Financement de la santé: l’OOAS sensibilise les parlementaires de la CEDEAO pour la mobilisation des ressources domestiques

« Parlementaires de la CEDEAO pour la mobilisation des ressources domestiques en santé et l’amélioration des indicateurs ». C’est le thème de l’atelier qu’organise depuis ce mercredi 25 mars 2026 à Cotonou pour trois jours, l’Organisation Ouest-africaine de la Santé ( OOAS ) afin de réduire la dépendance aux financements extérieures de la santé. Les travaux se tiennent sous le haut patronage du président de l’Assemblée nationale du Bénin, Pr. Joseph Djogbénou représenté à l’ouverture des assises par son directeur de cabinet M. Abou Torou

Ghislain Gbènakpon

« Nos États ont reconnu une vérité essentielle. Aucun système de santé ne peut être durable s’il dépend majoritairement des financements extérieurs. La pandémie récente de la COVID-19, les crises économiques mondiales et les tensions géopolitiques ont révélé une réalité sans équivoque. La souveraineté sanitaire commence par la souveraineté financière », a déclaré dans son allocution de circonstance, le ministre de la santé du Bénin, Pr. Benjamin Hounkpatin pour mettre en relief l’importance de l’initiative de l’OOAS. Et pour l’autorité ministérielle, la mobilisation des ressources domestiques pour la santé n’est pas seulement une question technique, mais aussi profondément politique et stratégique: « Elle exige une allocation budgétaire renforcée et efficiente, une gestion rigoureuse et transparente, un contrôle parlementaire effectif et une redevabilité accrue envers les citoyens. Honorables parlementaires, votre rôle est déterminant. En effet, il est de légiférer en faveur des mécanismes de financement durable, d’orienter les politiques fiscales, de garantir la transparence dans l’utilisation des fonds et assurer le suivi des engagements régionales »

Pour le directeur général de l’OOAS, Dr.Melchiior Athanase Aïssi, face à la baisse des financements internationaux et aux crises sanitaires successives, il devient impératif pour les États de reprendre le contrôle de leur destin sanitaire. « La question n’est plus de savoir s’il faut mobiliser des ressources, mais comment le faire efficacement et durablement. », a-t-il insisté en plaidant pour des mécanismes innovants, notamment des taxes spécifiques capables de générer des ressources pérennes. Dans son intervention , le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, M. Abou Torou a au nom du Pr. Joseph Djogbénou salué l’initiative de l’OOAS, soulignant qu’elle traduit une volonté politique forte de faire de la santé une priorité budgétaire. Il a insisté sur le rôle déterminant des parlementaires dans l’adoption de lois favorables à l’augmentation des ressources nationales dédiées à la santé, ainsi que dans le contrôle de l’action gouvernementale pour une gestion plus efficace et transparente des fonds publics.

CEDEAO: la Politique Régionale de Santé Communautaire lancée à Cotonou

La CEDEAO vient de se doter d’un levier stratégique pour bâtir des systèmes de santé résilients, équitables et performants, en rapprochant les services essentiels des populations, notamment les plus vulnérables. En effet, sa Politique Régionale de Santé Communautaire ( PRSC) a été officiellement lancée ce mardi 24 mars 2026 à Sofitel Hotel Cotonou.

Ghislain Gbènakpon

La santé ne peut plus être pensée uniquement depuis les structures hospitalières ou administratives. Elle doit désormais s’ancrer dans les réalités quotidiennes des populations. C’est le message fort que véhicule la Politique Régionale de Santé Communautaire ( PRSC ) de la CEDEAO qui vient d’être lancée par l’OOAS en présence, entre autres, des représentants de l’UNICEF, de l’OMS , de l’OOAS et des partenaires techniques et financiers. Elle repose sur une transformation profonde des approches sanitaires dans la région, avec trois orientations majeures à savoir, passer d’un système centré sur les structures à un système centré sur les populations, privilégier la prévention à la logique curative, et
promouvoir une approche multisectorielle.

Il faut dire que la PRSC de la CEDEAO propose un cadre novateur et ambitieux pour répondre aux besoins en santé des populations en plaçant.  au centre de ses priorités l’équité, la participation communautaire et l’intersectorialité. Elle appelle à une mobilisation collective des gouvernements, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile, secteur privé, organisations non gouvernementales et de chaque citoyen. « L’histoire retiendra que c’est ici, à Cotonou, que notre région a décidé de replacer la communauté au cœur de son système de santé. », a déclaré Dr Melchior Athanase Aïssi.

