Cliniques Privées au Bénin : la digitalisation pour gagner en temps et en qualité

( L’ACPB dans des initiatives multidimensionnelles )

Une vue de famille des participants

« Le numérique et l’innovation au service des cliniques privées » C’est le thème du deuxième Rendez-vous du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement ( REMAPSEN Bénin ) de l’année qui s’est tenue  ce mardi 5 avril 2026 au siège de la clinique Les Mélodies de Godomey avec pour conférencier, le président de l’Association des cliniques privées du Bénin ( ACPB ) et directeur général de ladite clinique. Occasion pour Dr. Josias Sohinto, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, de présenter les avantages qu’offre la digitalisation aux cliniques privées mais aussi les risques et défis à prendre en compte.

Ghislain Gbènakpon

Amélioration de la qualité des soins, réduction des erreurs médicales, optimisation de la gestion des cliniques et une meilleure réponse aux attentes des patients. Voilà selon le président de l’ACPB, les quatre raisons ou avantages qui militent fortement pour la digitalisation des cliniques privées au Bénin encore majoritairement en mode gestion papier. Dr. Josias Sohinto fait observer toutefois que des solutions sont déjà utilisées notamment le développement de logiciels de gestion hospitaliers avec la généralisation de la facture normalisée: « Ces logiciels combinent en même temps un dossier médical, un système de prise de rendez-vous, un système de calcul des horaires, un tableau de bord et certains plus évolués ont parfois des outils de comptabilité, des outils de gestion des ressources humaines ». Il ressort des éclairages du conférencier qu’avec les rendez-vous digitalisés, les dossiers patients informatisés et la facturation automatisée, les cliniques privées gagnent en temps et en qualité.

Une vue partielle des participants

Les initiatives multidimensionnelles de l’ACPB

On retient aussi de la présentation du conférencier que l’ACPB est dans l’action pour la généralisation de la digitalisation dans les cliniques privées à travers des initiatives multidimensionnelles. Il en est ainsi par exemple des Journées du numérique du secteur privé de la santé qu’elle organise chaque année avec au menu les innovations, les défis de la digitalisation et du numérique. L’ACPB est aussi dans un plaidoyer avec le ministère de la santé pour une plateforme unique afin que le système sanitaire ne soit plus à deux vitesses: « On a l’impression que le public a son mode de fonctionnement et le privé a le sien. Alors qu’ils ne sont pas antagonistes mais les deux pieds d’un même corps. Ils doivent réussir à travailler ensemble. Quand le patient sort du public pour le privé, qu’on puisse avoir une plateforme unique qui permette d’avoir une traçabilité. Mieux, que le système national de gestion des statistiques soit une plateforme unique pour des données fiables » Autres Initiatives de l’ACPB évoquées par Dr. Josias Sohinto, un gros lobbying avec l’Autorité de régulation du secteur de la santé ( ARS ), l’association des sociétés d’assurances et la direction des assurances au Ministère de l’économie et des finances pour une plateforme digitale unique mutualisée de l’assurance maladie d’une part et de l’autre, un plaidoyer pour l’interopérabilité entre les différents logiciels de gestion médicale. Par ailleurs, l’ACPB entend jouer sa partition pour la maîtrise et le développement de la télé médecine face à la réalité de la faible couverture sanitaire: « Il y a des zones entières sans certaines spécialistes. Alors ce serait intéressant de développer en partenariat avec l’Etat, un système de consultation à distance qui va permettre dans une zone qui a besoin d’un infirmier, de consulter grâce à un outil, l’avis d’un spécialiste d’une autre zone. Cela va permettre de réduire les coûts de transport, de désenclaver de fait certaines zones et de rendre accessibles les spécialistes »

Le conférencier Dr. Josias Sohinto, pdt de l’ACPB

Vision de l’ACPB face aux risques et défis de la digitalisation

Cyberattaque avec la prise en otage des systèmes de gestion médicale, fuites de données, manque de régulation avec la question de responsabilité médicale et des possibilités d’abus, coût élevé des solutions qui nécessitent de lourds investissements, formation insuffisante du personnel encore habitué à la gestion papier, résistance au changement et interopérabilité limitée. Voilà ainsi déclinés par le conférencier, les risques et défis de la digitalisation auxquelles les cliniques privées sont confrontées au Bénin. Face à cet état de chose, l’ACPB porte une vision plutôt inclusive. « Notre vision, c’est de parvenir à cette digitalisation par une mutualisation des solutions. Un logiciel que j’achète seul me revient cher. Mais si on se met à 15, 20 pour acheter le même logiciel, on va faire une économie d’échelle. Nous voulons la mise en place d’un livre blanc de la digitalisation du secteur privé de santé au Bénin, une feuille de route pour qu’on n’ai pas un système à deux vitesses dans le privé afin que toutes les cliniques pussent avancer ensemble vers la digitalisation, la mise en place de projets pilotes, la structuration du dialogue public-privé afin que si une innovation intervient dans le public, qu’elle soit implémentée aussi dans le privé. L’avenir de la digitalisation réside dans les initiatives mutualisées », a soutenu pour finir Dr. Josias Sohinto.

1ère Conférence Risque Pays-Togo: Olivier Ahonon de Compassion plaide pour la mise en oeuvre des recommandations

M. Olivier Ahonon à la Conférence Risque Pays-Togo

Le directeur national de Compassion Internationale au Togo a plaidé pour la mise en oeuvre des recommandations de la première conférence Risque Pays-Togo organisée ce jeudi 2 avril 2026 à l’hôtel 2 Février de Lomé par l’agence de notation panafricaine Bloomfield qui a évalué le pays et l’a positionné dans la catégorie des risques modérés avec une note de 5,9 sur 10. C’est à la faveur d’une interview que M. Olivier Ahonon a accordée à la presse en marge des travaux.

Ghislain Gbènakpon

« Merci au gouvernement pour avoir pris l’initiative de faire cette évaluation et également à Bloomfield qui a su faire ce travail avec toute la rigueur et l’objectivité requises. A tous les acteurs qui y ont participé, il est important que nous puissions passer à l’étape suivante qui est la mise en oeuvre des recommandations pour que nous puissions avoir un résultat meilleur pour l’année prochaine », a déclaré M. Olivier Ahonon. Il ressort de son intervention que Compassion est une organisation qui œuvre dans le développement holistique des enfants et des jeunes: « Sur l’ensemble du territoire, nous intervenons dans leur prise en charge. Aujourd’hui, c’est plus de 93.000 enfants et jeunes que nous accompagnons sur le plan de l’éducation, formation et santé. »

Le directeur national de Compassion Internationale au Togo, M. Olivier Ahonon

Il faut dire qu’un rapport complet de Bloomfield sur la cartographie des risques d’investissement au Togo a été au cœur de cette conférence de Lomé. Il est le fruit d’une évaluation rigoureuse de cinq paramètres à savoir la performance macroéconomique,, l’environnement des affaires, le système financier, le climat sociopolitique et la gestion des finances publiques. « Cette conférence nous permet de voir les résultats de cette évaluation pour le Togo, les axes sur lesquels le gouvernement est en train d’agir. Les présentations nous ont permis de voir les secteurs dans lesquels nous devons davantage travailler avec le gouvernement en vue de pouvoir répondre aux défis que les familles, les jeunes et les enfants ont au regard de la stratégie que nous avons en tant que directeur pays », a soutenu M. Olivier Ahonon.