
Le cercle plus ou moins fermé des docteurs de la communauté universitaire s’est agrandi ce vendredi 2 juillet 2021 d’une tête bien faite. Paul Yédji, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, a soutenu brillamment à l’école doctorale des sciences de gestion, sa thèse avec à la clé, une mention très honorable. Il est depuis lors, docteur en science de gestion, avec pour spécialité, stratégies export et système commercial multilatéral.
Ghislain Gbènakpon
« Influence du comportement export des entreprises de la cedeao sur l’utilisation des préférences commerciales chinoises: rôle du coût des règles d’origine du système commercial multilatéral». C’est le thème du travail de recherche qu’a présenté avec brio, Paul Yédji au jury qui l’a reçu au grade de docteur en science de gestion, spécialité, stratégies export et système commercial multilatéral. Le jury a salué la pertinence du sujet qui est d’actualité et le respect par le pénétrant de la méthodologie de la recherche scientifique.
A la faveur d’une interview à la presse, le docteur Paul Yédji a livré l’essentiel qu’on peut retenir des résultats de son travail. « On retient que les préférences commerciales accordées par les États-Unis et l’Union Européenne aux entreprises africaines ne leur permettent pas toujours d’être compétitives sur le marché international. Maintenant, l’option de la Chine est là comme une opportunité pour permettre à ces entreprises d’aller visiter d’ailleurs horizons. Et nous nous sommes dit qu’il fallait voir l’influence des accords chinois basés sur les règles d’origine sur la compétitivité des entreprises africaines. C’est ce que nous avons développé. Il y a des accords. Mais est-ce que ces accords sont efficaces du point de vue règles d’origine ? », a-t-il déclaré.
Car pour importer ou exporter, poursuit-il, « on vous demande est-ce que vous respectez les critères des règles d’origine. Est-ce que vous pouvez démontrer que les marchandises proviennent de tel ou de tel pays ? Si vous arrivez à le démontrer, s’il y a des réductions de droits de douane, on vous les accorde. Ce sont ces critères qui sont rigides, restrictives et les entreprises africaines n’arrivent pas à les respecter. Nous avons soulevé les difficultés et les problèmes qui font que ces entreprises n’arrivent pas à le faire. Pour cela, nous avons utilisé le contexte Chine-Cedeao. Et nous avons vu que l’expérience ne permet pas nécessairement de jouir de ces préférences. Nous avons constaté que les pays anglophones comme le Ghana et le Nigeria arrivent un peu à en jouir. Enfin, nous avons constaté que c’est la fraude surtout qui permet à certaines entreprises de réussir. Ça veut dire que la fraude est développée dans les rapports Chine-Afrique ».
Face à cette situation, Dr. Paul Yédji n’a pas manqué de faire des recommandations : « Les gouvernants africains doivent accompagner et former les entreprises sur les opportunités des marchés extérieurs et associer le patronat lors des négociations. Pour les entreprises de la cedeao, elles devront constituer des groupes de pression pour assurer le lobbying lors des négociations commerciales. Il faut travailler à positionner l’éthique en affaires comme une compétence distinctive. Les décideurs et les entreprises en Afrique devront travailler pour adapter les règles d’origine aux réalités du contexte africain ».
Il faut dire que Dr. Paul Yédji est titulaire d’un Dea en stratégies et marketing avec un master en commerce international obtenu à la haute école régionale de commerce international (Herci) de l’Uac. Son challenge désormais est de gravir un à un les autres grades de l’enseignement supérieur jusqu’à la titularisation.





















