JMP2026/Tournoi 3×3 au Bénin : le Basketball comme canal de sensibilisation contre le paludisme

Remise de moustiquaires

( Le partenariat Speak Up Africa-I AM Foundation fait œuvre utile )

Le sport plus que jamais au service de la lutte contre le  paludisme. La première édition du tournoi 3×3 de basketball organisée ce 25 avril 26 avril 2026 à Cotonou par IAM Foundation avec le soutien de Speak Up Africa et de Basketball African League ( BAL ) à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme ( JMP2026 ) a servi de vitrine pour la sensibilisation des communautés notamment à travers les jeunes athlètes.

Ghislain Gbènakpon

Des slogans aux différents messages sur les maillots et les affiches en passant par les discours de mobilisation, le don de moustiquaires imprégnées aux athlètes des équipes en compétition et les prestations d’artistes engagés, tous les moyens de communication et de sensibilisation contre le paludisme ont été mis à contribution à cette première édition de tournoi 3×3 de basketball. Pour le promoteur Ian Mahimi, président de IAM Foundation, le sport a sa place dans la solution pour l’éradication du paludisme notamment en tant que meilleur vecteur de messages de sensibilisation . « Je sais que normalement, ce sont des messages qui sont portés d’un point de vue institutionnel, avec les ministres, avec les députés, etc. Mais donner un peu la voie à la jeunesse, aux acteurs du sport, c’est aussi bien. Donc on le fait à travers un beau tournoi », a-t-il déclaré à la faveur d’une interview à la presse.

Remise de prix

Il faut dire que la tenue de ce tournoi est le fruit du partenariat entre IAM Foundation et Speak Up Africa. « La jeunesse est au cœur de ce que nous faisons. Nous pensons que vous les jeunes athlètes représentez le présent et l’avenir. Et à travers votre sport, vous pouvez, aussi bien au niveau de votre communauté et de votre famille, passer haut et fort le message de la sensibilisation contre le paludisme pour que vous soyez forts et en bonne santé. Nous sommes ici aujourd’hui à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le paludisme pour profiter de ce tournoi et faire de la sensibilisation » a déclaré la directrice exécutive de Speak Up Africa Yacine Djibo dans son allocution de circonstances.

Il faut dire que cette première édition du tournoi 3×3 de basketball a tenu toutes ses promesses. Chez les hommes, l’équipe Héritiers 2A2B a remporté la finale face à Street Warriors sur un score de 12 contre 10. Chez les dames, c’est Énergie BBC qui a soulevé la coupe. Et c’était sous le regard du coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme ( PNLP ), Codjo Gandonougbo qui n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction au terme du tournoi : « C’est un sentiment de joie qui m’anime parce que j’ai vu l’engouement qu’il y a autour de cet événement et j’ai vu également toute la qualité de la préparation. Et si tous ceux qui ont pris part à cet événement s’engagent vraiment, tel que les différents slogans le disent, je pense que nous allons faire un pas, un grand pas au Bénin vers l’élimination du paludisme »

Sensibilisation sur le Palu par des histoires captivantes: les jeunes béninois créateurs de contenu outillés sur le Storytelling

Une vue de famille des participants

Dans le cadre de la campagne Zéro Palu! Je m’engage, Speak Up Africa a organisé un atelier de Storytelling au profit des jeunes béninois créateurs de contenu. L’oobjectif est de les outiller à construire des histoires qui accrochent les populations dans la sensibilisation contre le paludisme à l’occasion de la quinzaine de mobilisation sociale qui vient d’être lancée. C’était ce vendredi 24 avril à l’hôtel Azalaï de Cotonou.

Ghislain Gbènakpon

Les jeunes créateurs béninois de contenu sont désormais mieux outillés pour raconter des histoires à même d’impacter leurs abonnés en particulier et partant les communautés dans le cadre de la campagne Zéro Palu ! Je m’engage et de la quinzaine de mobilisation sociale contre le paludisme . Et l’atelier de Storytelling organisé à leur intention par Speak Up Africa est passé par là. « Cet atelier de storytelling est vraiment pour pouvoir démocratiser les messages et nous assurer que la jeunesse qui se trouve majoritairement en ligne sur les réseaux sociaux puisse accéder à cette information et se sentir vraiment impliquée dans le cadre de la lutte contre le paludisme; parce que comme on l’a dit et dans le cadre de la campagne zéro paludisme je m’engage, le paludisme est l’affaire de tous et on doit tous et toutes s’impliquer pour son élimination », a expliqué la chargée de communication de Speak Up Africa Maelle Ba.

