Les populations de Cococodji dans la commune d’Abomey-Calavi et environs disposent désormais d’un environnement de travail digne, sécurisé et propice à la croissance des activités marchandes. Le 20 ème marché moderne de détail sur un lot de 21 déjà construits dans le cadre du programme de modernisation de 35 marchés urbains et régionaux au Bénin au titre du PAG est officiellement inauguré mardi 27 janvier 2026 à son nouveau site
Ghislain Gbènakpon
1839 espaces de vente composés de 197 boutiques, 1444 étals primeurs, 85 étals poissonnerie, 6 restaurants avec servitude terrasse, 5 étals boucherie, 6 étals écailleurs, 28 espaces semi gros, 5 espaces gros, 42 espaces animaux vivants, 5 espaces plumeurs, 16 espaces moulins. C’est ainsi que sont constitués les espaces commerciaux du marché moderne de Cococodji qui s’étend sur une superficie de 10 hectares dont 2,8 hectares aménagés et qui comprend 12 secteurs d’activités distincts
La DG/ANaGeM, Mme Eunice Loisel Kiniffo
« Au delà des espaces commerciaux, le marché est doté d’infrastructures modernes: bureaux administratifs, installations sanitaires, infirmerie, dispositifs de sécurité incendie et parc de stationnement. Ce marché n’est pas seulement un ensemble de bâtiments. Il est désormais un véritable pôle économique de proximité, un cadre structuré de production de richesse, de dignité et de cohésion sociale », a expliqué la directrice générale de l’Agence nationale de gestion des marchés ( ANaGeM ), Mme Eunice Loisel Kiniffo.
La ministre Shadiya Assouman
Pour la ministre de l’industrie et du commerce, le marché moderne de Cococodji est un acte de justice sociale qui vient mettre fin aux souffrances des commerçants qui pendant des années ont travaillé à l’ancien site sous le soleil, sous la pluie, exposés aux risques sanitaires, aux incendies, à l’insécurité. Il ressort aussi de l’intervention de circonstance de Shadiya Assouman que c’est le fruit d’une volonté politique : « A l’image de celui de PK 3 que nous avons mis en exploitation il y a seulement cinq jours, le marché de Cococodji n’est pas une réalisation isolée. Il est l’expression concrète d’une volonté politique claire, portée par le Président de la République, Son Excellence monsieur Patrice Talon, de réorganiser durablement le commerce, de mettre fin à la précarité structurelle des espaces marchands, et de faire du commerce un véritable levier de développement »
Dr. Abram Agossou, directeur de la santé de la mère et de l’enfant au ministère de la santé du Togo
A l’atelier du lancement technique et d’opérationalisation du Programme de renforcement des droits et de la santé de reproduction en Afrique de l’Ouest organisé du 19 au 23 janvier 2026 à Cotonou par l’Organisation Ouest-africaine de la santé ( OOAS ), on notait la participation active du directeur de la santé de la mère et de l’enfant au ministère de la santé du Togo. A la faveur d’une interview à la presse, M. Agossou Abram, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, a exprimé sa satisfaction.
Ghislain Gbènakpon
« Nous avons constaté que ce projet vise à renforcer nos pays dans la mise en œuvre des engagements régionaux et internationaux qu’ils ont pris et à renforcer également la redevabilité, la disponibilité en médicaments. Pour nous, ces aspects sont essentiels parce qu’on ne peut pas parler de projet quand il n’y a pas de médicaments. Renforcer donc la disponibilité de médicaments de qualité sûre et à moindre coût constitue en quelque sorte une bouffée d’oxygène en matière de droits à la santé sexuelle et reproductive », a déclaré Dr. Agossou Abram.
Le directeur de la santé de la mère et de l’enfant du Togo fait observer que le financement de la santé sexuelle reproductive est depuis l’année dernière sous tension avec le retrait des partenaires dont notamment l’USAID et la modification du financement d’autres partenaires. « Il y a quelques mois, nous avons tenu une réunion au sein du Partenariat de Ouagadougou pour inciter les pays à renforcer le financement domestique afin de maintenir les efforts ou les résultats qui ont été engrangés jusque-là. Ce projet vient à point nommé pour renforcer ce financement et permettre aux pays de maintenir leurs efforts en matière de droits à la santé sexuelle et reproductive », a-t-il expliqué.
