JMP 2026: le Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone lancé à Cotonou avec la quinzaine de mobilisation sociale

Une vue de famille des officiels et personnalités invitées

« Mettre fin au paludisme : Maintenant c’est possible ; Agissons Maintenant ». C’est le thème de la 19 e Journée mondiale de lutte contre le paludisme ( JMP 2026 ) dont les manifestations officielles ont été lancées à Cotonou ce vendredi 24 avril 2026 à la veille de la commémoration. L’événement a été aussi marqué par le lancement du Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone et la quinzaine de mobilisation sociale pour renforcer la lutte contre la maladie.

Ghislain Gbènakpon

13% de la population mondiale exposée au paludisme vit dans les pays francophones ; 42% des cas mondiaux de paludisme sont enregistrés dans ces pays soit 118 millions de cas estimés en 2024 dans cet espace francophone et 40% des décès liés au paludisme y surviennent. Ce sont les statistiques globales du paludisme dans l’espace francophone qui transparaissent dans ce Rapport préfacé par le Bénin à travers le ministre de la santé, Pr. Benjamin Hounkpatin. Le Rapport intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone » relève que certains pays francophones ont franchi des étapes importantes vers l’élimination du paludisme. En 2024, lit-on, l’Égypte et le Cap-Vert ont été certifiés exempts de paludisme, rejoignant ainsi l’Algérie, le Maroc et l’Arménie parmi les pays francophones ayant éradiqué la maladie depuis 2000. Autres bonnes nouvelles dans ce Rapport, aucun décès dû au paludisme n’a été recensé au Vanuatu depuis 2012, au Cambodge depuis 2018 et au Vietnam depuis 2019. Par ailleurs, dans certains pays francophones les plus touchés, des progrès significatifs ont été réalisés depuis 2015. Il en est ainsi de la Guinée Équatoriale avec une réduction de 32% des cas, du Ghana membre à part entière de l’OIF depuis 2024 avec une réduction de 29% des cas et de 32% des décès, du Rwanda avec une réduction de 75% des cas et du Sénégal avec une réduction de 45% des cas et des décès.

Il faut dire que malgré ces progrès, le Rapport note des défis à relever dans d’autres pays francophones d’Afrique où les taux de paludisme restent préoccupants. Différents facteurs ont contribué à la stagnation des progrès dont la « croissance démographique rapide dans les régions où le paludisme est endémique, l’émergence ou l’expansion de la résistance des parasites aux antipaludéens et de la résistance des moustiques aux insecticides, les perturbations causées par les urgences sanitaires, notamment les épidémies, les pandémies, les crises humanitaires et les catastrophes naturelles, l’accès insuffisant des populations vulnérables à la prévention et au traitement.

Allocution du ministre de la santé du Bénin, Pr. Benjamin Hounkpatin

Une quinzaine de mobilisation sociale sur cinq priorités identifiées dans le Rapport

Dans le cadre de la JMP 2026 au Bénin, le ministère de la santé à travers le Programme national de lutte contre le paludisme a choisi de faire de cette édition, un temps fort de mobilisation sociale avec une quinzaine dédiée à la caravane de sensibilisation dans plusieurs quartiers de Cotonou et dans d’autres localités du pays. Pour le Représentant Résident de l’OMS et chef de file des partenaires techniques et financières Dr. Konan Kwamé Jean, ces actions de proximité sont essentielles pour toucher les communautés et les populations les plus vulnérables. Le ministre de la santé du Bénin fera observer que le thème du JMP 2026 indique que le moment est, plus que jamais venu, pour prendre les dispositions idoines à tous les niveaux en vue de mettre fin au paludisme. « La participation et l’engagement communautaires, demeurent un élément central et un maillon essentiel de toutes les stratégies de lutte contre le paludisme », a soutenu Pr. Benjamin Hounkpatin.

Le panel sur le Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone modéré par Yacine Djibo, Directrice Exécutive de Speak Up Africa

Il faut dire que cette quinzaine de mobilisation sociale porte sur les cinq priorités identifiées par le Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone pour éradiquer la maladie. Ces priorités ont été au coeur d’un panel modéré au lancement par Mme Yacine Djibo, la directrice exécutive de Speak Up Africa, l’un des partenaires au développement engagés dans la lutte contre le paludisme. La priorité numéro 1 est la promotion de la souveraineté sanitaire et une mobilisation robuste des ressources domestiques. Ces dernières, indique le Rapport, sont essentielles pour accélérer l’élimination du paludisme dans les pays francophones. L’exemple du Bénin qui a presque quadruplé son budget national de lutte contre le paludisme entre 2020 et 2025 le faisant passer de 1.7 millions de dollars US à 6,3 millions de dollars US grâce à une stratégie de plaidoyer coordonnée impliquant le gouvernement, la société civile, le parlement et le secteur privé y est mentionné. La seconde action prioritaire est la promotion d’un financement durable des donateurs Internationaux grâce à des sources existantes et diversifiées. Sans financement suffisant, « les stratégies nationales de lutte contre le paludisme ne peuvent pleinement mettre en œuvre les programmes de prévention, de traitement et de surveillance de la maladie ». La priorité numéro 3 est de promouvoir un engagement plus fort du secteur privé. « Le secteur privé doit passer de la marge  au centre de la lutte contre le paludisme, en tant que partenaire stratégique et non plus seulement comme bailleur de fonds ». La quatrième action prioritaire est de promouvoir une accélération de l’innovation contre le paludisme. « L’innovation doit être accélérée et rendue accessible, acceptable et abordable pour les pays et les communautés qui en ont le plus besoin ». La cinquième priorité est relative à la promotion d’une approche sociétale globale de la lutte contre le paludisme. Les gouvernements et leurs partenaires sont appelés à « intégrer les actions menées par les jeunes en tenant compte des questions de genre dans l’ensemble des stratégies de lutte contre le paludisme, en reconnaissant le fardeau disproportionné que cette maladie fait peser sur les femmes, les enfants et les adolescents »