Les formateurs et des membres de Speak Up Africa

Les jeunes créateurs de contenu ont été outillés par leurs aînés plus expérimentés sur comment utiliser leur voix, comment utiliser le Storytelling, comment filmer, comment monter pour réussir à capter l’attention pour derrière, impacter les communautés et sensibiliser sur le sujet qu’est la lutte contre le paludisme. Pour l’une des formatrices Malangue Astrid Djidjoho, créatrice de contenu et animatrice télé, la création de contenu, ce sont les histoires que l’on raconte, des histoires visuelles, écrites, audio qui vont impacter parce que cela peut permettre aux gens de s’identifier à ce qui se passe: « Lorsqu’on va sensibiliser sur le fait de perdre quelqu’un, on va tous se sentir concernés parce qu’on a tous déjà perdu quelqu’un. Lorsqu’on va parler des femmes enceintes, des enfants, on est tous entourés de femmes et d’enfants. En fait, ça va permettre de parler autrement de la maladie et surtout d’impacter autrement. On n’est plus tant sur les chiffres, même s’ils sont importants, mais on est sur le vécu, l’expérience, l’histoire et les gens peuvent mieux assimiler, mieux partager et mieux sensibiliser à leur tour. »

Les jeunes créateurs de contenu formés sur le Storytelling sont mis en contribution dans la quinzaine de mobilisation sociale contre le paludisme lancée à l’occasion de la commémoration de la 19e Journée mondiale de lutte contre le paludisme ( JMP 2026 ). Et l’accent sera mis sur les cinq actions prioritaires identifiées dans le Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone aussi lancé à l’occasion. Les jeunes créateurs de contenu se sont constitués en 5 groupes de travail avec chacun, une des cinq priorités du Rapport. « Ils vont faire passer des messages parce que dans le rapport, il y a cinq piliers et donc en fait, chaque groupe va véhiculer un pilier. Ils auront l’opportunité de pouvoir vraiment partager des contenus très pertinents, mettre en avant donc ces thématiques du rapport mais avec du concret au niveau du Bénin », a expliqué Maelle Ba.

JMP 2026: le Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone lancé à Cotonou avec la quinzaine de mobilisation sociale

Une vue de famille des officiels et personnalités invitées

« Mettre fin au paludisme : Maintenant c’est possible ; Agissons Maintenant ». C’est le thème de la 19 e Journée mondiale de lutte contre le paludisme ( JMP 2026 ) dont les manifestations officielles ont été lancées à Cotonou ce vendredi 24 avril 2026 à la veille de la commémoration. L’événement a été aussi marqué par le lancement du Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone et la quinzaine de mobilisation sociale pour renforcer la lutte contre la maladie.

Ghislain Gbènakpon

13% de la population mondiale exposée au paludisme vit dans les pays francophones ; 42% des cas mondiaux de paludisme sont enregistrés dans ces pays soit 118 millions de cas estimés en 2024 dans cet espace francophone et 40% des décès liés au paludisme y surviennent. Ce sont les statistiques globales du paludisme dans l’espace francophone qui transparaissent dans ce Rapport préfacé par le Bénin à travers le ministre de la santé, Pr. Benjamin Hounkpatin. Le Rapport intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone » relève que certains pays francophones ont franchi des étapes importantes vers l’élimination du paludisme. En 2024, lit-on, l’Égypte et le Cap-Vert ont été certifiés exempts de paludisme, rejoignant ainsi l’Algérie, le Maroc et l’Arménie parmi les pays francophones ayant éradiqué la maladie depuis 2000. Autres bonnes nouvelles dans ce Rapport, aucun décès dû au paludisme n’a été recensé au Vanuatu depuis 2012, au Cambodge depuis 2018 et au Vietnam depuis 2019. Par ailleurs, dans certains pays francophones les plus touchés, des progrès significatifs ont été réalisés depuis 2015. Il en est ainsi de la Guinée Équatoriale avec une réduction de 32% des cas, du Ghana membre à part entière de l’OIF depuis 2024 avec une réduction de 29% des cas et de 32% des décès, du Rwanda avec une réduction de 75% des cas et du Sénégal avec une réduction de 45% des cas et des décès.