Il ressort de l’intervention de Dr. Abram Agossou que sa participation active à cet atelier organisé par l’OOAS à Cotonou est une occasion pour renforcer les activités en matière de droits à la santé sexuelle reproductive au Togo. Il n’a pas manqué de lancer un appel à tous les pays de l’Afrique de l’Ouest. « Si j’ai un appel, c’est de nous inviter tous à nous engager effectivement dans tout ce que nous avons déjà entrepris en matière de droits à la santé sexuelle reproductive mais surtout à renforcer également la gestion dans la mise en œuvre des différents projets que nous avons parce qu’une bonne gestion est une garantie pour nos pays et pour les partenaires également pour continuer à nous appuyer »
L’Organisation Ouest Africaine de la Santé ( OOAS ) a procédé au lancement technique et à l’opérationnalisation du Programme de renforcement des droits et de la santé de la reproduction en Afrique de l’Ouest financé par l’Union Européenne. C’était ce jeudi 22 janvier 2026 dans le cadre d’un atelier de cinq jours à Cotonou. Celui-ci mobilisé les experts, les partenaires techniques et financiers et les organisations de la société civile engagées.
Ghislain Gbènakpon
Contribuer à la réalisation des droits à la santé sexuelle et reproductive ( DSSR ) dans la région Afrique de l’Ouest à travers un accès durable, de qualité et inclusif aux services de santé sexuelle reproductive et de la planification familiale ( SSR/PF ). C’est tout l’objectif de ce Programme de renforcement qui vient d’être lancé par l’OOAS avec le soutien financier de l’Union européenne. De façon spécifique, il vise à renforcer la mise en œuvre des engagements continentaux et régionaux relatifs à la DSSR dans les secteurs de la santé et de l’éducation, améliorer la disponibilité et l’utilisation des produits essentiels, souvent sous-utilisés ou difficiles d’accès, en santé sexuelle et reproductive, en particulier au bénéfice des femmes et des filles et à renforcer le plaidoyer et la redevabilité afin de garantir une meilleure satisfaction des besoins en matière de DSSR.
« La question des droits et de la santé sexuelle reproductive est importante. C’est une question de développement. C’est une question pour l’autorisation de la jeune femme, de la jeune fille. Et par rapport à cela, au niveau de la CEDEAO, l’OOAS a accompagné l’élaboration d’une directive régionale dans ce sens », a fait observer à la faveur d’une interview à la presse le directeur du laboratoire et de l’information sanitaire à l’OOAS, M. Sani qui est le représentant du directeur général de l’organisation sous régionale.
Le programme de renforcement vise aussi certains points des ODD à savoir l’ODD 5 qui est bonne santé et bien-être, l’ODD 5 relatif à l’égalité entre les sexes, l’ODD 16 sur la paix, la justice et les institutions efficaces et l’ODD 17 sur les partenariats pour la réalisation des objectifs. Il a pour maitrise d’ouvrage, l’OOAS, Enabel et Expertise France. ‘L’importance de ce programme n’est plus à démontrer. Il répond avec pertinence aux priorités des pays et aux attentes de notre sous-région en matière de santé sexuelle et reproductive », a déclaré dans son discours de lancement, Dr. Sibylle Assavoédo, directrice adjointe de cabinet du ministre de la santé au Bénin.
Le train « siffle » à nouveau dans la Capitale économique du Bénin pour signaler le départ plein de promesses d’un tourisme béninois résolument tourné vers l’avenir et solidement installé sur de bons rails. Le Petit Train de Cotonou qui est un projet porté par l’agence de tourisme Dahomey Discovery vient d’être inauguré. C’était ce samedi 17 janvier 2026 à la place de l’Amazone.
Ghislain Gbènakpon
Une vue de famille des officiels à l’inauguration du Petit Train de Cotonou
Rues, quartiers, marchés, infrastructures et espaces touristiques modernes, symboles de dynamiques urbaines contemporaines. Ce sont sur ces lieux que le Petit train de Cotonou va faire halte. Il faut dire qu’il propose des circuits urbains commentés, permettant aux habitants et aux visiteurs de parcourir la ville autrement. Dans son allocution de circonstance, la directrice générale de Dahomey Discovery, Mme Zoulfati Derby a fait savoir que le projet s’inscrit dans une volonté de rapprocher les populations de leur patrimoine avant de souligner que le Petit Train Touristique de Cotonou n’est pas seulement un moyen de transport, mais un outil de lecture et de découverte de la ville qui met en valeur ses sites emblématiques, son histoire et sa culture.