La représentante du ministre béninois de la santé , Mme Sibylle Assavèdo a fait observer que  « La santé commence dans les communautés, se vit dans les communautés et se consolide par les communautés » avant de présenter la PRSC comme « un levier stratégique pour bâtir des systèmes de santé résilients, équitables et performants, en rapprochant les services essentiels des populations, notamment les plus vulnérables » Pour le directeur général de l’OOAS, « la santé communautaire ne doit plus être perçue comme le dernier kilomètre, mais comme le cœur même de nos systèmes de santé »

Produits et Services de SSR/PF dans l’espace CEDEAO : les acteurs mobilisés à Cotonou pour plus d’efficacité dans le Mécanisme de Financement Régional

Une vue de famille des participants

L’amélioration du financement de l’accès aux produits et aux services de la santé sexuelle et reproductive ( SSR ) et de la planification familiale ( PF ) dans l’espace CEDEAO continue de préoccuper l’Organisation Ouest-africaine de la Santé ( OOAS ) et ses partenaires notamment la Coopération financière allemande ( KfW ). Cotonou abrite depuis ce lundi 2 mars 2026, le Comité technique du Mécanisme de Financement Régional ( MFR ). C’est M. Pétas Akogbéto le directeur de cabinet du ministre de la santé du Bénin qui a officiellement lancé les travaux qui se tiennent jusqu’à ce 4 mars.

Ghislain Gbènakpon

« Il s’agit d’analyser avec lucidité mais aussi avec un esprit constructif, les forces et faiblesses du MFR: comment renforcer la chaîne d’approvisionnement en produits de planification familiale, comment améliorer encore la qualité des services de santé de la reproduction, comment simplifier et fiabiliser nos procédures financières et comment mieux utiliser les données issues des études et des revues nationales pour piloter le programme. » a déclaré le représentant de la KfW, M. David Blohm pour lever le voile sur la mission assignée aux assises de Cotonou.

Une vue partielle des participants en séance

Il faut dire que depuis 2010, l’OOAS et la KfW ont développé un partenariat solide pour améliorer l’accès aux produits et aux services de santé sexuelle et reproductive dans l’espace CEDEAO. Au dernier comité technique tenu à Lomé, si le caractère structurant du mécanisme pour la région a été établi et salué, les travaux avaient également mis en évidence des difficultés persistantes, notamment en matière de gestion et de procédures que les participants à Cotonou doivent surmonter pour rendre ledit mécanisme plus performant au profit des femmes et des jeunes. Les échanges qu’ils auront durant ces trois jours vont être déterminants pour préparer l’avenir, notamment la prochaine phase du Programme régional.

Les travaux de ce Comité technique se déroulent sous la supervision et la modération de Dr. Clétus Adohinzin qui a en charge la conduite à bien de ce Mécanisme de financement régional. Le représentant du ministre béninois de la santé a fait observer que dans un environnement régional confronté à des défis logistiques, financiers, sécuritaires et systématiques, il urge de conjuguer rigueur, innovation et anticipation. « J’ose espérer que les présentes assises doivent nous permettre d’identifier lucidement les goulots d’étranglements, d’harmoniser nos politiques et nos plans d’actions, de renforcer la sécurisation de nos chaînes d’approvisionnement et d’améliorer la qualité des services offerts aux populations », a déclaré le directeur de cabinet M. Pétas Akogbéto.

Projet de la CEDEAO sur l’hygiène menstruelle des jeunes au Bénin : les résultats présentés à un exerce de capitalisation

Une vue de famille des participants

Après 12 mois de mise en œuvre, soit courant octobre 2024 à septembre 2025 dans 23 Colleges d’enseignement général ( CEG ) et centres de formation professionnelle et d’apprentissage ( CFPA ) dans les communes de Zè et de Djidja, les résultats du Projet d’appui aux initiatives du Bénin pour la sensibilisation des jeunes filles sur les bonnes pratiques d’hygiène personnelle et menstruelle et à la promotion de la CEDEAO chez les jeunes filles financé par l’Organisation Ouest-africaine de la Santé ( OOAS ) ont été présentés à toutes les parties prenantes. C’était ce jeudi 5 février 2026 à Cotonou à la faveur d’un atelier de capitalisation sous la houlette du Représentant Résident de la CEDEAO, Amadou Diongue.

