
L’Ong Enfants solidaires d’Afrique et du monde ( Esam) et ses Osc partenaires dont, entre autres, le Respesd et Wildaf-Bénin poursuivent leur plaidoyer pour la protection des enfants. Après le mariage des enfants en période de Covid-19 le 21 octobre dernier, elles interpellent la conscience collective des acteurs sur la mendicité des enfants. C’est à la faveur d’une conférence de presse ce mercredi 11 novembre 2020 au siège de Esam à Cotonou.
Ghislain Gbènakpon
« Inviter tous les acteurs à se mobiliser pour faire proscrire de nos habitudes au quotidien, les pratiques qui consistent à encourager la mendicité ou à contraindre les enfants à la mendicité en violation flagrante de leurs droits ». Voilà l’un des objectifs de cette conférence de presse des Osc animée sous la houlette du directeur de l’Ong Esam, Norbert Fanou-Ako. Le Chargé de programme du Réseau des structures de protection des enfants en situation difficile ( Respesd), M. Maxime Agoua dira qu’il s’agit d’interpeller la conscience collective de tous les acteurs concernés par le fléau à savoir, l’Etat, les Osc et les familles.
L’Ong Esam et les Osc partenaires rappellent que le code de l’enfant en son article 179 précise que toute utilisation d’un enfant dans les rues, dans les marchés, aux feux tricolores ou aux abords des différentes intersections dans le seul but de mendier ou pour quelque raison que ce soit, est formellement interdite. Le code, poursuivent-elles, a prévu en son article 338 que quiconque incite ou contraint un enfant à la mendicité, est puni de six ( 06) mois à deux ( 02) ans d’emprisonnement et d’une amende de cent mille ( 100.000) à deux cent cinquante mille ( 250.000) f Cfa.

Etat des lieux et plaidoyer
Une étude datant de janvier 2015 réalisée à Malanville, Parakou et Cotonou révèle d’une part, une mendicité affichée quasi permanente pratiquée majoritairement par les enfants d’origine étrangère à raison de 54% y compris les talibés et de l’autre, une mendicité clandestine ou de circonstance qui concerne essentiellement les enfants béninois provenant le plus souvent de familles vulnérables, déstructurées ou avec lesquelles ils sont en conflit. « Si la mendicité à nos yeux est considérée comme un dysfonctionnement de la norme sociale, qui débouche sur l’exploitation sous diverses formes des enfants vulnérables ou soumis à la vulnérabilité, l’Etat dans son organisation devrait avoir sa stratégie de riposte pour qu’aucun enfant ne subisse de telle violation », a déclaré, le directeur de Esam, M. Norbert Fanou-Ako.
Toutefois, des recommandations formulées à partir des constats d’adressent aux pouvoirs publics, aux organisations non étatiques d’aide aux enfants, aux leaders religieux et aux collectivités locales, fait-il observer.
Le directeur de Esam assure qu’il est possible de lutter efficacement contre la mendicité en créant les conditions favorables à l’épanouissement des enfants : « En effet, l’offre de services sociaux de base pour l’écoute, la sécurisation et la prise en charge des enfants impliqués dans la mendicité reste une aspiration forte. Pour une lutte efficace, il faudra encourager le travail en synergie dans le respect des normes en suscitant les aspirations les plus profondes des enfants par rapport à leur avenir. Il faudra par ailleurs, initier des actions de communication en direction des acteurs de la mendicité afin de les sensibiliser sur les textes réglementaires qui l’interdisent ».

M. Norbert Fanou-Ako a également fait mention de l’intérêt à protéger les enfants contre la mendicité et à favoriser plutôt leur scolarisation ou leur insertion dans les corps de métier pour les plus âgés, l’installation d’un cadre d’écoute et d’orientation des enfants vulnérables en errance dans la rue, et enfin la mise en place d’un programme de lutte contre la mendicité chez les enfants.



















