six derniers mois, 58 cas de décès sont enregistrés. Il faut qu’une commission d’enquête descende dans la maison. On est prêt à parler »

Marchés Urbains et Régionaux au Bénin : tout sur les nouvelles redevances mensuelles

L’Agence Nationale de Gestion des Marchés ( ANaGeM ) a rendu public le tableau des nouvelles redevances mensuelles dans les marchés urbains et régionaux au Bénin. Elles varient de 5000 FCFA à 245.000 FCFA selon la zone et la nature de l’infrastructure marchande. Pour rappel, ces redevances mensuelles ont connu une baisse sensible suite à la décision du président Romuald Wadagni de donner une suite favorable aux demandes des femmes des différents marchés à cet effet. Télécharger ci-dessous le tableau des différentes redevances mensuelles.

https://drive.google.com/file/d/1xgZSE18liErbIqa7ju83Z7rEHsPqW3uc/view?usp=drivesdk

Lion’s Club Parakou Bio Guéra : les cinq axes d’action du président 2026-2027, Gildas Gnonhoué, officiellement investi

Le président Gildas Gnonhoué recevant le maillet et la cloche de commandement

Ghislain Gbènakpon

Une nouvelle page s’est ouverte sous le signe de l’unité, de la transparence, du travail et de l’action au Lion’s Club Bio Guéra, avec l’investiture, ce dimanche 5 juillet, du président 2026-2027, Gildas Gnonhoué. Le jeune leader ambitionne de faire du club une organisation plus forte, plus dynamique et plus utile à travers cinq axes stratégiques : le maintien et l’accroissement des effectifs, la collecte de fonds et le développement des œuvres et services, la formation des membres, la communication et la visibilité, ainsi que l’administration et les finances. C’est autour de ces cinq priorités que s’articulera le mandat 2026-2027, sous le leadership du président Gildas Gnonhoué, qui a déclaré recevoir « avec une profonde gratitude, doublée d’un sens aigu des responsabilités, la confiance placée en lui, non comme un privilège, mais comme un mandat d’action et de service ».

D’abord, sur le plan des effectifs, la mandature s’engage à coopter au moins six nouveaux Lions, dont quatre femmes, le président ayant souligné que « la diversité demeure la première richesse d’un club fort ».

Ensuite, concernant la collecte de fonds et les œuvres sociales, le nouveau bureau prévoit un programme large : des bacs à ordures pour la SGDS et pour certaines mairies avec pour bénéficiaires finaux, les marchés, les centres de santé, les écoles et autres structures qui font face à des défis de gestion des déchets, des kits scolaires pour les enfants du plateau d’Agonlin, de Parakou et de Natintingou, le financement de centres de soins oculaires et l’organisation de dépistages massifs, des campagnes de sensibilisation et de dépistage du diabète, ainsi que des dons de vivres aux orphelins. La jeunesse ne sera pas en reste, avec la multiplication des camps, du mentorat et des actions éducatives. À ces initiatives s’ajouteront par ailleurs des œuvres statutaires conjointes avec les clubs des Zones 311 et 312, ainsi que l’organisation de la Charter Night du club.

Une vue  de famille

Par ailleurs, pour ce qui est de la formation, le président estime qu’« un club fort est avant tout un club qui apprend ». C’est pourquoi chaque Assemblée générale statutaire comportera désormais un temps de formation courte, de dix à quinze minutes, en présentiel ou en ligne, en plus de la mise en œuvre de l’Initiative Qualité du Club, un programme lioniste consacré à l’amélioration continue des pratiques.

De même, sur le plan de la visibilité, le club entend mener une communication plus offensive, dynamiser son jumelage avec les clubs des Zones 131 et 132 et du district, et assurer une participation massive aux CCGD, au Congrès du District 403 A4, à la Convention DM 403 et à la Convention internationale. Les Assemblées générales statutaires délocalisées seront également relancées, selon un calendrier qui sera établi collectivement.

