En reconnaissance de la contribution du professeur Sébastien Dossa Sotindjo au renforcement du système éducatif béninois en général et particulièrement à l’enseignement du savoir au département d’histoire et d’archéologie de l’UAC, deux de ses anciens apprenants ont publié un livre d’hommage en son honneur. A son lancement ce samedi 12 août 2023 au chant d’oiseau de Cotonou en sa présence, l’un des coauteurs Dr. Arthur Vido, maître de conférence au CAMES, enseignant chercheur en histoire a magnifié le parcours d’un homme de science et de rigueur. C’est à la faveur d’une interview qu’il a accordée à la presse. Lire ci-dessous les échanges.
Cause Commune: Qu’est-ce qui motive votre présence ici au chant d’oiseau ?
Dr. Arthur Vido: Ma présence se justifie par le lancement d’un livre en hommage à un de nos anciens enseignants à savoir le Pr Sébastien Dossa Sotindjo qui a été l’enseignant de plusieurs parmi nous. C’est donc pour lui rendre hommage de son vivant que nous avons rédigé et publié cet ouvrage qui a fait l’objet de dédicace aujourd’hui.
Qu’est-ce qu’on peut retenir de l’ouvrage ?
De l’ouvrage, il faut retenir d’abord la vie et le parcours d’une personne qui est partie d’un village Doda situé aujourd’hui dans la commune de Zagnanado. A son arrivée à Cotonou, il y a fait ses études secondaires et a poursuivi une partie de ses études supérieures au Togo et une autre partie en France. De retour au Bénin après une soutenance en maîtrise il prend un autre départ vers la France qui s’est soldé en 1995 par la soutenance d’une thèse de doctorat. Ensuite, il faut retenir le parcours d’un enseignant chercheur , assistant, maître assistant, maître de conférence, professeur titulaire, spécialiste de l’histoire économique et quantitative, le seul d’ailleurs que nous avons eu dans le département d’histoire et d’archéologie pendant qu’il était encore en activité et le seul aujourd’hui qui a le grade de professeur titulaire. C’est un parcours d’homme de science, d’homme de rigueur, d’humain qui nous inspire, nous en tant que jeunes enseignants et cela nous permet de s’en servir pour progresser, de faire comme lui et pourquoi pas plus que lui; car il est dit quelque part que l’élève doit pouvoir réussir à tuer le maître; tuer dans le bon sens c’est-à-dire que le maître fait en sorte qu’il y ait une relève d’historiens béninois capables de percer dans la recherche historique et de montrer aussi qu’ici au Bénin, nous avons des valeurs, des modèles.
Cela ne pouvait pas mieux tomber à quelques encablures de la célébration du 63 e anniversaire de l’indépendance. L’édition 2023 du Mois de la Mode au Bénin a été l’occasion de célébrer durant juillet, l’authenticité béninoise avec le tissu Xwéda Blue dont l’entreprise Couleur Indigo de Nadia Adanlé est créatrice.
Ghislain Gbènakpon
Le thème principal de l’édition 2023 du Mois de la Mode au Bénin intitulé « Le Xwéda Blue made in Bénin: Osons l’authenticité » est déjà en lui-même évocateur et édifiant. La parade des mannequins avec des tenues expressives des différents pans de la culture béninoise qui a lancé les manifestations de cette édition le samedi 1er juillet dernier au palais des congrès de Cotonou a permis au public de magnifier la grandeur de la créativité béninoise authentique dont l’entreprise Couleur Indigo est l’un des chantres avérés. « Il s’agit de votre tissu fabriqué en terre xwéda et nous avons ajouté le suffixe blue pour faire le lien avec les tissus peints en indigo. De la terre qui a fait pousser le coton qui le contient jusqu’aux mains qui l’ont travaillé, tout est béninois », a soutenu sa promotrice Nadia Adanlé lors de son intervention de circonstance.
Il faut dire que Couleur Indigo est une entreprise qui dans le secteur de l’artisanat est dans la promotion de la marque Eluvo en matière de tissus, de la mode etc. En 2022, La PDG Nadia Adanlé fait partie des 10 meilleures femmes du secteur des arts et de la culture identifiées dans leurs domaines d’activités et distinguées par l’association Ilè-Ya Africa lors de la première édition de Gnon-Na Top 10.