Doté d’un moteur puissant et peu polluant, le petit train touristique de Cotonou circule à une visite de 20km/h. Il comprend deux wagons d’une capacité de 20 passagers chacun. Ces wagons sont équipés de caméras de surveillance, d’un système audio intégré, de ceintures de sécurité, de boutons d’alarme et d’un éclairage permettant des visites de jour comme de nuit. Pour la représentante du ministère du tourisme, de la culture et des arts, l’avènement du petit train de Cotonou ravive dans la mémoire collective le temps où le sifflet du train de l’OCBN rythmait la vie du Bénin, un temps où le rail traversait la plus grande partie du territoire national reliant de Cotonou à Parakou en passant par Bohicon et Savè, les hommes, les marchés et les paysages. « Nous ne reprenons pas cette longue traversée ludique, mais le petit train de Cotonou en ravive l’esprit. Ici, il ne s’agit pas de longues distances; mais d’escales urbaines, culturelles et mémorielles. Des arrêts choisis pour raconter la ville, révéler ses strates, ses rythmes, ses visages. Comme autrefois, le train ne fait pas que passer. Il relie, rassemble, raconte », a déclaré la conseillère technique Glawdys Gandaho.
La directrice générale de Dahomey Discovery, Zoulfati Derby
Pour sa visibilité et son rayonnement, la ville de Cotonou peut donc compter sur Dahomey Discovery, une agence de tourisme engagée dans la valorisation du patrimoine culturel, historique et urbain du Bénin. Celle-ci a à sa tête, l’entrepreneure Zoulfati Derby, une entrepreneure affrodescendante originaire de Mayotte qui a le soutien de son époux Melvin Derby originaire de la Guyane. « Ce petit train n’est pas seulement un moyen de transport. Il est avant tout un outil de valorisation touristique, culturelle et patrimoniale au service de la découverte de la ville de Cotonou. La municipalité se réjouit de voir émerger des initiatives qui contribuent à raconter notre ville autrement, à mettre en lumière ses richesses cultuelles et son patrimoine », a soutenu le représentant du maire de Cotonou, M. Samuel Akindès, chef du 12e arrondissement.
L’Agence béninoise de la protection civile ( ABPC ) vient de bénéficier du don d’un important lot de matériels roulants tout terrain et d’équipements spécifiques de secours grâce à la générosité du gouvernement japonais. La remise officielle de ce don a eu lieu ce mardi 20 janvier 2026 au ministère de l’intérieur et de la sécurité publique à Cotonou. C’était sous la houlette conjointe du ministre Alassane Séidou et de l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon près le Bénin, S.EM. Uezono Hideki.
Ghislain Gbènakpon
Séance d’explication de l’utilité des matériels
10 ambulances équipées de matériels spécifiques de secours dont une civière principale, une civière pliable, une trousse de premiers secours, un aspirateur, un insufflateur manuel, un kit d’oxygénothérapie portable, un kit de bouteille d’oxygène et un gilet d’ambulance. Voilà de quoi est notamment composé ce don du gouvernement japonais au profit de l’Agence béninoise de la protection civile ( ABPC ). Ces matériels sont le troisième et dernier lot du Projet d’Aide financière non remboursable du peuple japonais pour le Programme de développement économique et social du Bénin au titre de l’année fiscale 2023 d’un montant de quatre cent millions ( 400.000.000 ) de Yens japonais, soit Un milliard six cent millions ( 1.600.000.000 ) de francs CFA.
Remise symbolique des clés au ministre Séidou par l’Ambassadeur Hideki
« Il s’agit de moyens efficaces adaptés à tous les terrains et destinés à renforcer vos capacités opérationnelles sur divers théâtres, à réduire les délais d’intervention et à améliorer la qualité des secours offerts à nos populations. Avec ces moyens, nous voulons que nos compatriotes, où qu’ils se trouvent sur le territoire, notamment les populations installées dans les départements sous menace des groupes armés terroristes, puissent bénéficier d’un service de secours efficace et professionnel », a déclaré le ministre Alassane Séidou à l’adresse des sapeurs-pompiers et personnels de l’Agence béninoise de la protection civile. Il n’a pas manqué d’exprimer les remerciements et la gratitude du gouvernement du Bénin au peuple du Japon et à son gouvernement pour cet appui à valeur significative.