Enfin, sur le volet administratif et financier, le mandat 2026-2027 repose sur un principe simple : aucune œuvre durable ne se bâtit sans rigueur. Aussi la gestion sera-t-elle collégiale, portée par l’implication de chaque commission. Le club vise ainsi à recouvrer au moins 80 % des cotisations statutaires, à garantir une gestion financière transparente et à mobiliser chaque membre pour le règlement de ses cotisations et arriérés. Les factures du Siège et du District seront réglées à échéance, les rapports transmis dans les délais, et le club s’engage à accueillir au moins un nouveau Compagnon Melvin Jones.

Essor de l’Assurance Agricole en Afrique: les propositions du DG CNMA Cherif Benhabiles de l’Algérie

M. Cherif Benhabiles, directeur général de la CNMA en Algérie

A la septième édition des Etats Généraux de l’Assurance pour Tous à laquelle il prend activement part à Cotonou, le directeur général de la Caisse Nationale de Mutualité Agricole ( CNMA ) en Algérie a fait des propositions concrètes pour le développement de l’assurance agricole en Afrique. C’est à la faveur d’une interview que Cherif Benhabiles a accordée à la presse en marge des travaux.

Ghislain Gbènakpon

« L’assurance agricole maintenant devient une nécessité, notamment face au changement climatique, et je pense que nous, acteurs, nous sommes tenus de proposer un certain nombre de solutions qui couvrent d’abord le risque et qui accompagnent le développement et assurent aussi un revenu minimum à l’agriculteur ». Telle est la profession de foi pour ainsi dire du DG Cherif Benhabiles. Le directeur général de la CNMA fait observer que malheureusement, le continent africain est exposé à beaucoup de risques d’ordre climatique et aussi à d’autres comme les épidémies. « Malheureusement, nos assureurs africains n’arrivent pas à développer des solutions innovantes. On reste toujours en train, je dirais, de proposer des petites solutions. On devrait peut-être agir ensemble, créer des dynamiques en matière d’échange d’informations et de statistiques. Ça nous aiderait énormément à avoir aussi des couvertures, ce qu’on appelle des couvertures régionales. Il faudra qu’on arrête un peu, je dirais, de proposer chacun dans son petit coin. Mais je pense qu’on devrait se réunir autour d’une table et proposer des solutions régionales, puisque beaucoup de pays souffrent des mêmes risques, sécheresse, maladies. On aurait tous à gagner d’abord », a-t-il déclaré.

L’importance de la réassurance

Le DG Cherif Benhabiles a aussi souligné l’importance de la contribution de la réassurance dans l’essor de l’assurance agricole. Seulement voilà, regrette-t-il, l’Afrique ne dispose pas d’un réassureur capable d’accompagner les sociétés d’assurance en matière de risque agricole, d’offrir des capacités, que ce soit techniques ou financières: « À ce niveau-là, les gens s’intéressent beaucoup plus à des risques rentables, mais on oublie que l’agriculture en Afrique, est une question de survie, je dirais. Ce n’est plus un luxe, malheureusement. Soutenir un agriculteur doit être un métier noble et nous, assureurs, on devrait beaucoup plus s’impliquer et aller vers ça. Ça remet en cause peut-être beaucoup de systèmes managériales. Est-ce que les compagnies d’assurance qui existent en Afrique sont-elles capables d’accompagner l’assurance agricole ?
Peut-on aller vers des systèmes beaucoup plus mutuels et coopératifs ? Toute la question est là ». Il faut dire que dans cet échange avec la presse, il n’a pas manqué de présenter brièvement la CNMA : « C’est une société d’assurance qui est implantée en Algérie depuis très longtemps et qui est spécialisée dans tout ce qui est assurance agricole. Elle développe des produits agricoles innovants, intéressants, pour accompagner le développement de la politique agricole et rurale en Algérie. C’est un système d’assurance qui a été mis en place, soutenu par les pouvoirs publics, et nous sommes en train de pousser, je dirais »

Effectivité de l’assurance inclusive en Afrique: l’appel du DG SOCAR Vie Augustin Sindayigaya du Burundi

M. Augustin Sindayigaya, directeur général de SOCAR Vie au Burundi

A la septième édition des Etats Généraux de l’Assurance pour Tous à laquelle il prend activement part depuis ce lundi 6 juillet 2026 à Cotonou, le directeur général de la Société Commerciale d’Assurance et de Réassurance Vie ( SOCAR Vie ) du Burundi a lancé un vibrant un appel à tous les assureurs pour l’effectivité de l’assurance inclusive en Afrique. C’est à la faveur d’une interview que M. Augustin Sindayigaya a donnée à presse.