M. Simon Nacoulma, citoyen burkinabè et de la CEDEAO
Les réactions continuent d’être enregistrées face à la menace d’une intervention militaire de la CEDEAO au Niger pour rétablir l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat du 26 juillet 2023. Il en est ainsi de celle de M. Simon Nacoulma du Burkina Faso en séjour à Cotonou qui donne des conseils à l’organisation régionale avec au passage des critiques sans concession aucune en tant que citoyen burkinabè mais aussi de la CEDEAO. C’est à la faveur d’une interview que celui qui s’est vu décerner de septembre à décembre 2021, trois décorations et prix au niveau international et national a donnée à la rédaction. Lire ci-dessous les échanges.
Cause Commune: Que pensez-vous de la crise nigérienne ? Plus précisément d’une éventuelle intervention militaire de la CEDEAO pour le retour à l’ordre constitutionnel ?
Simon Nacoulma: C’est regrettable que l’Afrique de l’Ouest pour ne pas dire les membres de la CEDEAO se retrouvent face à des coups d’Etat. C’est condamnable a priori. Mais quand on voit comment la situation se détériore de la Guinée en passant par le Burkina, le Mali et aujourd’hui le Niger, il faut se demander quelles sont les causes profondes des coups d’Etat. Car ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on va faire baisser la température. Je pense que la question profonde c’est qu’est-ce qui se passe exactement ? Est-ce qu’il n’y a pas une césure nette entre la jeunesse pour ne pas dire la population de la CEDEAO et ses dirigeants ? Est-ce qu’il n’y a pas quelqu’un entre ces deux acteurs qui se trompe ? J’ai l’impression qu’aujourd’hui, la CEDEAO des peuples n’existent plus. Elle est beaucoup plus vue comme le syndicat des chefs d’Etat. Elle est beaucoup plus institutionnelle et en déphasage avec les aspirations des populations. Et cela est une chose à marquer et à remarquer. Interviendra-t-elle ou pas? Je pense que là n’est pas le problème. Mais ce que je retiens, dès qu’il y a eu le coup d’Etat, la France est venue extirper ses ressortissants et est prête maintenant à soutenir la CEDEAO à intervenir contre ses frères du Niger. Ça semble un peu cohérent. Mais je voudrais savoir si le président du Bénin a pris le soin de rapatrier sa population à Cotonou ? Est-ce que le président ivoirien a pris le soin de rapatrier sa population à Abidjan? Est-ce que le Sénégal a fait de même ? Il faut se demander qu’est-ce qui nous lie? Au delà du côté institutionnel, nous constituons une famille. Il y a des Béninois mariés à des nigériens, des nigériens mariés à des burkinabè et c’est ça qui fait l’alliance entre nous. Nous sommes les mêmes peuples que le blanc est venu diviser. Donc, je pense qu’il faudrait qu’on écoute la raison humaine au lieu de se laisser berner par nos textes qui sont en déphasage avec les aspirations des populations. Et je suis de ceux convaincus que ce coup d’Etat est comme une bénédiction pour que la CEDEAO réfléchisse, se pose la question de savoir qu’est-ce qui se passe? Est-ce qu’il n’y a pas lieu aujourd’hui de mettre à plat cette organisation ? Est-ce qu’il n’y a pas lieu de se remettre en cause ? Est-ce que la gouvernance de ces pays dits démocratiques convient aujourd’hui à la réalité ? Si le président ivoirien peut faire un troisième mandat sous les applaudissements de la communauté internationale sans que la CEDEAO ne pipe mot ?
Vos conseils et suggestions à la CEDEAO pour une sortie pacifique de crise.