Remise symbolique des clés au DG/ABPC par le ministre Séidou
Pour rappel, la remise du premier lot de matériels composé de vingt ( 20 ) véhicules Pick-up double cabines et de deux ( 02 ) véhicules Prado dans le cadre du projet relatif au Programme de développement économique et social du Bénin a eu lieu le 13 mars 2025. Le second lot constitué de vingt-trois ( 23 ) motos et de cinq ( 5 ) appareils de communication a été remis le 15 mai 2025. « Le financement de ce projet s’inscrit dans l’engagement de longues années du Japon à soutenir toutes les initiatives concourant à la paix et la sécurité en Afrique. Cet engagement à été également réaffirmé lors de la 9ème édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique qui s’est tenue août 2025 à Yokohama au Japon », a déclaré l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon près la République du Bénin, S.EM. Uezono Hideki.
Le Vodun à nouveau revisité sous l’angle de la mode à Couleur Indigo dans le cadre de la célébration des religions traditionnelles au Bénin. La quatrième édition de Vodun Fashion Show a présenté ce 8 janvier 2026 à Indigo Hôme à Ouidah, des costumes, des accessoires et du maquillage d’inspiration vodun. Sous la houlette de la promotrice Nadia Adanlé, elle offre également au public, jusqu’au 20 février 2026, une exposition qui met en lumière les quatre éléments fondamentaux de la nature que l’on retrouve dans la cosmogonie Vodun et de Couleur Indigo.
Ghislain Gbènakpon
La parade finale
15 costumes portés et valorisés par des mannequins professionnels. Voilà en quelques mots, le déroulé de la quatrième édition du Vodun Fashion Show organisé par l’entreprise Couleur Indigo. Il faut dire que chaque année, le Bénin célèbre au mois de janvier, la fête du Vodun, placée sous le signe de la valorisation des religions traditionnelles. Vodun Fashion Show s’inscrit parfaitement dans cette dynamique. « C’est un événement culturel qui offre un pan artistique et culturel à la célébration de nos religions locales. Cette activité nous permet de revisiter notre Vodun à travers l’angle de la mode. Car dans le Vodun, il y a gastronomie, il y a répertoire musical et bien évidemment de la mode. Nous montrons cette mode à travers des costumes, des accessoires et du maquillage d’inspiration Vodun », a déclaré la promotrice Nadia Adanlé dans son allocution de circonstance.
A chacune des trois précédentes éditions, Vodun Fashion Show a offert des prestations de tenues d’inspiration Vodun et culturelle. C’est ainsi qu’à la première édition en 2021, les costumes étaient inspirés du Zangbéto, la deuxième édition en 2024, du Sakpata et la troisième édition en 2025, de tout ce qui est Guinvoduns où il a été mis en relief la connexion avec la nature à travers les plantes.
Visite de l’exposition
Cette année, en plus du défilé, Couleur Indigo a proposé une exposition au sein de sa Galerie d’art (Indigo Hôme) dénommée « Nature Indigo : Souffle et Spiritualité ». « Pour cette édition, on n’est pas parti directement d’une divinité. On s’est basé sur les quatre éléments fondamentaux de la nature à travers lesquels on a fait une installation qui les a mis en lumière avec les divinités qu’ils représentent. Et au cœur de cette installation, nous avons mis des coiffes végétales portées par des têtes. C’est pour nous une manière de matérialiser la connexion avec la nature, l’harmonie que l’être humain devrait construire et conserver avec la spiritualité, les éléments fondamentaux de la vie et la nature elle-même », a expliqué Nadia Adanlé à la faveur d’une interview à la presse.
Celle-ci se tient jusqu’au 20 février 2026 et met en lumière les quatre éléments fondamentaux de la nature que l’on retrouve dans la cosmogonie Vodun et de Couleur Indigo. « Si dans la cosmologie vodun, l’eau, la terre, l’air et le feu sont des éléments fondamentaux, dans la cosmogonie indigo, il y a également 4 éléments fondamentaux que sont l’eau, la cendre, la feuille et la fibre », a expliqué la promotrice Nadia Adanlé.
Au sortir de l’atelier de partage des résultats du dépistage de la malnutrition dans les communes du projet CASCADE, qui s’est tenu du 09 au 12 décembre 2025 à Covè, le Coordonnateur zone Nord du projet CASCADE/CARE-Bénin-Togo, Nathanaël Totin, s’est confié au Journal Santé Environnement sur l’état d’avancement du projet, les résultats obtenus et les défis à relever.