Deuxième Conférence de la CEDEAO sur le Lassa: résultats et engagements des assises d’Abidjan

Une vue de famille des participants

Les travaux de la deuxième conférence de la CEDEAO sur le Lassa qui se sont déroulés du 8 au 11 septembre 2025 à Abidjan ont été sanctionnés par d’importants résultats et engagements. C’est ce que renseigne le communiqué final parvenu à la rédaction. Lire ci-dessous l’intégralité dudit communiqué. 

Press Release

L’AFRIQUE DE L’OUEST SE MOBILISE À ABIDJAN POUR ACCÉLÉRER LA PRODUCTION D’UN VACCIN CONTRE LA FIÈVRE DE LASSA ET RENFORCER LA PRÉPARATION FACE AUX ÉPIDÉMIES

La 2ème Conférence internationale de la CEDEAO sur la fièvre de Lassa (#ELFIC 2025) s’est conclue ce jeudi 11 septembre 2025 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, après quatre jours de discussions de haut niveau, de partage de connaissances et d’engagements stratégiques.

Cette rencontre a réuni plus de 800 décideurs politiques, scientifiques, professionnels de la santé et partenaires du développement venus de toute l’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs pour faire face à l’une des menaces épidémiques les plus persistantes de la région. La conférence s’est articulée autour de six axes thématiques : la coordination régionale, le renforcement des contre-mesures médicales, la surveillance et la détection précoce, les innovations technologiques, l’engagement communautaire et le financement durable.

Table ronde ministérielle : un rendez-vous stratégique pour le leadership régional
En prélude à la cérémonie d’ouverture, les ministres de la Santé des États membres de la CEDEAO ont tenu une table ronde ministérielle de haut niveau sur l’accélération de la préparation à la vaccination contre la fièvre de Lassa. Dans un communiqué conjoint historique, les ministres se sont engagés à :

Promouvoir le développement et l’accès équitable aux vaccins contre la fièvre de Lassa
pour les populations à risque.

Renforcer la collaboration régionale en matière de surveillance, de recherche et de réponse aux épidémies.
Mobiliser un financement durable et une volonté politique pour assurer une préparation à long terme aux épidémies.

Cette déclaration a marqué une étape importante pour la solidarité et le leadership sur le plan régional, tout en soulignant qu’aucun pays ne peut lutter seul contre la fièvre de Lassa.

Discussions et résultats clés
Tout au long des six axes thématiques, les délégués ont exploré des solutions pratiques et des approches innovantes :

Sécurité alimentaire et prévention : Les experts ont exhorté les communautés à adopter des pratiques de stockage des aliments sûres pour réduire l’exposition aux rongeurs, un vecteur clé de la fièvre de Lassa.
Confiance dans les innovations en santé : Lors de ces sessions, l’accent a été mis sur le rôle essentiel des médias et de la société civile pour combler le déficit de confiance et lutter contre la réticence à la vaccination dans la région.

Des solutions locales pour des défis locaux : Le ministre nigérian de la Santé a appelé à des solutions africaines pour combattre la fièvre de Lassa. Selon lui, la recherche, le développement de vaccins et la riposte doivent refléter les réalités propres à la région.
Préparation transfrontalière : Les participants ont convenu de l’importance du partage des données et des enquêtes conjointes sur les épidémies pour arrêter la propagation des maladies à travers les frontières poreuses.

Regard vers l’avenir

La conférence a réaffirmé l’urgence de lutter contre la fièvre de Lassa comme priorité régionale de sécurité sanitaire, positionnant ainsi l’Afrique de l’Ouest à l’avant-garde de la préparation aux épidémies mondiales. Grâce aux engagements pris à Abidjan, les États membres de la CEDEAO et leurs partenaires visent à accélérer le déploiement du programme de lutte contre la fièvre de Lassa, qui comprend le développement et le déploiement d’un vaccin homologué contre la fièvre de Lassa, l’élargissement de l’accès aux diagnostics et aux traitements, et le renforcement de la résilience des communautés face aux futures épidémies.

Voix de la Conférence :
« Cette conférence a démontré la force de la solidarité régionale. Ensemble, nous passons de la discussion à l’action, construisant une Afrique de l’Ouest unie, prête à affronter la fièvre de Lassa et les futures épidémies » a déclaré le Dr Melchior Athanase J. C. AÏSSI, Directeur Général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS).
« Notre engagement collectif à promouvoir un programme de préparation, de riposte et de contrôle de la fièvre de Lassa, notamment par le développement de vaccins et d’autres contre-mesures médicales, marque un tournant en Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’un moment stratégique pour un leadership régional conjoint visant à améliorer la santé de nos populations » a déclaré le Dr Abdourahmane DIALLO, Directeur de la gestion des programmes au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

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