Pour moi, la réunion de ce jeudi 10 août est déjà un non évènement. J’aurais voulu qu’elle convoque plutôt les états généraux de la démocratie telle qu’on l’a reçue de la Baule. Est-ce qu’elle convient à nos peuples ? Est-ce qu’il n’y a pas lieu de revoir finalement les termes de ces constituons calquées à la française qui finalement ne sont pas respectées ou pas adaptées à nos visions ? Il faudrait se poser la question de savoir qui est le nouveau citoyen de la CEDEAO ? J’ai l’impression que la CEDEAO oublie qu’il y a un citoyen nouveau dans son espace. Ces jeunes ont fait les mêmes universités que les français , les américains et autres. Ils ont étudié, ils ont voyagé et ont vu comment l’Europe se construit. Ils sont au même niveau d’informations que le citoyen de l’Europe. Donc, quand le jeune se sent martyrisé chez lui pour une pseudo démocratie, il y a un questionnement qui est là. Quand il voit que les ressources de sa nation sont très mal gérées, ça pose problème. Quand il voit que ses ressources sont pillées par la France et l’Occident, il réagit autrement. Donc, je pense qu’aujourd’hui, il nous faut poser balle à terre et remettre en cause la gouvernance dans nos pays, comprendre les besoins profonds de la jeunesse et des populations de la CEDEAO et arriver enfin à une CEDEAO des communautés et non des politiques; et surtout pas une CEDEAO qui donne l’impression d’être pilotée depuis Paris. L’opinion aujourd’hui, la majorité de la jeunesse sait que finalement, tout ce qu’on prend comme sanction contre le Niger, c’est la France qui est en train de défendre son uranium ou son gaz. Et quand je vois le chef de la diplomatie de l’Union européenne, les États-Unis, la France invités à la rencontre de concertation pour trouver une solution diplomatique, ça devient ridicule. C’est comme si nous entre africains, nous ne sommes pas capables de trouver des solutions endogènes à nos problèmes endogènes. Pour moi, le problème du Niger est d’abord un problème des Nigériens, ensuite un problème de la CEDEAO et enfin, un problème africain. Donc si de ces trois acteurs là, on n’arrive pas à trouver un consensus pour se parler en tant qu’africains et que c’est l’européen qui doit venir nous résoudre le problème, j’ai honte de cette CEDEAO, elle ne sert plus à rien. On nous apporte des solutions à l’occidentale, inadaptées avec des menaces en sus. Pour moi, la CEDEAO est en train de se faire harakiri. Car dès le premier tir, les communautés vont s’entretuer. C’est une réalité parce qu’on trouve les mêmes populations entre le Bénin et le Niger, entre le Niger et le Sénégal. C’est les mêmes communautés. Donc, si tu tues mon enfant, je tue ton enfant. Est-ce que c’est la solution ? Est-ce que la CEDEAO veut en arriver à un Rwanda bis ou à une Libye bis ? Ce qui est sûr, personne n’en sortira vivant.
Votre mot de fin.
Je dirai qu’il faut que l’Africain prenne de la hauteur. Aujourd’hui, Macron est en train de défendre ses intérêts. Aujourd’hui, l’Union européenne est en train de défendre ses intérêts. Je souhaiterais que l’Africain défende ses intérêts. Je souhaiterais que la CEDEAO défende ses intérêts en mettant au coeur, l’humain. Et en tant que Burkinabè, je m’insurge contre cette CEDEAO qui depuis 8 ans que le Burkina est sous le joug du terrorisme ne nous porte aucune assistance. Jamais , nous n’avons reçu une arme. Le Mali, le Niger, le Bénin, le Togo sont confrontés au terrorisme et bizarrement, la CEDEAO ne pipe mot. Je pense quand-même que c’est une défaillance de cette organisation. Et aujourd’hui à cause d’un coup d’Etat, à cause de la démocratie, on est capable de lever toute une armée; comme si la démocratie était au-delà de nos vies. Il faut vivre pour être démocrate. C’est une question d’existence d’abord de nous sahéliens. Entre la démocratie et ma vie, je choisis ma vie. Mais cette CEDEAO ne défend pas la vie du sahélien que je suis et aujourd’hui, on me demande d’être démocrate. Pour moi, la CEDEAO est dans sa pire phase de la déchéance humaine.
Dans le numéro 3 de son éditorial Le Monde en Question, Agossou Serge Attinzovè voit un avenir en marche pour la renaissance de l’autonomie africaine.
Renaissance de l’Autonomie Africaine : Un Avenir en Marche
Depuis des siècles, l’Afrique a entretenu des liens historiques avec diverses nations, dont la France. Bien que ces interactions aient apporté des avantages, elles ont également engendré des dépendances qui ont entravé le plein potentiel de ce continent riche et diversifié. Aujourd’hui, de plus en plus d’Africains nourrissent le désir de briser ces chaînes de domination et de sculpter leur propre destin. C’est dans cette quête d’autonomie que s’ouvre un nouveau chapitre pour l’Afrique.