Lire l’intégralité de l’interview ici
Journal Santé Environnement : Nous venons de clôturer un atelier de deux jours sur le partage des résultats de dépistage de la malnutrition sur le projet CASCADE. A ce stade de mise en œuvre du projet, quels sont les résultats obtenus ou encore quel est l’état d’avancement ?
Nathanaël Totin : Nous mettons en œuvre le projet CASCADE depuis 2022 et il faut noter qu’au départ, ce n’était pas facile. Mais c’est un projet de renforcement des politiques nationales existantes en nutrition pour améliorer la sécurité alimentaire et réduire la malnutrition. Et vous auriez constaté qu’au cours de cet atelier nous avons pratiquement tous les sectoriels dans la salle qui mènent des interventions aussi bien sensibles que spécifiques à la nutrition.
Aujourd’hui, la situation a profondément évolué. Tous les acteurs sectoriels, tant au niveau national que communal, ont adhéré à la dynamique du projet. Alors que le projet prévoyait d’accompagner trois politiques publiques, nous intervenons désormais sur un nombre plus large de documents stratégiques, y compris la politique Nationale de la santé communautaire et les Plans de Développement Communal (PDC). Ces dernières constituent la déclinaison opérationnelle des politiques nationales au niveau local. Globalement, je peux vous dire que l’objectif est déjà à plus de la moitié atteint pour nous.
Quand vous parlez de documents politiques, pour ceux qui ne le savent pas, vous avez parlé de trois documents politiques. Est-ce qu’on peut avoir les énoncés et savoir lesquels ?
Nous avons le premier document politique, la Politique nationale de l’alimentation et de la nutrition au Bénin (PNAN), qui est gérée par l’Agence nationale de l’alimentation et de la nutrition (ANAN). Nous avons le Plan stratégique de développement de l’agriculture (PSDSA). Nous avons la politique du secteur de la santé pour la nutrition, qui sont ces politiques phares. En complément, GAIN à travers CASCADE a contribué à l’élaboration de la stratégie innovante, notamment la stratégie du SUN Business Network (SBN), qui vise à encourager l’implication du secteur privé dans l’amélioration de la nutrition au Bénin.
Vous avez également parlé de l’approche de la campagne de dépistage dans les communes intervenant sur le projet. Qu’est-ce que vous pourriez nous dire sur les résultats ?
Dans le renforcement des capacités des politiques, ce sont les acteurs qui sont renforcés. Et là, nous les amenons à jouer leur rôle régalien vis-à-vis de la communauté. Initialement, le projet n’était pas conçu pour intervenir directement au niveau communautaire. Toutefois, face aux besoins exprimés par les acteurs renforcés et avec l’ouverture des bailleurs, nous avons étendu nos interventions jusqu’à la base. En collaboration avec les Directions Départementales de la Santé, des 20 Mairies, des guichets uniques de protection sociale et le Conseil communal de Lutte contre le VIH-SIDA, la Tuberculose, le Paludisme, les Hépatites, les Infections Sexuellement Transmissibles et les Epidémies (CCLSTP), nous avons organisé des campagnes de dépistage de la malnutrition chez les enfants de 6 à 59 mois dans 20 communes. Plus de 100 000 enfants ont été dépistés. Et dans ces 100.000 enfants, nous avons eu des décès.
Au-delà des chiffres, l’essentiel reste le nombre de vies sauvées. Des cas de malnutrition sévère avec complications ont été identifiés, référés et pris en charge dans les Centres Nutritionnels Thérapeutiques (CNT) et sans complication aux centres de santé. La prise en charge des cas de malnutrition est faite en synergie d’action avec Première Urgence Internationale et Médecin Sans Frontière. Les autorités communales ont pu constater de visu la réalité de la malnutrition dans leurs communes à travers les visites conjointes au niveau des CNT, ce qui a renforcé leur engagement. Voir des enfants rétablis et retourner dans leurs familles constitue, pour nous, un véritable succès. Aujourd’hui, le Bénin dispose d’une politique de santé communautaire dont la mise en œuvre a été fortement appuyée par le projet CASCADE dans les 20 communes d’intervention.
