
Après la Place Élu Vo érigée l’année dernière à la première édition en leur honneur, un nouvel équipement vient de voir le jour à Ouidah à la deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023) pour rendre hommage aux braves femmes de la concession des Aniambossou qui ont par le passé mené l’activité de teinture à l’indigo et ont su transmettre leur savoir-faire. La Muséalisation de la marque Élu Vo, tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral par l’entreprise Couleur Indigo est mise en route avec l’inauguration ce jeudi 23 novembre de l’Ecomusée implanté dans ladite concession. C’était sous la houlette du maire de Ouidah, M. Christian Houétchénou. La promotrice du SIA Nadia Adanlé vient ainsi de faire à nouveau œuvre utile.
Ghislain Gbènakpon


Les cuves dans lesquelles on fait fermenter les feuilles Élu qui servaient à teindre le tissu à l’Indigo, une cuve usée mais témoin vivant de l’activité qui avait eu lieu dans cette concession, un tissu complètement attaché qui attend juste qu’on le trempe dans la cuve pour commencer son processus de teinture, une pièce réalisée dans cette concession par les femmes de cette concession et dont la régularité des points, la géométrie, la symétrie et l’alignement témoignent de l’expertise dont elles faisaient montre, deux pièces où sont listés tous les noms de toutes les femmes indigotières de cette concession. Voilà entre autres ce que donne à découvrir l’Ecomusée implanté dans la concession des Aniambossou à Ouidah inauguré dans le cadre de la Muséalisation du Élu Vo à l’occasion de la deuxième édition du SIA.

Il faut dire qu’il s’agit d’un petit espace pour immortaliser le passage de l’indigo dans la concession des Aniambossou. C’est un véritable retour à la source pour les visiteurs qui ont l’opportunité de découvrir la tradition ancestrale de la teinture à l’indigo telle qu’elle était pratiquée par les femmes de cette collectivité et ce qu’il en reste. L’écomusée naît le plus souvent autour d’activités en voie de disparition. L’urbaniste et historien du patrimoine et du tourisme, Dr. Sylvestre Edjékpoto, a eu à faire observer que cet Ecomusée dans la concession Aniambossou est un espace qui va ressusciter, restaurer et remettre en musique tout le process de production de l’indigo dans le passé en termes de narration.

« Dans la liste des femmes indigotières de la concession Aniambossou, il y a Assibavinon/de Souza, Dânou Cotonouton, Dânou Mouninon, Dânou Dounin, Dânou Ahodénon, Nannan Navor, dada Falinon, Dânou Ahonon Déhinon, Nannan Ayayibonon, dada Kpaliméton. Et c’est dada Kpaliméton que j’ai beaucoup fatiguée dans cette maison à lui poser 10.000 questions. Ce que nous allons voir n’est pas encore la version définitive. Mais ça nous permet de sortir ces objets utilisés par ces braves femmes de l’oubli qui était comme une épée de Damoclès sur leurs têtes », a expliqué la promotrice du SIA Nadia Adanlé.
Une initiative fortement saluée


Comme on pouvait s’y attendre, la collectivité Aniambossou a exprimé sa profonde gratitude et sa pleine reconnaissance à Nadia Adanlé pour cette initiative de Muséalisation de Élu Vo. « Notre riche patrimoine culturel et même cultuel est repris, amélioré, embelli, médiatisé à travers le monde, apprécié et aimé de plus en plus de tous grâce au dynamisme, à la dextérité, au courage, à l’abnégation et au sens du sacrifice de l’une des nôtres, fille de Ouidah, formée dans cette maison Aniambossou par les dernières indigotières de notre collectivité: Nadia Adanlé », a déclaré dans son allocution, le chef de la collectivité Aniambossou, M. Baba Oladikpo Aniambossou qui a rebaptisé pour ainsi dire la promotrice de l’entreprise Couleur Indigo « Nadia Adanlé Aniambossou ».

Le maire de la ville de Ouidah a aussi réaffirmé son soutien à l’initiative de Mme Nadia Adanlé. « La première action et l’action principale que j’ai choisie de faire, c’est d’inscrire dans le patrimoine touristique de la ville de Ouidah, la route de l’indigo. Qu’est-ce qu’il nous faut pour inscrire l’indigo dans le patrimoine touristique si ce n’est la valorisation du patrimoine ancestral, les lieux de représentation et aujourd’hui les centres de modernisation et d’exposition. On a aujourd’hui tout ce qu’il nous faut. L’Ecomusée, la Place dédié aux indigotières, la représentation de ces braves femmes qui ont fait perpétuer cette tradition, l’histoire qu’elle est en train d’écrire progressivement et aujourd’hui ce qu’on en fait en termes de modernité. Tout ce qu’il nous faut est là. C’est pour cela que je suis heureux. Car j’ai tout ce qu’il nous faut pour contribuer à faire de Ouidah, l’une des plus grandes villes touristiques de l’Afrique de l’Ouest », s’est réjoui M. Christian Houétchénou.
























