Bénin DNS Forum 2023: la souveraineté numérique au cœur de la réflexion

Une vue de famille des participants

« Souveraineté numérique au Bénin: défis et perspectives ». Voilà le thème de l’édition 2023 de Bénin DNS Forum qui s’est tenu ce vendredi 8 décembre 2023 à Azalaï Hôtel de Cotonou. Il s’est agi d’une rencontre multi-acteurs qui a mobilisé les principaux fournisseurs d’accès Internet, le directeur général de l’ASIN, M. Marc André Loko, le ministère du numérique et de la digitalisation, le député Malick Gomina et les principaux acteurs de l’écosystème du numérique autour, entre autres, de la nécessité de la mise en place d’un Internet eXchange Point ( IXP ), entendez Point d’Echange Internet pour améliorer la qualité de la connexion au Bénin.

Ghislain Gbènakpon

Les panels de discussion de Bénin DNS Forum 2023 ont le mérite d’avoir permis aux participants de passer en revue les défis et perspectives de la souveraineté numérique au Bénin. Et il en ressort fondamentalement la nécessité voire l’urgence de mettre en place un Point d’échanges Internet qui va permettre aux populations de bénéficier des connexions de qualité et rapides. Pour les experts, le Point d’Echange Internet est un levier stratégique pour l’écosystème Internet et un accélérateur de sa connectivité.

A la faveur d’une interview à la presse, le président de l’association Internet Society chapitre Bénin ( ISOC-BÉNIN ), en a donné de pertinents éclairages. « Nous sommes ici parce qu’on a constaté au niveau de ISOC-BÉNIN, qu’il y a un problème sur le point d’échange Internet. C’est une solution qui rentre dans ce que nous, on appelle la souveraineté numérique. Son rôle est hyper important. Nous avons constaté depuis des semaines, mois et années qu’il y a au Bénin souvent une lenteur générale de la bande passante, de la connexion. Le point d’échanges Internet permet de régler cela. Je vais vous donner un exemple simple. Aujourd’hui, quand vous allez sur internet, des fois, le contenu que vous recherchez est au Bénin. Mais vous allez d’abord aux Etats Unis parce que notre connexion vient de là-bas. La connexion vient chercher l’information au Bénin, repart au Etats Unis et vous la renvoie. Ce qui est trop long. Or le point d’échange Internet qu’est-ce que ça permet? Il suffit que ce serveur, là où vous allez chercher l’information, soit branché sur le point d’échanges Internet. Quel que soit votre opérateur, le système, quand il vient sur le point d’échanges, il se dit que celui là cherche un contenu local. Il ne sort plus. Il va rechercher l’information directement. Si pour aller au Etats Unis et revenir, vous devez faire 300 ms, là par exemple, vous pouvez faire à peine 10 ms. Non seulement vous consommez moins de bande passante, mais c’est encore plus rapide. Ce qui est dans l’intérêt de nous les consommateurs. Et il faut comprendre que cela arrange les opérateurs. Car lorsque quelqu’un va sur Internet chez eux, ils ont aussi des frais à payer même si c’est moins que ce qu’ils prennent chez nous. Mais ça les arrange quand même », a expliqué M. Hervé Hounzandji.

Le président de ISOC-BÉNIN, M. Hervé Hounzandji

Le président de ISOC-BÉNIN expliquera aussi que le point d’échange Internet est un boîtier qu’on doit mettre quelque part et tous les opérateurs viendront brancher leurs connexions: « Donc, nous cherchons des partenaires. On a regroupé les fournisseurs d’accès pour les sensibiliser sur la nécessité pour eux de se mettre ensemble pour que le Point d’Echanges Internet soit opérationnel au Bénin. Car cela implique des frais. En effet, lorsqu’on met un équipement quelque part, il y a des frais de location, il y a l’électricité, la climatisation, la surveillance, donc des frais de fonctionnement. Et c’est tous les opérateurs qui doivent se mettre ensemble pour y contribuer. Le problème que nous avons, est qu’on a besoin d’un soutien politique. Il faut réunir les opérateurs pour leur expliquer le bien-fondé de la chose ».

D’autres thématiques ont été abordées à ce Bénin DNS Forum 2023. Il en est ainsi du nouveau Plan stratégique du Bénin IX, des enjeux économiques et stratégiques de la dualité DSN et Souveraineté numérique, des actions de l’Assemblée nationale pour la souveraineté numérique du Bénin, l’éducation numérique, de l’infrastructure et sécurité numérique, des politiques et règlementations numériques au Bénin et du développement des compétences numériques dans un contexte local. Le coordonnateur du Bénin DNS Forum 2023, M. Roméo Kintohoundji et toute son équipe ont manifestement gagné le pari de la bonne organisation.

