Encore quelques jours et l’année 2019 va se conjuguer au passé. A l’heure du bilan on s’aperçoit que des évènements auront un impact durable sur la vie politique au Bénin. Retour donc sur quelques faits marquants pour s’en convaincre.
Ghislain Gbènakpon
S’il y a un fait marquant sur le plan politique qui a tenu particulièrement le peuple béninois en haleine en cette année finissante, ce sont bien les législatives du 28 avril 2019 ayant consacré la présence de deux forces politiques parrainées par le pouvoir en l’occurrence l’Union progressiste ( Up) et le Bloc républicain ( Br). Ceci parce que pour la première fois dans l’histoire du renouveau démocratique, des formations politiques qui en ont exprimé le désir n’ont pas pu y participer. C’est le cas entre autres des Fcbe, du Prd, de l’Usl et de l’Udbn. Pour la Commission électorale nationale autonome ( Cena), ces partis ne remplissaient pas les conditions requises par la charte des partis politiques et le code électoral alors en vigueur. Mais cela a du mal à passer dans le rang de l’opposition. Cette situation a engendré une crise politique sans précédent avec à la clé les évènements malheureux du 1er et 2 mai à Cotonou et ceux de Tchaourou ayant occasionné des pertes en vies humaines. C’est pour une décrispation du climat politique que le président Patrice Talon a initié le dialogue politique national qui s’est tenu du 10 au 12 octobre au palais des congrès à Cotonou. Y étaient invitées, les formations politiques en règle avec la charte des parties politiques. Seulement voilà, par la force des choses, toutes les entités politiques n’y ont pas participé. Toujours est t-il que ce dialogue politique a accouché de plusieurs recommandations dont la mise en œuvre a nécessité pour certaines, une révision de la constitution. Il en est ainsi par exemple de l’alignement des élections, l’amélioration de la représentativité des femmes dans les instances de prise de décision et la création de la cour des comptes. L’autre fait marquant est justement la révision de la constitution adoptée à l’unanimité par les 83 députés. Elle consacre effectivement l’alignement des élections et incidemment celui de tous les mandats électifs à 5 ans dont celui des députés, la création d’un poste de vice-président de la République et la constitutionnalisation de la cour des comptes. Par ailleurs, on peut inscrire au titre des faits politiques non moins importants, le vote d’une loi d’amnistie au profit de tous les mis en causes dans les violences électorales, le retour éclair de Boni Yayi avec une délégation de la Cedeao et le rendez-vous manqué entre le président Patrice Talon et son prédécesseur.