Enracinée dans une histoire riche et une diversité culturelle exceptionnelle, l’Afrique se doit de préserver et de célébrer son patrimoine tout en embrassant une identité moderne et indépendante. En puisant dans les leçons du passé et en tirant force et résilience des ancêtres, les Africains sont en train de façonner un avenir prometteur.
L’émancipation véritable passe par le développement économique autonome des nations africaines. Au lieu de dépendre exclusivement de l’exportation de matières premières, il est temps de promouvoir l’innovation, l’industrialisation et la croissance des compétences locales. L’investissement dans l’éducation, la recherche et le développement ouvre la voie pour que l’Afrique devienne un acteur majeur sur la scène économique mondiale.
L’autonomie africaine ne peut se réaliser sans l’autonomisation des femmes. Les femmes africaines ont toujours été des piliers essentiels de la société et il est impératif de reconnaître et de soutenir pleinement leur potentiel. L’accès égal aux opportunités éducatives, professionnelles et de leadership est fondamental pour bâtir une société équitable et prospère.
Un autre fondement crucial de l’émancipation africaine réside dans le renforcement des institutions démocratiques et la lutte intransigeante contre la corruption. Des gouvernements transparents et responsables sont indispensables pour garantir la justice sociale et l’égalité pour tous les citoyens.
L’émancipation de l’Afrique ne se fera pas en vase clos. Une coopération régionale solide est nécessaire pour affronter les défis communs et renforcer les liens entre les nations africaines. En unissant leurs forces, les pays du continent peuvent se transformer en acteurs incontournables sur la scène mondiale.
En somme, la quête de rupture avec la domination et la réalisation de l’émancipation de l’Afrique sont des aspirations légitimes et vitales. En célébrant leur riche patrimoine, en renforçant les institutions et en stimulant les économies locales, les Africains détiennent le pouvoir de créer un avenir brillant et autonome. Cette transformation requiert du temps, des efforts collectifs et une vision partagée, mais ensemble, ils peuvent ouvrir une nouvelle ère de progrès et d’émancipation, une ère qui inspirera l’ensemble du monde.
Dans le cadre de la célébration du 63e anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance, l’enseignant chercheur, maître de recherche au CAMES, Dr. Benoît Koffi Sossou a lancé un appel à la jeunesse béninoise et celle de l’Afrique invitées à prendre pour exemple, le jeune président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré. C’est à la faveur d’un entretien qu’il a accordé à la presse. Lire ci-dessous son intervention.
« 63 ans d’indépendance, chacun se mire pour voir s’il est né avant ou après. Si je suis né 10 ans après, ça veut dire que j’ai 53 ans. Qu’est-ce que j’ai pu faire moi-même ? Mais le plus important, c’est la prise de conscience de plus en plus de la jeunesse. Et cela a été cristallisé par une déclaration qui fera tâche d’huile. A savoir la déclaration du président burkinabè en Russie qui a posé une question fondamentale aujourd’hui à toute la jeunesse africaine de tous âges. En effet, il a posé la question suivante. Avec tant de ressources sur la terre et sous la terre, pourquoi les pays africains doivent être les plus pauvres du monde? Et il a proposé que l’on cherche ensemble la solution. Ainsi pour qu’on cesse de ressasser 63 ans, 65 ans, 70 ans bientôt d’indépendance, il faut que chaque jeune puisse chercher à se mettre ensemble avec les autres jeunes, avec les autres générations pour trouver réponse à cette question fondamentale et à identifier les moyens, tous les moyens à utiliser pour cela comme l’a dit le président Ibrahim Traoré du Burkina Faso que je salue au passage. C’est ça la jeunesse. Moi, j’ai connu ma jeunesse militante quand j’avais à peine 20 ans. En 1986, je suis rentré dans la jeunesse militante parce que le jeune, il regarde devant. Quand on regarde devant et on n’a rien, on a envie de dire qu’il faut aller arracher pour l’avoir. La vieillesse regarde en bas. C’est la jeunesse qui doit tirer la vieillesse et lui donner la pitance. En 86, c’est comme ça que moi je suis rentré dans la jeunesse militante et j’y ai fait le combat parce qu’on n’a pas autre solution que de faire le combat. Comme l’a dit le président Ibrahim Traoré, la jeunesse n’a pas autre solution. Tout ce qu’on va nous montrer, tous les défilés seront seulement folkloriques si nous n’arrivons pas à nous poser la question du président Traoré. On ne peut pas être les plus riches au sol et au sous sol et être les plus pauvres dans les plats. Résolvons ce problème et j’appelle la jeunesse de mon pays, la jeunesse africaine à s’approprier cette question fondamentale et à trouver une solution. Et quand on trouve une solution théorique, qu’on se mette ensemble pour utiliser tous les moyens à la disposition de cette jeunesse; tous les moyens je dis pour que solution pratique soit trouvée. Regardez le temps que vous êtes en train de faire sur la terre et les problèmes que vous n’avez pas résolus. Il ne faut pas que tous les problèmes nous dépassent »