Ghislain Gbènakpon

La table d’honneur

20 agents des directions départementales des affaires sociales et de la micro-finance et des directions départementales des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle de l’Atlantique et du Zou et des Guichets uniques de protection sociale ( GUPS ) formés sur la santé reproductive et l’hygiène menstruelle; Plus de 5000 jeunes élèves filles ont une meilleure connaissance des bonnes pratiques d’hygiène à observer en période de menstruations et préviennent l’absentéisme et les infections sexuelles liées au manque d’hygiène menstruelle; 5000 jeunes filles vulnérables sont dotées de kits de serviettes hygiéniques réutilisables; environ 5000 élèves filles et garçons ont une meilleure connaissance de la CEDEAO et sont désormais conscients de son importance dans leur quotidien. Ce sont les résultats de ce projet que révèle le rapport final présenté à cet atelier de capitalisation.

Remise d’attestation aux formateurs

Le projet a pour objectif de renforcer la visibilité de la CEDEAO en promouvant les bonnes pratiques d’hygiène menstruelle et personnelle chez les jeunes filles par des formations, des sensibilisations et la distribution de kits de serviettes hygiéniques réutilisables. Il faut dire qu’au Bénin, des études menées dans certaines localités du sud, du centre et du nord du pays établissent le constat d’un fort taux d’absentéisme des élèves filles en raison de leurs périodes menstruelles. Cet absentéisme est souvent attribué à plusieurs facteurs à savoir l’absence de lieux adaptés pour se changer au sein des écoles, la peur de se tacher, la peur des railleries venant de leurs camarades, l’inconfort, les règles douloureuses et la méconnaissance des bonnes pratiques d’hygiène menstruelle.

Pour le Représentant Résident de la CEDEAO, cet atelier de capitalisation est une occasion de rentabilisation des acquis du projet et d’analyse rétrospective; ceci à travers l’examen des relations de cause à effet entre les activités et les résultats obtenus, la présentation aux parties prenantes du rapport final de capitalisation qui pourrait servir comme outil de plaidoyer pour l’obtention de financements futurs, l’appréciation des niveaux de performance réalisés et la fourniture des enseignements pour améliorer la prise de décision. « Je voudrais inviter les parties prenantes à encore une fois s’engager pour la réussite de cet exercice de capitalisation, à travers une écoute attentive des différents rapports qui y seront présentés et en faisant des recommandations en vue d’améliorer la qualité des livrables », a déclaré Amadou Diongue.

Résilience des systèmes de santé dans l’espace CEDEAO: l’OOAS renforce son partenariat avec AUDA-NEPAD

L’Organisation Ouest-africaine de la santé ( OOAS ) a mis à profit sa participation active à la 76ᵉ Conférence des Ministres de la Santé de la Communauté sanitaire de l’ECSA, organisée en Eswatini pour renforcer son partenariat avec AUDA-NEPAD. C’est à la faveur d’une rencontre d’échanges entre les deux parties en marge des assises.

Ghislain Gbènakpon

Des échanges constructifs, une vision partagée et une volonté commune de renforcer les systèmes de santé africains autour des principes d’équité, de résilience et de durabilité. Voilà ainsi brièvement présentée la rencontre d’échanges entre la délégation de l’OOAS et l’équipe de AUDA-NEPAD. La collaboration entre l’OOAS et NEPAD illustre parfaitement la force du partenariat africain, fondé sur la solidarité régionale, le partage d’expériences et de bonnes pratiques, l’innovation institutionnelle et l’engagement collectif au service des populations. « Ensemble, nous avons réaffirmé notre détermination à accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes, adaptées aux réalités de nos États membres, et alignées sur les priorités continentales.L’OOAS reste pleinement engagée aux côtés de AUDA-NEPAD pour transformer les engagements en actions et les partenariats en résultats mesurables », a déclaré le Dg de l’OOAS , Dr. Melchior Athanase Aïssi

Droits et Santé de la Reproduction en Afrique de l’Ouest : l’OOAS lance un programme de renforcement à Cotonou

L’Organisation Ouest Africaine de la Santé ( OOAS ) a procédé au lancement technique et à l’opérationnalisation du Programme de renforcement des droits et de la santé de la reproduction en Afrique de l’Ouest financé par l’Union Européenne. C’était ce jeudi 22 janvier 2026 dans le cadre d’un atelier de cinq jours à Cotonou. Celui-ci mobilisé les experts, les partenaires techniques et financiers et les organisations de la société civile engagées.