A cet effet, les capacités des relais communautaires et des Agents de Santé Communautaires Qualifiés (ASCQ) ont été renforcées, et quelques outils leur ont été fournis afin d’améliorer l’efficacité de leurs interventions. Avant l’intervention du projet, ces différents acteurs travaillaient de manière isolée. Désormais, grâce à la dynamique instaurée, les relais communautaires, les ASCQ, les agents de santé et les Chefs des Guichets Uniques de Protection Sociale (CGUPS) agissent de façon coordonnée autour d’un objectif commun : l’amélioration de l’état nutritionnel des populations. L’ambition actuelle est d’améliorer davantage cette approche multisectorielle en impliquant d’autres acteurs encore insuffisamment engagés, notamment le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP), dont la contribution demeure essentielle pour renforcer la cohérence et l’impact de la politique communautaire de nutrition.
Pouvons-nous retenir qu’au départ, c’était la politique nationale qui vous intéressait, mais à ce stade, vous avez constaté qu’il faut aller directement vers ces enfants-là dont beaucoup ont été pris en charge notamment à travers des dons de vivres. Comment ça s’est passé ?
Le projet a financé directement la prise en charge médicale des enfants référés dans les centres de santé. Par ailleurs, compte tenu de la précarité des ménages concernés, un appui financier a été accordé aux parents afin de leur permettre de rester auprès de leurs enfants durant la période de soins. Nous avons également bénéficié de synergies avec d’autres partenaires, tels que Première Urgence Internationale, Médecins Sans Frontières, ainsi que des fonds disponibles au niveau des Guichets Uniques de Protection Sociale (GUPS), parfois peu utilisés jusque-là.Cette collaboration a permis une prise en charge efficace et coordonnée. C’est pourquoi nous nous réjouissons d’être réunis ici aujourd’hui pour deux jours d’échanges et de partage d’expériences. En effet, les contextes et les pratiques ne sont pas identiques partout. Le partage de ces résultats permettra à chacun d’identifier les opportunités existantes et de s’en inspirer, afin de renforcer les actions et de favoriser une meilleure capitalisation des bonnes pratiques.
Dans le prolongement, au sujet de la prochaine étape dans la prise en charge des enfants malnutris, quelles sont les innovations qui peuvent participer à son affinement ?
La principale innovation réside dans la synergie d’actions entre les différents acteurs. Après plus de douze ans d’expériences dans le domaine, je peux affirmer que ce niveau de coordination est rare. Le projet a permis de faire travailler ensemble les relais communautaires, les Agents de Santé Communautaires Qualifiés (ASCQ), les agents de santé et les Chefs de GUPS autour d’un objectif commun. Cette synergie a permis de réduire les coûts, d’améliorer l’efficacité des interventions et de renforcer durablement les capacités locales.
Alors, à ce stade, quel peut être le contenu du plaidoyer à l’endroit des autorités locales et nationales et les résultats attendus ?
La nutrition est un enjeu fondamentalement multisectoriel. Il est essentiel que les engagements inscrits dans les documents de politique publique se traduisent concrètement sur le terrain. Avec des taux de retard de croissance dépassant 30 %, la situation est alarmante. Chaque enfant malnutri a son coefficient d’intelligence réduit. Cela veut dire que sa capacité à contribuer au développement de sa localité, de sa commune et du pays est réduite. Il ne suffit pas de construire des infrastructures ; il faut aussi investir dans la sensibilisation, la prévention et la promotion de bonnes pratiques alimentaires et nutritionnelles. Nous plaidons pour que la nutrition soit pleinement intégrée dans les Plans Annuels d’Investissement (PAI) et les PDC des communes, et que celles-ci soient évaluées en fonction de leurs efforts en matière de l’alimentation et de la nutrition.
Quels sont aujourd’hui les points clés de la feuille de route au sortir de cet atelier, qu’il faudra mettre en œuvre ?
La priorité est la pérennisation des actions. Un canevas de responsabilisation des acteurs a été élaboré afin que les communes prennent progressivement le relais. Chaque service déconcentré de l’État a un rôle clair à jouer. L’objectif est que les activités de dépistage et de prévention soient réalisées. Régulièrement, au moins une fois par semestre, sous la coordination des mairies. CASCADE poursuit également son plaidoyer auprès des autorités au niveau national pour une extension progressive de cette approche à d’autres communes.
En dehors de la synergie d’actions qui constitue un défi pour vous, est-ce qu’il n’y a pas d’autres défis auxquels vous faites face ?