L’Algérie n’est pas partante pour une intervention militaire au Niger pour rétablir l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat du 26 juillet dernier. Si elle affirme son soutien à M. Mohamed Bazoum comme président légitime de la République du Niger, elle estime que le retour à l’ordre constitutionnel doit impérativement d’accomplir par des moyens pacifiques qui éviteront au pays et à l’ensemble de la région un surcroît d’insécurité et d’instabilité et aux peuples un surcroît d’adversité. En conséquence, l’Algérie met en garde et appelle à la prudence et à la retenue face aux intentions d’interventions militaires qui ne sont que de facteurs de complication et d’aggravation de la crise actuelle. C’est par la voie d’un communiqué de presse en date de ce 1er août 2023 de son ministère des affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger. Lire ci-dessous le communiqué de presse.
La CEDEAO n’entend manifestement pas laisser passer le coup d’Etat survenu ce mercredi 26 juillet 2023 au Niger. Aux termes de l’une de ses décisions à l’issue du 51e sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement ce dimanche 30 juillet à Abuja au Nigeria, elle donne un ultimatum d’une semaine aux putschistes pour rétablir l’ordre constitutionnel. C’est l’une des principales informations du communiqué final parvenu à la rédaction.
Ghislain Gbènakpon
« Prendre toutes les mesures nécessaires, au cas où les exigences de la Conférence ne seraient pas satisfaites dans un délai d’une semaine, pour assurer le rétablissement de l’ordre constitutionnel en République du Niger. Lesdites mesures peuvent inclure l’usage de la force. A cet effet, les Chefs d’Etat-major de la Défense de la CEDEAO devront se réunir immédiatement ». Voilà l’une des décisions contenues dans le communiqué final ayant sanctionné le sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO sur la situation politique au Niger.
Il faut dire qu’après avoir rappelé le principe de la tolérance Zéro pour les changements anticonstitutionnels de gouvernement, la Conférence affirme que le président Mohamed Bazoum demeure le Chef d’Etat légitime de la République du Niger, reconnu par la CEDEAO, l’Union Africaine et la communauté internationale. Elle condamne avec la plus grande fermeté la tentative de renversement de l’ordre constitutionnel dans le pays et la détention illégale du président Mohamed Bazoum ainsi que de membres de sa famille et de son gouvernement. La Conférence exige sa libération immédiate et son rétablissement dans ses fonctions de président de la République, Chef de l’Etat ainsi que le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger. Elle rejette toute forme de prétendue démission qui serait attribuée au président Mohamed Bazoum.
Des sanctions économiques
En attendant le rétablissement de l’ordre constitutionnel, la Conférence a opté pour des sanctions économiques à travers une série de mesures à effet immédiat. Il en est ainsi, entre autres, de la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Niger, de l’établissement d’une zone d’exclusion de la CEDEAO pour tous les vols commerciaux à destination ou en provenance du Niger, de la suspension de toutes les transactions commerciales et financières entre les Etats membres de la CEDEAO et le Niger, du gel de toutes les transactions de service y compris les services publics, du gel des avoirs de la République du Niger dans les banques centrales de la CEDEAO, du gel des avoirs de l’Etat du Niger ainsi que des entreprises publiques et parapubliques logés dans les banques commerciales et de la suspension du Niger de toutes formes d’assistance financière et de transactions avec toutes les institutions financières, notamment la BIDC et la BOAD. La Conférence lance un appel à l’UEMOA et à tous les organismes régionaux pour la mise en application de ces mesures.