Ghislain Gbènakpon

Contribuer à la réalisation des droits à la santé sexuelle et reproductive ( DSSR ) dans la région Afrique de l’Ouest à travers un accès durable, de qualité et inclusif aux services de santé sexuelle reproductive et de la planification familiale ( SSR/PF ). C’est tout l’objectif de ce Programme de renforcement qui vient d’être lancé par l’OOAS avec le soutien financier de l’Union européenne. De façon spécifique, il vise à renforcer la mise en œuvre des engagements continentaux et régionaux relatifs à la DSSR dans les secteurs de la santé et de l’éducation, améliorer la disponibilité et l’utilisation des produits essentiels, souvent sous-utilisés ou difficiles d’accès, en santé sexuelle et reproductive, en particulier au bénéfice des femmes et des filles et à renforcer le plaidoyer et la redevabilité afin de garantir une meilleure satisfaction des besoins en matière de DSSR.

« La question des droits et de la santé sexuelle reproductive est importante. C’est une question de développement. C’est une question pour l’autorisation de la jeune femme, de la jeune fille. Et par rapport à cela, au niveau de la CEDEAO, l’OOAS a accompagné l’élaboration d’une directive régionale dans ce sens », a fait observer à la faveur d’une interview à la presse le directeur du laboratoire et de l’information sanitaire à l’OOAS, M. Sani qui est le représentant du directeur général de l’organisation sous régionale.

Le programme de renforcement vise aussi certains points des ODD à savoir l’ODD 5 qui est bonne santé et bien-être, l’ODD 5 relatif à l’égalité entre les sexes, l’ODD 16 sur la paix, la justice et les institutions efficaces et  l’ODD 17 sur les partenariats pour la réalisation des objectifs. Il a pour maitrise d’ouvrage, l’OOAS, Enabel et Expertise France. ‘L’importance de ce programme n’est plus à démontrer. Il répond avec pertinence aux priorités des pays et aux attentes de notre sous-région en matière de santé sexuelle et reproductive », a déclaré dans son discours de lancement, Dr. Sibylle Assavoédo, directrice adjointe de cabinet du ministre de la santé au Bénin.

Deuxième Conférence de la CEDEAO sur le Lassa: résultats et engagements des assises d’Abidjan

Une vue de famille des participants

Les travaux de la deuxième conférence de la CEDEAO sur le Lassa qui se sont déroulés du 8 au 11 septembre 2025 à Abidjan ont été sanctionnés par d’importants résultats et engagements. C’est ce que renseigne le communiqué final parvenu à la rédaction. Lire ci-dessous l’intégralité dudit communiqué. 

Press Release

L’AFRIQUE DE L’OUEST SE MOBILISE À ABIDJAN POUR ACCÉLÉRER LA PRODUCTION D’UN VACCIN CONTRE LA FIÈVRE DE LASSA ET RENFORCER LA PRÉPARATION FACE AUX ÉPIDÉMIES

La 2ème Conférence internationale de la CEDEAO sur la fièvre de Lassa (#ELFIC 2025) s’est conclue ce jeudi 11 septembre 2025 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, après quatre jours de discussions de haut niveau, de partage de connaissances et d’engagements stratégiques.

Cette rencontre a réuni plus de 800 décideurs politiques, scientifiques, professionnels de la santé et partenaires du développement venus de toute l’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs pour faire face à l’une des menaces épidémiques les plus persistantes de la région. La conférence s’est articulée autour de six axes thématiques : la coordination régionale, le renforcement des contre-mesures médicales, la surveillance et la détection précoce, les innovations technologiques, l’engagement communautaire et le financement durable.