Ghislain Gbènakpon

« L’appel à lancer est que nous les assureurs, nous soyons un peu plus dynamiques, un peu plus innovants, mettre à profit les nouvelles technologies parce qu’on parle d’assurance pour tous, mais cette assurance pour tous ne sera valable que si les nouvelles technologies sont mises à contribution parce qu’on ne sait pas, pour arriver à toute cette population, obligatoirement, il faut repenser notre service commercial, notre service marketing, adapter les produits aux populations nécessiteuses et maintenant, leur faire parvenir effectivement les services dont elles ont besoin. », a déclaré le Directeur général Augustin Sindayigaya de SOCAR Vie.

Il transparaît de son échange avec la presse que le taux de pénétration de l’assurance au Burundi est faible même s’il y a de l’espoir: « Le taux de pénétration au Burundi est encore très faible. Il est en dessous de 1%. Nous sommes en train de travailler pour le remonter. De toute façon, on fait une progression constante chaque année. Donc, on espère voir le taux de pénétration augmenter, en particulier aussi avec la micro-assurance si elle vient à décoller ». Et comme la plupart des participants, c’est l’importance du thème de ces états généraux de l’assurance pour tous qui justifie la présence du directeur général de SOCAR Vie aux assises de Cotonou. « Ma présence se justifie parce que chez nous, l’assurance pour tous nous intéresse, particulièrement ma société qui est pionnière dans la micro-assurance au Burundi. Le thème aborde la situation des vulnérables, des gens à faible revenu qui sont souvent oubliés par les autres produits d’assurance qui existent. Par ailleurs, ces assises sont une occasion d’un échange d’expériences avec les autres », a déclaré le DG Augustin Sindayigaya.

Assurance pour Tous : l’analyse et l’espoir de Mamadou Ciré Bah sur la situation en Guinée

M. Mamadou Ciré Bah, directeur national des assurances de la Guinée

Aux septièmes Etats Généraux de l’Assurance Pour Tous qu’abrite Cotonou depuis ce lundi 6 juillet 2026 pour trois jours, avec la problématique de l’assurance inclusive au cœur des assises, le directeur national des assurances de la République de Guinée a partagé son analyse et son espoir sur la situation de son pays . C’est à la faveur d’une interview que M. Mamadou Ciré Bah, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, a accordée à la presse en marge des travaux.

Ghislain Gbènakpon

« Pour dire les choses sincèrement, le taux de pénétration de l’assurance reste très faible, même inférieur à 1%; peut-être même plus faible que les autres pays de la CIMA. C’est pour cela que les défis sont encore très importants pour tous les pays africains et particulièrement pour la Guinée. C’est ce qui fait que la thématique de ce forum est très intéressante pour nous. Nous sommes venus apprendre pour savoir quels sont les mécanismes à mettre en œuvre pour accroître ce taux de pénétration; parce que nous avons la particularité d’avoir un potentiel très important en Guinée mais le taux de pénétration reste faible parce que les bons mécanismes, les mécanismes adaptés à mettre en oeuvre pour inciter les populations à recourir davantage aux produits d’assurance ne sont pas mis en place », a expliqué M. Mamadou Ciré Bah.

Il ressort de l’intervention du directeur national des assurances de la République de Guinée que c’est la pertinence de la thématique de ces assises de Cotonou qui l’a fondamentalement motivé à faire le déplacement de la Capitale économique du Bénin: « Les états généraux de l’assurance pour tous qui portent cette année sur l’assurance inclusive est un thème très pertinent pour nos différents marchés parce que le taux de pénétration de l’assurance dans nos pays reste encore très faible. Donc, des efforts doivent être multipliés pour améliorer ce taux de pénétration et la thématique de ce forum porte sur ça; quelles sont les innovations à apporter pour pouvoir accroître le taux de pénétration? Donc, c’est la pertinence surtout du thème qui m’a attiré pour venir participer à cette discussion et essayer de ramener chez moi, l’expérience tirée de ce forum ».

