
(L’Ong Eco-Benin fait œuvre utile)
Sur initiative de l’Ong Benin Ecotourism Concern ( Eco-Benin) avec le soutien de l’Union internationale pour la conservation de la nature (Iucni), il s’est tenu ce mardi 29 décembre 2020, un atelier d’information et de sensibilisation des autorités locales et leaders de site sur l’évolution des travaux de la phase pilote du projet de dragage du lac Ahéme au carrefour de Djondji et Houkounnou dans le site de la Bouche du Roy. C’était au centre Nonvignon de Grand-Popo. Occasion pour M. Martin Gbèdey, Directeur général de l’Agence pour le développement intégré de la zone économique du lac Ahéme ( Adelac), structure en charge du projet, d’annoncer le démarrage des travaux de la phase pilote courant premier trimestre 2021.
Ghislain Gbènakpon
« Depuis 2012 que nous avons commencé par travailler sur ce projet, d’abord en le formulant de façon participative avec les populations, les acteurs à la base, les personnalités morales , la société civile, je n’ai jamais été aussi assuré, aussi convaincu que nous sommes venus à une phase où le projet va devenir opérationnel dans les mois qui viennent », a déclaré le Directeur général de l’Adelac, M. Martin Gbèdey à la faveur d’une interview à la presse en marge des travaux de l’atelier.
Selon le Secrétaire exécutif de l’Ong Eco-Benin, M. Gauthier Amoussou, cet atelier a pour objectif de mettre tous les acteurs à divers niveaux du processus de dragage pilote au carrefour de Djondji et Houkounnou au même niveau d’informations afin que chacun puisse jouer son rôle de plaidoyer : « on vous a invités pour que les autorités en charge de l’opération partagent avec nous les succès mais aussi les difficultés qu’elles ont dans ce processus afin que chacun, s’il a une possibilité, l’accompagne ».

Effectivement, cet atelier a permis à l’Adelac d’entretenir les élus communaux et les associations de développement sur l’évolution des travaux pour la concrétisation du dragage pilote au carrefour de Djondji Hounkounnou. « Les préparations que nous avons engagés depuis avril 2020 quand le gouvernement en conseil des ministres a donné des orientations très précises et pris des décisions marquantes dans ce sens nous ont permis de finir avec les plans opérationnels et le détail du cahier des charges de l’opérateur de dragage et nous sommes en ce moment dans le processus de sélection de cet opérateur qui va assurer l’effectivité des opérations. Donc je puis vous dire, et je vous demande de le dire aux populations et aux élus, que l’opération de dragage démarre très bientôt », a soutenu face à la presse, le Dg Martin Gbèdey. Et au cours des travaux, il a dit espérer que d’ici deux mois, l’opérateur va se mettre en place.

Eco-Benin fait œuvre utile
Certains peuvent être curieux de savoir ce que vient chercher une Ong dans ce projet de dragage du lac Ahéme. Mais il faut dire que Eco-Benin est pleinement dans l’un de ses domaines de spécialité en initiant cet atelier. « Nous sommes une Ong qui est dans la protection de la biodiversité. Nous avons de 2014 à 2017 créé la Réserve de biosphère transfrontalière du Mono qui a une bonne partie depuis là où nous sommes ( Grand-Popo, ndlr) jusqu’à Bopa et en allant jusqu’à Aplahoué avec un espace similaire au Togo. Cet espace a été consacré une Réserve de biosphère. Une Réserve de biosphère veut dire qu’il y a des poches, des aires, il y a la faune et la flore que nous devons bien gérer ; que l’homme profite de ces ressources là tout en essayant de mieux les gérer », a soutenu, le secrétaire exécutif Gautier Amoussou.

L’urgence de trouver une solution basée sur une approche de gestion intégrée est prioritaire, vu le degré de détérioration de plus en plus poussée de cette Réserve attribuée à l’ensablement et à l’envasement notamment dans certaines portions des cours et plans d’eau du Mono et du Lac Ahémé et ses chenaux.
A cet effet, le carrefour hydraulique de Djondji a été identifié pour l’expérimentation de l’activité de dragage afin de restaurer petit à petit cette Réserve de biosphère, les écosystèmes du lac Ahéme et ses chenaux.
Pour que cette activité réussisse, plusieurs études ont été réalisées. Et pour enrichir les différentes études précédemment réalisées par l’Adelac, l’Union internationale pour la conservation de la nature (Iucni) et l’Ong Eco-Bénin ont fait d’autres études complémentaires suite à une visite dans la Réserve de la Bouche du Roy et des recommandations de commencer un dragage pilote dans la session pilote du carrefour Djondji Hounkounnou ont été faites. Par ailleurs, l’Ong Eco-Bénin a supervisé la création d’un groupe de contact composé des associations de développement et de ladite Ong avec pour mission de défendre les intérêts des populations riveraines du lac Ahéme et ses chenaux ainsi que de servir d’appui conseil à l’Adelac dans la conduite du projet de dragage.
Et c’est dans ce contexte qu’à la faveur du conseil des ministres en date du 20 avril, le gouvernement a décidé de l’accélération du processus de la phase pilote du dragage du lac Ahéme et ses chenaux. L’Ong Eco-Bénin a donc fait œuvre utile.


