Au-delà de la synergie d’actions, le principal défi auquel nous faisons face est l’institutionnalisation effective des interventions. Il ne s’agit pas seulement de les évoquer dans les discours ou les documents de projet, mais de les encadrer par des mesures contraignantes, telles que des décrets ou des arrêtés, afin d’obliger les autorités locales à les appliquer durablement au niveau communal. Sans ce cadre formel, les actions risquent de ne pas être pérennes. C’est pourquoi nous insistons sur le renforcement des politiques nationales, en y intégrant des dispositifs concrets et opérationnels capables de faciliter la mise en œuvre effective des activités sur le terrain.
Que diriez-vous à l’endroit des partenaires qui vous soutiennent ?
Je tiens à adresser mes sincères remerciements à l’ensemble des partenaires techniques, financiers, à l’Agence Nationale de l’Alimentation et de la Nutrition, aux ministères sectoriels, aux autorités communales et aux ONG nationales partenaires de mise en œuvre du projet CASCADE, l’Association Nationale des Communes du Bénin, à l’Alliance de la Société Civile pour l’intensification de la Nutrition et la Fédération Nationale des Femmes Agricultrices du Bénin. Leur engagement a été déterminant. Il convient de souligner que ce processus n’était pas gagné d’avance.
Toutefois, aujourd’hui, les communes engagées dans cette dynamique ont donné leur accord et ont formalisé un engagement signé par les Maires visant à améliorer les budgets alloués à l’alimentation et à la nutrition. C’est donc l’occasion de saluer et de remercier l’ensemble des acteurs pour leur implication et leur engagement collectif. Aujourd’hui, les communes appuyées par CASCADE se distinguent par des efforts concrets en matière de nutrition, notamment dans le financement, la mobilisation des ressources locales et la bonne gestion autour des cantines. Elles constituent désormais des références pour les autres communes. Sans cette mobilisation collective, aucun de ces résultats n’aurait été possible.
Une force politique recueille particulièrement l’adhésion des Béninois dans la campagne pour les législatives de dimanche prochain. Il s’agit de Force Cauris pour un Bénin Émergent ( FCBE ) dont l’offre de législature force l’admiration avec un réalisme au service du développement.
Ghislain Gbènakpon
Sans démagogie aucune et avec beaucoup de pédagogie, le parti Force Cauris pour un Bénin Émergent ( FCBE ) a su proposer aux Béninois durant ces 15 jours de campagne électorale, une offre de législature réaliste à même de servir de boulevard au développement inclusif de la nation. De l’assainissement du cadre de vie aux défis sécuritaires en passant, entre autres, par l’éducation, le numérique, l’agriculture, la santé et le contrôle de l’action gouvernementale, le parti a marqué sa différence par son sérieux et sa crédibilité dans ses propositions et engagements dans plusieurs secteurs vitaux.
Le Secrétaire Exécutif National Paul Hounkpè
A titre indicatif, sur le plan sécuritaire par exemple, les futurs députés FCBE comptent présenter des propositions de lois susceptibles d’améliorer les statuts et conditions de travail du personnel de l’armée et de la police républicaine. L’accent sera mis sur l’octroi de moyens suffisants aux forces de défense et de sécurité. Et la grande innovation est l’engagement d’initier des lois pour la prise en charge totale des familles du personnel appelé au front dans la lutte contre le terrorisme. Ce qui est une belle manière de reconnaître le don de soi dont font montre les agents des forces de défense et de sécurité pour la patrie parfois au prix du sacrifice suprême.
L’un des engagements par lesquels FCBE s’est distingué ces dernières heures est relatif à la révision de la constitution adoptée en novembre au parlement et promulguée en décembre dernier. « La dernière révision de la constitution doit être soumise à la décision du peuple à travers un référendum », a déclaré le Secrétaire exécutif national Paul Hounkpè. Il dénonce la trêve politique entre deux années électorales instituée par cette révision de la constitution en estimant que cela « rime à un bâillonnement de toute la classe politique et par ricochet, des différentes couches de la société ».
L’ancien syndicaliste de renom Jacques Ayadji peut compter sur le soutien de ses camarades du monde des travailleurs pour les législatives. Au terme d’un échange à bâton rompu axé sur les aspects de l’offre de législature de MOELE-Bénin relatifs à la classe ouvrière ce mercredi à la bourse du travail, ils entendent se mobiliser pour l’envoyer au parlement dimanche prochain.
