
Des conditions de visite à celles du manger en passant par le trafic de certains produits prohibés, les détenus de la prison civile d’Abomey-Calavi dénoncent des abus de pouvoir et les autorités au sommet de cette maison d’arrêt se retrouvent dans leur viseur.
« Quand les gens amènent à manger pour leurs proches, on refuse, obligeant les détenus à payer dans la maison. Il n’y a pas de tomates fraîches ici. On nous oblige à prendre des tomates en boîte. Tu n’es personne dans cette maison si tu n’as pas de l’argent. Ils font leur loi et on est obligé de se soumettre. Nos droits sont bafoués. Trop c’est trop », se désole un détenu. L’autre source de colère chez les prisonniers est liée aux conditions de visite de plus en plus problématiques. Pour rappel, avec les réformes, les permis de visite s’obtiennent en ligne par une procédure rigoureuse. « Mais quand nos proches viennent nous visiter, on leur fait voir de toutes les couleurs. L’appareil qui a généré le permis de visite le rejette quand ils viennent. Et le même appareil peut accepter la fois suivante. Les gens viennent de localités lointaines comme Abomey avec leurs permis de visite et sont refoulés. Mais si c’est une femme qui se retrouve dans la situation, elle a droit systématiquement à un permis de visite vite délivré », fait-il observer. Il a particulièrement alerté sur le fait que lors des visites, leurs épouses font souvent objet de harcèlement au plus haut niveau.
Par ailleurs, les détenus de la prison civile d’Abomey-Calavi tirent la sonnette d’alarme au sujet d’une situation source d’inquiétude pour eux. Il s’agit de la prolifération du trafic de stupéfiants avec, estiment-ils, une passivité coupable des autorités de la maison d’arrêt. Pendant ce temps, regrettent-ils, des cas de décès par overdose sont déplorés. Et en plus de cette situation, il y a aurait une succession de morts mystérieuses à en croire toujours les détenus: « Durant les six derniers mois, 58 cas de décès sont enregistrés. Il faut qu’une commission d’enquête descende dans la maison. On est prêt à parler »