19e Réunion de l’Initiative Afrique à Cotonou : satisfaction de Rabah Belkacémi de l’Algérie

M. Rabah Belkacémi de la délégation algérienne

M. Rabah Belkacémi de la délégation algérienne à la 19 e Réunion de l’Initiative Afrique qu’abrite Cotonou a exprimé sa totale satisfaction du déroulement des assises.C’est à la faveur d’une interview à la presse en marge des travaux.

Ghislain Gbènakpon

« Je ne peux ne pas remercier les autorités du Bénin pour les meilleures conditions de travail dans lesquelles nous sommes placés, les conditions d’accueil depuis l’aéroport à l’hôtel, au lieu du déroulement de la Réunion. Tout s’est bien passé. Je tiens à féliciter le pays hôte le Bénin. Je découvre un pays très ouvert, sécurisé, une population également très ouverte au monde extérieur », s’est réjoui M.
Rabah Belkacémi au nom de la délégation algérienne. Il n’a pas manqué d’évoquer la problématique des assises de Cotonou: « La problématique, c’est tout ce qui a trait à l’échange de renseignements dans tous ses aspects, que ce soit l’échange de renseignements sur demande ou automatique, le programme de divulgation volontaire, la mobilisation des ressources internes, ce sont donc des thématiques diverses à l’ordre du jour. Dans le cadre de cet événement, il y a eu la présentation du rapport du Forum mondial sur les résultats de l’échange de renseignements réalisés par les pays membres de l’Initiative Afrique ». Pour M. Rabah Belkacémi, la Réunion de Cotonou est une véritable opportunité de partage des meilleures expériences des administrations africaines et des partenaires du Forum mondial.

Transparence fiscale en Afrique: Jacques Brice Libizangomo assure que le Gabon joue sa partition

M. , directeur de la législation et du contentieux au sein de la Direction Générale des impôts du Gabon

Le Gabon joue sa partition face à l’indispensable échange de renseignements entre États pour la transparence fiscale en Afrique. C’est ce qui ressort de l’interview que son directeur de la législation et du contentieux au sein de la Direction Générale des impôts, M. Jacques Brice Libizangomo a donnée à la presse en marge des travaux de la 19 e Réunion de l’Initiative Afrique à Cotonou.

Ghislain Gbènakpon

« En ce qui concerne l’implémentation et l’introduction des dispositions relatives à l’échange de renseignements sur demande ou automatique, le Gabon a modifié son code général des impôts pour permettre à ce que les vérificateurs, lorsque ces derniers sont en opération de contrôle, puissent utiliser cet outil-là afin de maximiser les informations nécessaires à l’établissement des véritables impôts que devraient payer nos concitoyens. Donc, oui, nous sommes dans le chemin d’introduction progressive des normes relatives à l’échange de renseignements », a soutenu, M. Jacques Brice Libizangomo.

Le directeur de la législation et du contentieux au sein de la Direction Générale des impôts du Gabon a fait observer que l’un des panels des assises de Cotonou a fait savoir que les pays comme le Maroc, l’Algérie, ont développé leurs outils qui ont permis d’introduire dans leur environnement juridique la possibilité, soit d’interrompre les délais de prescription en cas de vérification de contrôle fiscal ou encore de prolonger les délais des opérations de vérification au sein des entreprises. « Nous partons enrichis de ce fait-là et nous espérons qu’à la faveur de la Loi de finances initiales pour l’exercice 2027, nous allons introduire ce type de dispositions dans notre environnement juridique fiscal », a déclaré Jacques Brice Libizangomo qui a ténu à féliciter le Bénin pour l’organisation parfaite de cette 19 e Réunion de l’Initiative Afrique.

19 e Réunion de l’Initiative Afrique et Transparence fiscale  : Juslain Mvoussa du Congo expose la pertinence des assises de Cotonou

M. Juslain Mvoussa, directeur du répertoire des assiettes et de la promotion du civisme fiscal à la direction générale des impôts et des domaines du Congo


A la 19 e Réunion de l’Initiative Afrique à laquelle il prend activement part à Cotonou, le directeur du répertoire de l’assiette et de la promotion du civisme fiscal au sein de la Direction Générale des impôts et des domaines de la République du Congo, M. Juslain Mvoussa s’est confié à la presse pour donner des éclairages sur les assises qui portent sur la transparence fiscale en Afrique à travers les échanges de renseignements à des fins fiscales.