Lancement de la plateforme Sécuroute: satisfaction du président Rabiou Gaba

Le président El Hadj Rabiou Gaba

Le ministre du cadre de vie et des transports en charge du développement durable, M. Didier Tonato a officiellement lancé ce jeudi 30 novembre 2023 au palais des congrès de Cotonou, la plateforme Sécuroute pour la gestion efficace du parc automobile du Bénin et le renforcement du respect des obligations des usagers de la route. A la faveur d’une interview à la presse, le président du Syndicat des transporteurs et importateurs non affiliés du Bénin ( SYNTRA-INAB ), El Hadj Rabiou Gaba a exprimé sa totale satisfaction.

Ghislain Gbènakpon

« Il faut avouer que nos rêves sont en train d’être réalisés. Nous avons souhaité ces réformes dans le secteur des transports. Très bientôt, nous aurons la liste des transporteurs légaux et officiels du Bénin. Car jusqu’à une date récente, l’Anatt n’a pas le nombre exact de transporteurs au Bénin. Sécuroute n’est qu’une facilité pour le transporteur qui aspire à faire du transport, un métier. C’est l’outil qu’il faut pour être un bon citoyen. », a déclaré El Hadj Rabiou Gaba.

Le président du SYNTRA-INAB salue l’avènement de la plateforme Sécuroute qui va concrètement contribuer à l’assainissement du secteur des transports en luttant contre les mauvais comportements de certains acteurs véreux: « Vous savez, il y a des transporteurs qui achètent des plaques de camions cassés qu’ils placent à leurs camions et circulent comme tout autre transporteur. Et du moment où il n’a pas fait les formalités, le jeu est faussé. Toi qui as choisi d’être en règle vis à vis des textes de la République et l’autre qui par des subterfuges arrive à rester dans le métier, l’intérêt n’est pas le même. Quel que soit le prix que vous lui proposer, il est prêt à partir. Par contre, celui qui paie tout ce qu’il y a comme taxes ne peut pas tout accepter. Donc comme son nom l’indique, Sécuroute, c’est la sécurité dans le sous-secteur transport. »

3e journées des professionnels d’imagerie médicale : les éclairages du Pdt de l’APSTIM-Bénin Justin Egoubiyi

Le président de l’APSTIM-Bénin, M. Justin Egoubiyi

« Imagerie médicale: du diagnostic au traitement, quelle place dans la prise en charge du patient? » C’est le thème des troisièmes journées des professionnels des sciences et techniques d’imagerie médicale du Bénin qui se tient depuis ce jeudi 30 novembre 2023 au chant d’oiseau de Cotonou. En marge des travaux qui prennent fin ce samedi 2 novembre, le président de l’Association des professionnels des sciences et techniques d’imagerie médicale du Bénin ( APSTIM Bénin) a fait des éclairages sur les assises. C’est à la faveur d’une interview que M. Justin Egoubiyi, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, a donnée à la presse.

Ghislain Gbènakpon

« Nous sommes à nos troisièmes journées des professionnels de l’imagerie médicale. C’est un creuset d’échanges de connaissances entre professionnels . Avec les nouvelles technologies, c’est un métier qui bouge, qui n’est pas stationnaire. Pour que l’esprit soit sagace, nous avons besoin de nous confronter à de nouvelles recherches. Ces genres de rencontres nous permettent d’approfondir nos connaissances antérieures et d’être au pas avec les nouvelles technologies. Plusieurs communications ont déjà été présentées sur l’accueil du patient et d’autres spécialités du domaine. », a expliqué le président Justin Egoubiyi.

Il ressort de ses éclairages que l’APSTIM-Bénin née en 2018 est un creuset des professionnels en imagerie médicale qui comprend, entre autres, la radiologie, l’ecographie, le scanner et l’IRM. Les assises connaissent la participation de délégations des associations sœurs du Mali et du Togo. M. Justin Egoubiyi n’a pas manqué de lancer un appel aux professionnels du secteur: « Mon appel est que chacun à son niveau où qu’il se trouve, soit conscient du rôle qu’il joue en tant que praticien de l’imagerie médicale et qu’il fasse bien sans tenir compte du niveau de vie ou du statut du patient. »


Pratiques de bonne gestion financière: l’ADPME outille une centaine de dirigeants de PME

Une vue de famille des participants

« Les bonnes pratiques de gestion financière des PME » C’est le thème de la session de formation en éducation financière que l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises ( ADPME) a initiée au profit d’une centaine de petites et moyennes entreprises ( PME). Ladite session de formation a été lancée ce mardi 28 novembre 2023 au palais des congrès de Cotonou par le ministre chargé des PME, Modeste Kérékou. Elle prend fin le 9 décembre prochain