Ghislain Gbènakpon
« Je suis l’un des vôtres et je viens ici pour vous faire part de ma candidature pour les législatives dans la 6e circonscription électorale qui regroupe Abomey-Calavi, Zè et So-Ava. C’est le monde syndical qui m’a fait connaître. Je lui dois tout. Je ne peux donc réussir cette expérience sans vous en parler et solliciter votre soutien. Il est plus prudent de faire l’expérience avec un diable que l’on connait qu’avec un ange que l’on ne connait pas » Voilà résumé le message du président du MOELE-Bénin à l’adresse des travailleurs des différentes confédérations syndicales mobilisées pour la circonstance qui y ont selon toute vraisemblance donné une suite favorable.
Les interlocuteurs du président Jacques Ayadji ont eu l’opportunité d’exprimer dans la mesure du possible leurs différentes préoccupations auxquelles il a répondu avec un franc-parler à nul autre pareil dans la classe politique. Ces préoccupations vont, entre autres, de la précarité de la pension de retraite à la cherté des frais aux postes de payage en passant par l’état du secteur de l’éducation, la revalorisation de la fonction enseignante et la situation des dockers dans le secteur portuaire. Le président du MOELE-BÉNIN s’est appuyé sur l’offre de législature du parti avec ses 12 fondements nés de 25 principaux engagements. « Nous pensons au MOELE-BÉNIN que si nous travaillons à l’accroissement de la richesse nationale, l’Etat pourra davantage satisfaire les différentes revendications corporatistes. Si vous nous faites confiance, arrivés au parlement, nous allons jouer notre partition à travers des propositions de lois conséquentes », a-t-il expliqué.
Intervenant après les éclairages du président de MOELE-BÉNIN sur les différentes préoccupations des travailleurs, le secrétaire général de la CSA-Bénin, M. Anselme Amoussou s’est réjoui de ce que leur hôte n’ait pas fait preuve de démagogie avec des promesses irréalisables. Il a fait observer aux travailleurs que parmi les candidats, Jacques Ayadji est le seul qu’ils peuvent interpeller et demander au besoin des explications s’il est présent à l’Assemblée nationale à la faveur des législatives. « Faites donc votre choix en conséquence et en toute responsabilité », a-t-il déclaré. Cet appel a visiblement recueilli l’adhésion des travailleurs qui se disent fortement mobilisés pour la bonne cause dimanche prochain.
Un tableau d’art très symbolique en signe de gratitude pour son implication et son engagement en faveur des droits des femmes. C’est ce que la section béninoise de l’Alliance Droits et Santé (ADS) a offert à Me Alexandrine Saizonou Bédié le lundi 6 octobre 2025 à la faveur d’une cérémonie fort simple.
Cela s’inscrit dans le cadre du Plaidoyer régional contre les Violences basées sur le genre (VBG), initié depuis quelques mois que Me Alexandrine Saïzonou Bédié a reçu les honneurs de l’ADS. Une délégation conduite par Nourou Adjibade, Directeur exécutif de Ceradis-Ong, chef de file de l’Alliance au Bénin, lui a offert un tableau d’art qui exhibe la condition des victimes de violences basées sur le genre, en insistant sur la nécessité d’initiatives concertées et d’actions concrètes.
Avocate au barreau du Bénin, Officier de l’Ordre national du mérite français, Me Alexandrine Saïzonou Bédié s’est distinguée par son engagement aux côtés de l’Alliance pour renforcer le plaidoyer. A noter que le plaidoyer initié par l’Alliance Droits et Santé et porté, au niveau national, par Ceradis-Ong, le scoutisme béninois et l’Ong Bacar, toutes, membres de l’Alliance, a permis l’adoption de la Convention de l’Union Africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et filles.
Emue par ce geste, Me Alexandrine Saïzonou Bédié s’est dite honorée et a salué les efforts de l’Alliance pour les droits des femmes, exprimant son admiration pour l’action de ses membres à l’échelle nationale. Selon Nourou Adjibade, l’Alliance œuvre activement à la promotion des droits des femmes dans l’espace francophone, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Sénégal.
Composée d’une vingtaine d’ONG actives dans plusieurs pays membres, l’Alliance, soutenue techniquement par Equipop, se positionne comme une véritable force sous-régionale dans la lutte contre les violations des droits des femmes. Il recommande aux États africains de mettre en œuvre des plans d’action nationaux budgétisés, inclusifs et efficaces, afin d’assurer une prise en charge globale et coordonnée des survivantes de violences basées sur le genre.