
Jour J-1. Demain mardi 8 décembre 2020 de 7h à midi, les consommateurs du Bénin et les distributeurs des produits Mobile Money GSM font comme annoncé une journée GSM morte.
Ghislain Gbènakpon
« De 7h à 12h, pas d’achat de Crédit/forfait, pas d’Appel, pas d’Internet, pas de Réseaux Sociaux, pas de Dépôt, pas de Retrait, pas de Transfert Mobile ». Voilà ce que les consommateurs du Bénin et les distributeurs des produits Mobile Money GSM réservent demain aux opérateurs de téléphonie mobile Mtn et Moov.
En effet, exaspérés d’être devenus des proies faciles pour les Opérateurs de téléphone Mobile et les Emetteurs de Money Électroniques (EME) Mtn Mibile Money et Moov Money, les populations béninoises refusent de continuer d’être des victimes expiatoires. Elles dénoncent subir une multitude d’affres deshumanisantes et mortifères de la part de ces opérateurs. De quoi s’agit-il concrètement ?
Les opérateurs de réseau mobile ( ORM), explique le président de La Voix des Consommateurs ( LVC), M. Robin Accrombessi, ont l’obligation contractuelle de la disponibilité de services normatifs ou encore de qualité pour leurs clients. Aussi ces services doivent être fournis avec une transparence irréprochable dans le système de facturation. Mais à la date actuelle le signal réseau se fait désirer dans beaucoup de régions de notre pays et de manière notoire autour des principaux axes routiers du pays. Et toutes les autorités s’en plaignent d’ailleurs considérablement au cours de leurs déplacements vers l’intérieur du pays. Lorsque le signal est faible le réseau devient une source potentielle de graves ennuis. Les spécifications techniques en téléphonie mobile recommandent par exemple de ne pas émettre ou recevoir des appels lorsque le signal réseau est en dessous de 3 barrettes sur le portable pour ne pas être sujet aux influences négatives des rayonnements électromagnétiques de la téléphonie mobile.
« Mais nous constatons aisément que pour prendre des appels les populations recherchent vainement le signal dans des espaces sans barrière physiques. Les échecs et coupures d’appels les blancs occasionnent du stress, des pertes d’unités et donc de ressources financières et d’opportunités. Certains consommateurs très dépendants des terminaux mobiles en piquent de colères qui sont parfois fatales », regrette le président Robin Accrombessi.
Il faut dire aussi que la connexion Internet dans son état actuel ne vaut pas son pesant d’or car elle est à la fois exécrable par endroit mais onéreuse pour les Consommateurs et sa facturation souffre de transparence. « Le régulateurs du secteur l’ARCEP a fait plusieurs mise en demeure mais c’est toujours le statuquo. Rien ne s’est sensiblement amélioré malgré les insipides et répétitifs engagements des ORM. Mais en plus, les plaintes quotidiennes qui parviennent à notre association de consommateurs sont relatives à une distraction routinière des forfaits qui renforce la paupérisation des populations déjà fragiles. », soutient Robin Accrombessi.
Autres raisons du boycott
Par ailleurs au niveau du Mobile Money, les portemonnaies électroniques ou comptes mobile money des consommateurs sont désormais vendangés, cambriolés par des arnaqueurs de tous acabits. Les arnaques sont entrées désormais en compétition. Cette forme d’émulation sulfureuse et nauséeuse se fait au nez et à la barbe de moult autorités des secteurs du Mobile Money et des Gsm. Le 6 Août 2020, rappelle Robin Accrombessi, Mtn Mobile Money s’est permise le luxe de violer l’accès aux comptes MoMo de ses abonnés en y retirant des sommes variées et diverses multiples de 500 F.
D’un autre point de vue les arnaques opérées sur les comptes Mobile Money ne sont pas portées par les ORM et les EME conformément aux articles 20 et 38 du code du numérique mais plutôt par les fragiles E-marchands distributeurs de leurs produits qui ignorent tout du secteur et de ses rouages. Alors les Emetteurs de Money Électroniques les livrent à l’Office Centrale de Répression de la Cybercriminalité OCRC et les vident de leurs fonds de commerce alors que les contrats commerciaux entre les deux parties en face révèlent une dangereuse nébuleuse.
« Certains de ces jeunes diplômés sans-emploi distributeurs desdits services qui ont aidé les EME à asseoir l’infrastructure du Mobile Money, cette machine à aspirer des milliers de milliards de nos francs sont aujourd’hui en prison simplement parce qu’ils ignorent tout de leurs droits. Cette situation est une véritable bombe a retardement qu’il faille éventrer au plus tôt pour éviter le pire. Évidemment lorsqu’un fournisseur vous vend un service pour une qualité moindre en deçà donc du normatif, lorsqu’il vous vide de vos sous ou que son réseau est impunément utilisé pour vous dépouiller, l’objectif visé est de vous ruiner. Et nous risquons le Mobile Money Gate pour plusieurs milliers de milliards contre 150 dans le cas du ICC Gate », a déclaré le président de LVC.
Ces pratiques dolosives, fait-il observer, contribuent intensément à la désintégration des portefeuilles des Consommateurs déjà essaurés et déglingués par la crise économique et financière qui sévissait au Bénin aggravée par celle de la covid19. Elles empêchent l’atteinte des objectifs de développement durable ODD 1 et 2 en dépit des efforts des PTF (Partenaires Techniques et Financier)s et de l’exécutif au Benin. En outre, ces agissements illicites constituent des tentatives d’aliénation du Plan de développement de notre cher et beau pays le Bénin. Ces ORM et EME endiguent l’évolution du PAG du Président Patrice Talon.
« Et c’est dans l’optique de rester conforme à notre mission celle de la veille citoyenne, sociale et économique que nous avons décidé de tirer la sonnette d’alarme de manière retentissante à travers ce Boycott du Mardi 8 Décembre 2020. Et en tant que digne citoyen du Benin nous avons tous l’obligation morale de faciliter la protection des droits et intérêts socioéconomiques des Consommateurs d’accomplir notre mission commune. Il revient à chacun et à tous donc de respecter le mot d’ordre de la Journée Gsm mort du mardi 8 Décembre 2020 et de porter le message », déclare le président Robin Accrombessi.

