Ghislain Gbènakpon

« Au cours de cette session, nous avons compris la nécessité de conjuguer ensemble nos efforts pour développer davantage nos Etats, surtout en ce qui concerne les pays africains. Aujourd’hui, le monde est toujours considéré comme un village planétaire. Il n’y a plus de barrières et il faut avoir suffisamment d’informations sur tous les acteurs économiques qui travaillent au sein de nos Etats. La question de la transparence fiscale est donc une question fondamentale, parce que nous pouvons aujourd’hui avoir un opérateur qui est résident ici à Cotonou au Bénin et qui tire ses revenus au Congo. Mais pour que le Bénin soit capable de fiscaliser ses revenus, il va falloir que le Congo ait des renseignements. Donc il faut mettre en place un échange de renseignements forts pour que nous tirions des profits de toutes les retombées économiques de nos Etats », a expliqué le délégué du Congo, M. Juslain Mvoussa.

Le directeur du répertoire de l’assiette et de la promotion du civisme fiscal au sein de la Direction Générale des impôts et des domaines de la République du Congo juge très importante la thématique de cette 19e   Réunion de l’Initiative Afrique et fait observer qu’il n’est plus possible aujourd’hui pour un Etat de travailler en vase-clos: « Il faut s’ouvrir aux autres, il faut nouer des partenariats afin que chaque État tire des profits des richesses qui sont les siens. Et c’est le cas de cette question de la transparence fiscale où nous profitons de cette session pour tirer davantage les leçons et capitaliser les expériences des autres pays pour que nous les intégrions dans notre cadre juridique afin de renforcer notre législation et mobiliser davantage des recettes à travers les flux financiers illicites qu’il y a dans nos Etats »

19e Réunion de l’Initiative Afrique à Cotonou: « La transparence fiscale en Afrique est un enjeu de taille pour le continent », dixit Roméo Nkoulou-Ella

M. Roméo Nkoulou-Ella, responsable de la coopération internationale au forum sur l’administration fiscale africaine

A la 19 e Réunion de l’Initiative Afrique qu’abrite Cotonou depuis ce mardi 30 juin 2026 pour trois jours, le responsable de la coopération internationale au forum sur l’administration fiscale africaine a souligné l’importance de la transparence fiscale et de l’échange de renseignements à des fins fiscales pour le continent. C’est au détour d’une interview que M. Roméo Nkoulou-Ella, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a accordée à la presse en marge des travaux.

Ghislain Gbènakpon

« La transparence fiscale en Afrique est un enjeu de taille pour le continent. La transparence en fait est, si vous voulez, la clé qui va débloquer les ressources dont ont besoin les pays africains pour se développer; parce que nous avons des multinationales qui opèrent dans différents territoires à travers le continent et qui, dans chacun de ces territoires, font des déclarations d’impôts incohérentes. Avec la transparence fiscale, les pays africains ont la possibilité de s’échanger des informations à travers ces différentes juridictions et donc d’aligner leur fiscalité vis-à-vis de ces multinationales. On a déjà vu des exemples de pays qui ont vu leur recette fiscale doubler à cause de la mise en place des mécanismes de transparence fiscale », a soutenu M. Roméo Nkoulou-Ella.

Le responsable de la coopération internationale au forum sur l’administration fiscale africaine n’a manqué de lancer un appel aux Etats africains qui n’ont pas encore mis en place des mécanismes d’échange de renseignements à des fins fiscales: « Le principal appel que nous voulons lancer est surtout aux pays qui n’ont pas encore mis en place ces mécanismes. Sur les 55 États africains, il n’y en a qu’une trentaine qui ont mis en place des mécanismes d’échange d’informations. Ça fait que ces échanges ne peuvent se faire qu’entre cette trentaine de pays. Et plus il y a de pays qui adoptent ces mécanismes, plus il sera possible pour les pays africains de mobiliser les recettes intérieures dont ils ont besoin. Donc, mon appel, c’est surtout à ces pays-là, qui n’ont pas encore mis ces mécanismes en place, de se joindre à la trentaine qui les met déjà en œuvre et qui en tire déjà profit, afin qu’ils puissent faire de même dans leur juridiction »