Il faut dire que malgré ces progrès, le Rapport note des défis à relever dans d’autres pays francophones d’Afrique où les taux de paludisme restent préoccupants. Différents facteurs ont contribué à la stagnation des progrès dont la « croissance démographique rapide dans les régions où le paludisme est endémique, l’émergence ou l’expansion de la résistance des parasites aux antipaludéens et de la résistance des moustiques aux insecticides, les perturbations causées par les urgences sanitaires, notamment les épidémies, les pandémies, les crises humanitaires et les catastrophes naturelles, l’accès insuffisant des populations vulnérables à la prévention et au traitement.

Allocution du ministre de la santé du Bénin, Pr. Benjamin Hounkpatin

Une quinzaine de mobilisation sociale sur cinq priorités identifiées dans le Rapport

Dans le cadre de la JMP 2026 au Bénin, le ministère de la santé à travers le Programme national de lutte contre le paludisme a choisi de faire de cette édition, un temps fort de mobilisation sociale avec une quinzaine dédiée à la caravane de sensibilisation dans plusieurs quartiers de Cotonou et dans d’autres localités du pays. Pour le Représentant Résident de l’OMS et chef de file des partenaires techniques et financières Dr. Konan Kwamé Jean, ces actions de proximité sont essentielles pour toucher les communautés et les populations les plus vulnérables. Le ministre de la santé du Bénin fera observer que le thème du JMP 2026 indique que le moment est, plus que jamais venu, pour prendre les dispositions idoines à tous les niveaux en vue de mettre fin au paludisme. « La participation et l’engagement communautaires, demeurent un élément central et un maillon essentiel de toutes les stratégies de lutte contre le paludisme », a soutenu Pr. Benjamin Hounkpatin.

Le panel sur le Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone modéré par Yacine Djibo, Directrice Exécutive de Speak Up Africa

Il faut dire que cette quinzaine de mobilisation sociale porte sur les cinq priorités identifiées par le Rapport sur le paludisme dans l’espace francophone pour éradiquer la maladie. Ces priorités ont été au coeur d’un panel modéré au lancement par Mme Yacine Djibo, la directrice exécutive de Speak Up Africa, l’un des partenaires au développement engagés dans la lutte contre le paludisme. La priorité numéro 1 est la promotion de la souveraineté sanitaire et une mobilisation robuste des ressources domestiques. Ces dernières, indique le Rapport, sont essentielles pour accélérer l’élimination du paludisme dans les pays francophones. L’exemple du Bénin qui a presque quadruplé son budget national de lutte contre le paludisme entre 2020 et 2025 le faisant passer de 1.7 millions de dollars US à 6,3 millions de dollars US grâce à une stratégie de plaidoyer coordonnée impliquant le gouvernement, la société civile, le parlement et le secteur privé y est mentionné. La seconde action prioritaire est la promotion d’un financement durable des donateurs Internationaux grâce à des sources existantes et diversifiées. Sans financement suffisant, « les stratégies nationales de lutte contre le paludisme ne peuvent pleinement mettre en œuvre les programmes de prévention, de traitement et de surveillance de la maladie ». La priorité numéro 3 est de promouvoir un engagement plus fort du secteur privé. « Le secteur privé doit passer de la marge  au centre de la lutte contre le paludisme, en tant que partenaire stratégique et non plus seulement comme bailleur de fonds ». La quatrième action prioritaire est de promouvoir une accélération de l’innovation contre le paludisme. « L’innovation doit être accélérée et rendue accessible, acceptable et abordable pour les pays et les communautés qui en ont le plus besoin ». La cinquième priorité est relative à la promotion d’une approche sociétale globale de la lutte contre le paludisme. Les gouvernements et leurs partenaires sont appelés à « intégrer les actions menées par les jeunes en tenant compte des questions de genre dans l’ensemble des stratégies de lutte contre le paludisme, en reconnaissant le fardeau disproportionné que cette maladie fait peser sur les femmes, les enfants et les adolescents »