Table ronde ministérielle : un rendez-vous stratégique pour le leadership régional
En prélude à la cérémonie d’ouverture, les ministres de la Santé des États membres de la CEDEAO ont tenu une table ronde ministérielle de haut niveau sur l’accélération de la préparation à la vaccination contre la fièvre de Lassa. Dans un communiqué conjoint historique, les ministres se sont engagés à :

Promouvoir le développement et l’accès équitable aux vaccins contre la fièvre de Lassa
pour les populations à risque.

Renforcer la collaboration régionale en matière de surveillance, de recherche et de réponse aux épidémies.
Mobiliser un financement durable et une volonté politique pour assurer une préparation à long terme aux épidémies.

Cette déclaration a marqué une étape importante pour la solidarité et le leadership sur le plan régional, tout en soulignant qu’aucun pays ne peut lutter seul contre la fièvre de Lassa.

Discussions et résultats clés
Tout au long des six axes thématiques, les délégués ont exploré des solutions pratiques et des approches innovantes :

Sécurité alimentaire et prévention : Les experts ont exhorté les communautés à adopter des pratiques de stockage des aliments sûres pour réduire l’exposition aux rongeurs, un vecteur clé de la fièvre de Lassa.
Confiance dans les innovations en santé : Lors de ces sessions, l’accent a été mis sur le rôle essentiel des médias et de la société civile pour combler le déficit de confiance et lutter contre la réticence à la vaccination dans la région.

Des solutions locales pour des défis locaux : Le ministre nigérian de la Santé a appelé à des solutions africaines pour combattre la fièvre de Lassa. Selon lui, la recherche, le développement de vaccins et la riposte doivent refléter les réalités propres à la région.
Préparation transfrontalière : Les participants ont convenu de l’importance du partage des données et des enquêtes conjointes sur les épidémies pour arrêter la propagation des maladies à travers les frontières poreuses.

Regard vers l’avenir

La conférence a réaffirmé l’urgence de lutter contre la fièvre de Lassa comme priorité régionale de sécurité sanitaire, positionnant ainsi l’Afrique de l’Ouest à l’avant-garde de la préparation aux épidémies mondiales. Grâce aux engagements pris à Abidjan, les États membres de la CEDEAO et leurs partenaires visent à accélérer le déploiement du programme de lutte contre la fièvre de Lassa, qui comprend le développement et le déploiement d’un vaccin homologué contre la fièvre de Lassa, l’élargissement de l’accès aux diagnostics et aux traitements, et le renforcement de la résilience des communautés face aux futures épidémies.

Voix de la Conférence :
« Cette conférence a démontré la force de la solidarité régionale. Ensemble, nous passons de la discussion à l’action, construisant une Afrique de l’Ouest unie, prête à affronter la fièvre de Lassa et les futures épidémies » a déclaré le Dr Melchior Athanase J. C. AÏSSI, Directeur Général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS).
« Notre engagement collectif à promouvoir un programme de préparation, de riposte et de contrôle de la fièvre de Lassa, notamment par le développement de vaccins et d’autres contre-mesures médicales, marque un tournant en Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’un moment stratégique pour un leadership régional conjoint visant à améliorer la santé de nos populations » a déclaré le Dr Abdourahmane DIALLO, Directeur de la gestion des programmes au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

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Intelligence artificielle et surveillance épidémiologique : des préalables nécessaires pour l’Afrique

L’Intelligence artificielle peut-elle créer une révolution dans la détection rapide des cas, l’agrégation des données et une maîtrise évidente des épidémies actuelles ? La question a été au centre des discussions dans le cadre de la deuxième conférence internationale de la CEDEAO sur le Lassa. De l’avis général, il existe d’énormes possibilités mais des préalables sont nécessaires.

En temps de crise la rapidité dans la détection et la prise en charge est nécessaire pour maîtriser l’évolution du virus. Les techniques usuelles d’agrégation des données portent des limites qui peuvent bien être comblées par l’intelligence artificielle. « Par le passé, nous avons des données limitées. Aujourd’hui, nous avons plusieurs outils qui permettent de faire des analyses rapides et prendre en urgence des décisions. Il existe des outils qui permettent de capturer l’environnement, la qualité de l’air. Il est possible avec l’IA de faire de la surveillance de l’évolution génomique d’agents pathogènes. Même pour des rapports de laboratoire, c’est désormais aisé grâce à l’IA », a fait savoir Dre Etien KOUA de l’OMS et bien d’autres experts.