L’Association des cheminots retraités de l’OCBN ( ACR ) portée sur les fonts baptismaux le 23 septembre 1968 a tenu ce vendredi 28 juillet 2023 à la bourse du travail de Cotonou, son onzième congrès ordinaire. A l’ouverture des assises, on notait la présence , entre autres, du président à vie de l’ACR, M. Albéric Ahoyo, des représentants des secrétaires généraux des confédérations syndicales et ceux du ministre du cadre de vie chargé des transports et du ministre des affaires sociales et de la microfinance. Au terme des travaux, M. Aurélien Dossou-Yovo est élu à la tête d’un nouveau bureau exécutif national qui a devant lui, plusieurs chantiers importants pour l’amélioration des conditions de vie des cheminots retraités.
Ghislain Gbènakpon
Le président élu Aurélien Dossou-Yovo lors de son intervention
« Tous les retraités vis-à-vis desquels l’Etat a une dette entreront dans leurs droits. La première action à mener est une audience que nous allons solliciter auprès du ministre du cadre de vie et des transports dans ce sens. Nous allons être de près avec eux pour penser à la renaissance du rail. Comme les gens l’ont souhaité, le train sifflera à nouveau. » C’est un peu en ces termes que s’exprimait après son élection à la tête de l’ACR, le président Aurélien Dosou-Yovo pour donner un aperçu global des chantiers sur lesquels le nouveau bureau va se pencher.
Une vue de famille de membres d’ACR et d’invités
Il Faut dire que ces chantiers étaient d’une manière ou d’une autre ouverts par le bureau sortant présidé par M. Paul Tomavo. Dans une interview à la presse, il a évoqué l’octroi de 1,25 point indiciaire à tous décidé par le gouvernement en 2011 et dont n’a pas encore bénéficié jusque-là les cheminots retraités de l’OCBN aujourd’hui dissoute avec les employés licenciés. Les représentants des différentes structures invitées ont apporté leur soutien au combat de l’ACR qui a pour but de resserrer les liens de solidarité entre ses membres, de défendre les intérêts matériels et moraux de chacun d’eux.
Une vue partielle des congressistes
Dans son allocution à l’ouverture des travaux, le président à vie de l’ACR a dlivré un véritable message d’espoir. « Tél que je l’espère sincèrement, que ces retrouvailles vous permettent de faire le point exhaustif du chemin parcouru et surtout l’élaboration d’une feuille de route incluant l’avenir du chemin de fer OCBN et le sort humain qui est réservé aux acteurs que sont les cheminots encore en activité de service. Il serait plus utile, à mon humble avis, de vous asseoir avec le SYNCOBENI ( Groupement officiel reconnu pour la défense de droits légitimes des travailleurs ). Vous, j’entends SYNCOBENI et ACR, vous devez conjuguer tous vos efforts et faire en sorte que le train reprenne de souffler comme dans le passé et continue de siffler pour toujours. Le bonheur de tout un peuple en dépend », a déclaré M. Albéric Ahoyo.
« Onze millions d’habitants même sang ». C’est le thème de la première édition du Festival Mots Pour Maux ( FMPM ) qui s’est tenu ce vendredi 28 juillet 2023 à Azalaï Hôtel de Cotonou. Et de par la forte participation du public dont les institutions, les confessions religieuses, les Ong, les OSC et les partis politiques , on peut raisonnablement dire que c’est un pari gagné pour l’initiateur Samson Ahouignan alias Ahouignan K-You, slameur, poète et chantre de l’Eternel.
Ghislain Gbènakpon
De jeunes slameurs en herbe coachés qui prestent sur le thème appelant à la fraternité et l’unité avant la prestation majestueuse de l’initiateur Ahouignan K-You qui aura tenu le public en haleine pendant des heures, le tout ponctué par des virgules musicales et chorégraphiques. Voilà ainsi résumée, la soirée slam de la première édition du Festival Mots Pour Maux ( FMPM 2023 ).
