
L’organisation Think Peace Sahel a brillé par une participation active à la conférence régionale de Cotonou sur le rôle des jeunes dans la prévention et la lutte contre l’extémisme violent en Afrique de l’Ouest tenue du 15 novembre au 17 novembre 2022. A la faveur d’une interview à la rédaction au terme des travaux, son coordonnateur Abdoul Kassim Fomba, l’un des panélistes, assure que les jeunes et les femmes ont leur place dans la réponse au phénomène. Lire ci-dessous l’intégralité des échanges .
Cause Commune: Présentez-nous en quelques mots Think Peace Sahel.
Abdoul Kassim Fomba: Nous sommes une organisation qui travaille sur la gestion et la résolution des conflits inter et intracommunautaires, qui est notre premier axe. Le second axe, c’est tout ce qui est renforcement des liens entre les forces de défense et de sécurité, les autorités locales et la population. Et le troisième axe est tout ce qui est prévention de la radicalisation en milieu carcéral et hors carcéral. Nous sommes une organisation malienne mais nous avons ouvert Think Peace Burkina et Think Peace Niger. Aujourd’hui, nous couvrons environ 107 communes dans les trois pays d’intervention. Dans chacun de ces pays, nous avons installé des comités d’engagement communautaires. Ce sont des acteurs au niveau communautaire composés des chefs de village, des communicateurs traditionnels, des représentants des jeunes, des femmes, du secteur privé local et d’autres personnes ressources identifiées par la communauté elle même. C’est avec ces acteurs que nous intervenons directement sur le terrain.
Qu’est-ce qui a fondamentalement motivé votre présence à ces assises de Cotonou ?
La thématique c’est le rôle des jeunes dans la prévention de l’extrémisme violent. Ce qui touche notre axe 3 de travail. Il faut savoir que le phénomène de l’extrémisme violent relie aujourd’hui plusieurs facteurs assez complexes qui touchent aussi certaines dimensions du fonctionnement au niveau local, notamment la gouvernance locale, beaucoup de choses en lien avec l’injustice, la cooruption endémique. Des facteurs dont se nourrissent les groupes armés terroristes ou d’extrémisme violent pour pouvoir s’enraciner au sein de la communauté. Et vu que nous travaillons dans ces domaines, nous avons été invités par rapport aux actions que nous menons dans nos communautés.
Au sortir de ces trois jours de travaux, que retient-on au niveau de Think Peace Sahel?
Il y a plusieurs choses qu’il faut retenir à des rencontres du genre. D’abord, la première chose, c’est le réseautage. Aujourd’hui, on se rend compte qu’il y a plusieurs acteurs qui sont sur le terrain travaillant sur la même problématique au niveau de leurs localités. Ça nous permet de pouvoir discuter, de se connaître et de s’inspirer de ce que les autres font. La deuxième chose concerne les différentes recommandations. Et la recommandation phare, c’est l’implication des jeunes comme des acteurs de solution et de réponse au niveau local ou au niveau décisionel. La troisième chose est relative à la résilience communautaire. Comment les communautés devraient réagir face à ces phénomenes? Quel est le degré d’implication nécessaire des femmes et des jeunes pour cela ? Quel est le rôle de la société civile pour l’effectivité de cette résilience de la communauté. L’autre chose à retenir, c’est par rapport aux efforts des États. Qu’est-ce qu’ils doivent faire pour amélioer davantage ce processus en cours de lutte contre l’extrémisme violent . Et comment ils doivent impliquer les femmes, les jeunes et d’autres acteurs? C’est de tout cela que nous avons discuté.
Votre mot de fin.
On peut dire aujourd’hui que les jeunes autant que les femmes ont leurs places dans la réponse à l’extrémisme violent sur le terrain. Et ce n’est pas une place de participants, mais une place d’acteurs de réponse. Il faut trouver le moyen à ce que tous les jeunes soient impliqués. Mais il faut que les jeunes n’attendent pas que ce soit l’Etat qui les implique. Tous les jeunes dans nos pays, dans les organisations de la société civile doivent s’impliquer pour pouvoir apporter leur pierre à la résolution de ce phénomène.
Propos recueillis par Ghislain Gbènakpon
