Tout ceci paraît excitant, mais les contraintes sont plurielles. Pour l’expert en numérique Ousmane NIKIEMA, il est tôt pour l’Afrique de faire maintenant et tout de suite des prouesses dans le domaine de l’IA en raison des goulots énormes sur le parcours. « Si nous parlons d’IA qui sera appliqué à notre contexte c’est pour prévenir les épidémies. Quand nous parlons d’IA, nous faisons appel au serveur sur lesquels vont tourner ces algorithmes. Avec quelle énergie allons-nous tourner ces serveurs ? Quand nous parlons d’IA, nous parlons de données fiables. Nous n’avons pas de données. Nous n’avons même pas encore de Big data en Afrique. Des centaines de millions de personnes n’ont pas accès à internet et le taux de pénétration est en deçà de 50 %. Nous avons aussi un manque d’expertise et de compétence numérique. Dans ce contexte, nous nous devons d’être réalistes par rapport à la question de l’IA », a-t-il fait savoir. Face à ces contraintes unanimement reconnues, l’expert appelle à plus de réalisme. « Pour le moment, je suggère d’aller à l’essentiel. Il nous faut équiper nos laboratoires de réactifs. Il nous faut construire les prémisses de données fiables sur lesquels l’IA peut probablement se nourrir », a-t-il fait savoir.

Les débats aussi passionnés confrontant idéalisme et réalisme ont permis de parvenir à l’évidence que l’Afrique n’est pas totalement prête pour l’IA dans le domaine de la surveillance mais peut démarrer avec des dispositifs d’IA assez flexibles et adaptés aux réalités du continent. « Il nous faut aller vers un modèle simple. On peut déjà commencer par former les agents de santé sur des logiciels flexibles qui peuvent fonctionner en mode déconnecté. Ensuite, nous allons mettre en place des mécanismes un peu plus intelligents qui puissent faire des analyses sommaires des données. Quand nous aurions suffisamment éprouvé ça, nous pouvons maintenant aller vers un IA solide et prévenir très tôt les épidémies », a fait savoir l’expert Nikiéma. Au cours des assises, l’autre sujet de préoccupation a été celui de la souveraineté des données. Les discussions assez houleuses ont permis de réaffirmer la nécessité pour l’Afrique d’avoir un système qui garantisse une protection de ses données

L’hésitation vaccinale: la problématique au coeur de la première session de la conférence sur le lassa

La conférence internationale de la CEDEAO sur la fièvre Lassa a démarré ce lundi 8 septembre par la problématique de l’hésitation vaccinale. Plusieurs experts de la question ont présenté les actions mises en œuvre pour atténuer les réticences et améliorer les indicateurs dans la région.

Les données globales renseignent sur une couverture vaccinale encore faible dans la plupart des pays de la sous-région. L’objectif des 90% fixés à l’horizon 2030 est encore loin d’être atteint en dépit des efforts notables consentis par les Etats. Depuis la pandémie de la COVID-19, la problématique de l’hésitation vaccinale s’est accentuée avec l’expression manifeste de refus de la vaccination à bien d’endroit.

A cette rencontre de haut niveau, la réflexion a été axée sur les pistes possibles de solutions pour instaurer la confiance et améliorer sensiblement les indicateurs dans la région africaine.

Dr Landry Kaucley du Programme National de vaccination du Bénin, Dr Boubacar Ado de l’OMS Afrique et une représentante du Nigeria ont exposé les causes de cette reticence ainsi que les efforts consentis au niveau des États et à l’échelle régionale pour inverser la tendance.

Des échanges, il est retenu la nécessité d’instaurer un partenariat dynamique fondé sur la confiance avec les communautés à la base, la gestion efficace des manifestations post vaccinales, causes de la craintes par les populations des effets secondaires, la promotion d’une information sur les réseaux sociaux et le renforcement du financement.

La conférence internationale de la CEDEAO sur la fièvre de lassa a effectivement démarré ce lundi à Abidjan en Côte d’Ivoire en présence d’un gratin de scientifiques qui discutent et échangent sur les enjeux de santé dans la région africaine. Les panels de discussion se succèdent avec des contributions de qualité sur l’amélioration de la santé en Afrique.