Une vue globale du public
« Nous avons sélectionné de jeunes slameurs. Nous avons effectué deux jours de résidence de création avec des coachs, poètes, musiciens, écrivains y compris moi-même. Ils ont fait la restitution tout à l’heure. Les textes portent sur la thématique. Ce spectacle est une invite à la paix, à la cohésion, à l’unité nationale, à la culture profonde et réelle de la fraternité entre tous les humains, les béninois, au respect de notre République et de ses lois car de plus en plus, la morale déserte le forum, la vie devient ce qu’elle ne doit pas être. Plutôt que de secourir un accidenté, on va le dépouiller de son téléphone portable et de son portefeuille. Plutôt que de se comprendre dans la circulation, on s’insulte alors qu’un petit mot-excuse-pourrait apaiser l’autre. Nous avons l’ambition que personne ne pense plus qu’en face de lui, c’est Jean, Jonas, Paul, pierre mais plutôt une autre copie de lui-même. Et qu’il n’a plus aucun intérêt à le violenter, à l’envoûter, à bloquer ses affaires. Donc, c’est de cela qu’il s’agit » a expliqué Ahouignan K-You dans son intervention d’après prestation.
Le public manifestement conquis
A la faveur d’une interview à la presse, il est revenu, entre autres, sur le concept Mot Pour Maux. « Nous allons nous servir des mots. Nous croyons en tant que poète en la puissance des mots pour changer et guérir les maux de la vie. Amener les uns les autres à réellement cultiver la fraternité, la paix dans nos maisons, autour de nous, dans la rue. Partout où on va, tous les hommes sont un. Que l’on soit blanc, rouge, noir, tous sont issus d’un même sang. Les hommes sont un. C’est en cela que je parle de l’unicité humaine universelle. Il faut que qu’on reconnaisse cela et qu’on arrête de se déchirer inutilement », a soutenu Ahouignan K-You. Les regards sont désormais tournés vers la deuxième édition dans deux ans car le FMPM est une biennale.
Le Sg/Cosi Bénin Noël Chadaré lançant les activités
La COSI Bénin et la CGTB disposent désormais d’une feuille de route pour les activités à mener cette année dans le secteur bois et bâtiment. La réunion préparatoire de lancement de ces activités dans le cadre du projet régional bois et bâtiment 2023 conjointement mis en oeuvre par les deux confédérations syndicales a eu lieu ce vendredi 28 juillet 2023 à la bourse du travail de Cotonou. C’est le secrétaire général de la COSI Bénin, M. Noël Chadaré qui a officiellement lancé les travaux.
Ghislain Gbènakpon
« Il y a des journées de réflexion à organiser sur la protection sociale des travailleurs du secteur bois et construction que ce soit secteur formel ou informel, un forum à organiser sur les enjeux et défis du secteur au Bénin et quelques actions de plaidoyer à faire en direction des entreprises et des organisations patronales pour vraiment que les portes s’ouvrent davantage surtout pour ce qui est de la syndicalisation parce que nous avons des secteurs qui restent fermés à la chose syndicale. Vous savez, le contexte global est celui des grands travaux et qui dit grands travaux, dit sollicitation des travailleurs et entreprises du secteur bois et bâtiment. C’est bien de voir les nouvelles routes sur lesquelles nous passons mais encore faudrait-il se demander quelles sont les conditions de vie et de travail de ceux qui travaillent pour que les infrastructures soient belles. Donc c’est le moment de voir si les entreprises qui gagnent les marchés respectent les règles en matière de travail décent. Les questions de protection des travailleurs, sécurité santé au travail sont toutes aussi importantes que la qualité des infrastructures réalisées », a déclaré à la faveur d’une interview à la presse en marge des travaux, le chargé de programme de la Cosi-Bénin M. Calixte Adiyéton.
On retient de ses éclairages que l’objectif global de ce programme régional est de contribuer à la promotion du travail décent dans le secteur du bois et de la construction au Bénin de façon générale. Il faut aussi retenir que c’est un programme qui a commencé depuis 2 ans maintenant. « Nous sommes à la 3e année de ce programme qui est en train de prendre fin. Nous avons donc lancé les activités du plan annuel 2023. Nous avons profité pour passer au peigne fin les résultats du plan 2022 que ce soit en matière de protection sociale, d’organisation des travailleurs, du respect des normes et conventions et bien d’autres. Nous en avons tiré des conclusions. C’est vrai que nous avons des résultats plus ou moins satisfaisants mais on s’est regardé dans les yeux, on s’est dit des vérités car nous avons des défis sur lesquels il faut vraiment qu’on fasse des efforts », a expliqué le chargé de programme de la Cosi-Bénin. Au terme des travaux de cette réunion préparatoire de lancement, un planning des différentes activités a été adopté et le comité conjoint Cosi-Cgtb a la charge de veiller à sa mise en œuvre.