
( Ils appellent au retrait du projet au parlement )
« UPOV 1991 : Signification-Enjeux-Risques-Conséquences. A qui profite-t-elle ? ». C’est le thème de la conférence publique que le réseau national pour une gestion durable des ressources génétiques au Bénin ( Jinukun ) a organisée ce samedi 20 mai à la salle de conférence de Golf TV à Cotonou pour célébrer par anticipation, la journée internationale de la biodiversité édition 2023. Elle fait aussi suite à une nouvelle programmation de l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi d’adhésion du Bénin à l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales ( Upov ) porté par le gouvernement. Occasion pour Jinukun et ses organisations alliées de réaffirmer leur opposition à cette éventualité et d’exhorter le gouvernement au retrait du texte.
Ghislain Gbènakpon
« Nous demandons respectueusement, en particulier au gouvernement du Bénin de retirer sa proposition d’adhésion à l’UPOV 1991 de la table de l’Assemblée nationale et de revoir avec les organisations paysannes et la société civile, les meilleures mesures à prendre. Nous encourageons plutôt la promotion de l’agroécologie et l’utilisation des semences locales et indigènes, qui sont adaptées aux conditions locales et contribuent à la durabilité de l’agriculture au Bénin et en Afrique en général. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons garantir la souveraineté alimentaire et les droits des paysans sur les semences ». Voilà un extrait de la déclaration d’opposition à l’adhésion du Bénin à l’Upov signée par Jinukun, Copagen, Afsa, Grain et Faeb au terme de la conférence publique.

En tant qu’organisations qui défendent l’agroécologie et les systèmes alimentaires ancrés dans les communautés locales, elles se disent conscientes que l’Upov manœuvre pour remplacer les semences industrielles qui détruisent la biodiversité et compromettent les approches durables de la production alimentaire au Bénin et sur le continent africain en général. « Partout dans le monde, les semences industrielles sont associées à la monoculture et à des paquets technologiques qui épuisent les sols, nécessitent une irrigation bien gérée, des herbicides , des engrais synthétiques et des pesticides pour obtenir les rendements promis », soutiennent-elles.
Deuxième mobilisation citoyenne
Il faut dire que ce projet d’adhésion du Bénin à l’Upov est apparu au parlement en 2017 et a déjà fait l’objet d’une mobilisation citoyenne qui a abouti en 2018 au report sine die de son examen. « On croyait avoir fini avec ça en 2018 quand le 13 avril dernier, on nous a informé que l’Upov 91 fait partie des dossiers inscrits à l’ordre du jour de la première session de la 9e législature. Pourquoi encore ça ? Il faut donc apporter encore plus d’informations pour éclairer nos décideurs, surtout nos députés pour qu’ils puissent bien comprendre les enjeux, les risques, les conséquences afin qu’on décide en connaissance de cause sans rien regretter demain dans l’intérêt du pays. Nous appelons le chef de l’Etat à retirer le texte pour qu’on puisse d’abord protéger nos ressources génétiques, nos semences locales avant de nous engager dans cette aventure dont l’issue pourrait nous être fatale », a déclaré M. Patrice Sagbo à la faveur d’une interview à la presse.
Pour le président de Jinukun M. Pierre Bédyé aussi face à la presse, le Bénin devrait se rétracter parce qu’il n’a ni un problème de semence ni un problème d’alimentation : « Il y a de la famine chez nous ? L’Upov, c’est pour privatiser les ressources naturelles que Dieu nous a données ». Plusieurs communications présentées par les experts et juristes nationaux et d’ailleurs ont meublé cette conférence publique qui sonne une nouvelle mobilisation citoyenne contre l’adhésion du Bénin à l’Upov.


















