
« La sécurité des patients: un impératif pour l’amélioration de la qualité des soins au Bénin ». C’est le thème des troisièmes Journées Scientifiques Hospitalières du Bénin organisées par le Conseil national de la médecine hospitalière ( CNMH ) avec le soutien de l’OMS. Les assises qui durent trois jours ont été lancées ce mercredi 26 août 2026 au palais des congrès de Cotonou.
Ghislain Gbènakpon
« Chaque patient qui franchit les portes de nos établissements de santé nous confie ce qu’il possède de plus précieux : sa vie et sa santé. Cette confiance nous impose un devoir permanent de vigilance, de compétence, d’organisation et d’amélioration. Cependant, le risque zéro n’existe pas en médecine. Nous devons donc réfléchir ensemble aux moyens de réduire les erreurs, d’améliorer nos pratiques et de protéger la vie des patients en particulier et toute la communauté de façon générale ». Voilà ainsi décliné par la présidente du comité scientifique, Mme Christiane Aguèmon dans son mot de bienvenue, ce qui justifie le choix du thème de ces troisièmes Journées Scientifiques Hospitalières du Bénin. Le thème va être monnayé durant les travaux en cinq sous thèmes à savoir, gestion des risques et évènements indésirables en santé, sécurité péri opératoire, radioprotection et sécurité des patients, sécurité des patients en périnatalogie, et contribution de l’intelligence artificielle et sécurité des patients.
Il faut dire que les statistiques sur la problématique de ces troisièmes Journées ne sont pas reluisantes. Selon les estimations de l’OMS, environ un patient sur dix est victime d’un préjudice au cours de sa prise en charge, tandis que plus de trois millions de décès surviennent chaque année à la suite de soins non sécurisés, dont une part importante pourrait être évitée. Derrière ces chiffres, fait observer la représentante du Représentant Résident de l’OMS, se trouvent des femmes, des hommes et des enfants dont la santé a été compromise alors même qu’ils recherchaient des soins destinés à les guérir. « C’est pourquoi la sécurité des patients doit rester au cœur de toutes nos actions et de toutes nos décisions. Elle n’est pas une question secondaire. Elle constitue une exigence éthique, un droit fondamental des usagers des services de santé et une condition incontournable pour atteindre la Couverture sanitaire universelle », a déclaré Mme Soulia Ouédraogo.
Un cadre réglementaire propice
Dans son intervention de circonstance, le président du Conseil national de la médecine hospitalière ( CNMH ) a rappelé que les assises se tiennent en ce moment dans un contexte où le Bénin met en œuvre un cadre réglementaire rigoureux grâce à l’Autorité de Régulation du Secteur de la Santé (ARS) avec des décrets officiels fixant désormais des exigences de sécurité opposables à tous les établissements, publics comme privés. « Cependant, nous connaissons aussi nos défis sur le terrain. La charge de travail, la maintenance de nos équipements et le besoin continu en ressources humaines en quantité et en qualité sont des réalités. C’est pourquoi notre communauté doit poursuivre la réflexion pour proposer des modèles adaptés à notre contexte et qui facilitent le développement de la culture de la sécurité des patients dans nos établissements de santé », a déclaré le Pr. Marcel Zannou.
En lançant les travaux, M. Jean-Claude Lodjo, chargé de mission du ministre de la santé a relevé l’importance de la thématique centrale: « Soigner est un acte noble. Mais soigner sans causer de tort est un devoir absolu. La sécurité des patients n’est pas une option. C’est la base même de la confiance entre la population et nos établissements de soins. Chaque patient qui passe les portes de nos établissements hospitaliers ou de soins doit se sentir protégé. Il doit recevoir des soins sûrs, efficaces et humains » Il n’a pas manqué d’exhorter les participants à divers niveaux à mener des réflexions fécondes pour une sécurité garantie des patients au Bénin. « L’amélioration de la qualité des soins demande les efforts de tout le monde. Les médecins, les infirmiers, les techniciens et les administratifs, toutes les catégories socioprofessionnelles du secteur de la santé doivent travailler en synergie. C’est ensemble que nous ferons vivre une vraie culture de la sécurité des patients dans notre pays », a déclaré M. Jean-Claude Lodjo.