Ghislain Gbènakpon

« Doter les hommes et femmes dirigeants des PME des connaissances et des capacités financières nécessaires pour la bonne gestion de leurs affaires » Voilà ainsi déclinée par le directeur général de l’ADPME, M. Edouard Sèhlin, la finalité de cette session de formation. Elle cible 100 dirigeants d’entreprises des secteurs de l’agroalimentaire, des Tic, des énergies renouvelables et du tourisme. Ils sont tous des entrepreneurs disposant d’au moins trois ans d’expérience dans la gestion de leurs entreprises. Quatre modules de formation sont au programme. Il s’agit de surveillance et mesure de la performance financière de l’entreprise, gestion de la trésorerie, financement de la croissance et planification budgétaire.

Le ministre Modeste Kérékou et le DG/ADPME Édouard Sèhlin

Il ressort de l’intervention du DG Édouard Sèhlin que les bénéficiaires ont été sélectionnés et proposés à l’ADPME par les chambres consulaires auxquelles leurs entreprises sont affiliées à savoir, la chambre de commerce et d’industrie du Bénin, la chambre des métiers et de l’artisanat du Bénin et la chambre d’agriculture du Bénin. En lançant la formation qui dure 12 jours, le ministre en charge des PME a souligné le rôle important qu’elles jouent dans l’économie qui justifie l’initiative de renforcement de capacités en éducation financière des dirigeants. « Les PME représentent environ 90 % du tissu économique au Bénin. Dans leur quête de développement, elles font face à des difficultés de tous ordres. Et pourtant, elles constituent la première source d’emploi et de richesse dans nos économies car plus de 80% des actifs travaille dans ces unités », a soutenu M. Modeste Kérékou.

Défilé de mode de clôture du SIA 2023 à Cotonou: le styliste Vodis Koffi du Togo satisfait

Le styliste Vodis Koffi alias Style César du Togo

( La sixième édition de son festival Awougnon Awards l’année prochaine à Lomé )

Au nom des grands noms de la mode ayant présenté à Cotonou des collections de vêtements en indigo au défilé de mode internaticonal de clôture du Symposium sur l’Indigo Africain 2013 ( SIA 2023 ), il y a le styliste togolais Vodis Koffi alias Style César avec sa collection Dénigban. A la faveur d’une interview à la presse au terme du défilé, il a exprimé sa satisfaction avant d’aborder son festival dénommée Awougnon Awards dont la sixième édition aura lieu l’année prochaine à Lomé. Lire ci-dessous les échanges.

Cause Commune: Quelles sont vos impressions au terme de ce défilé de mode de clôture du SIA 2023 auquel vous avez participé à Cotonou dans le cadre de la 11e édition de la Grande Nuit de l’Indigo?

Vodis Koffi: J’ai présenté une collection appelé Dénigban. J’ai beaucoup aimé cet événement surtout que les tissus sont naturels, 100% naturel. J’ai toujours travaillé dans ce tissu couleur indigo. Je remercie la promotrice Nadia Adanlé qui m’a invité pour cette deuxième édition du SIA et si tout va bien, je serai aussi à la troisième édition.

Quel est l’état des lieux du stylisme et de la mode au Togo ?

Le stylisme et la mode au Togo évoluent bien. Je suis promoteur aussi d’un événement nommé Awougnon Awards. C’est un évènement qui prime les veilles gloires qui ont fait plus de 30 ans dans la couture. Et en même temps, on encourage aussi les jeunes à suivre leurs pas. Cela se passe chaque année à Lomé dans le mois de septembre. La cinquième édition a eu lieu septembre dernier. Et l’année prochaine, on sera à la sixième édition.

Propos recueillis par Ghislain Gbènakpon

11e Grande Nuit de l’Indigo à Cotonou :le SIA 2023 clôturé par un défilé de mode international haut en couleurs

Un tableau du défilé international

Après l’effort, le réconfort. La deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023 ) qui a pour promotrice Nadia Adanlé de l’entreprise Couleur Indigo a pris fin en beauté ce samedi 25 novembre avec la 11e édition de la Grande Nuit de l’Indigo à Cotonou dans le jardin Cardinal Bernardin. De grandes figures de la mode de la sous-région et du Japon ont présenté de belles collections de vêtements en indigo dans lesquels ont défilé des mannequins internationaux sous les regards émerveillés d’un public conquis.

Ghislain Gbènakpon

La collection du Nigéria

Mettre Élu Vo et l’indigo d’autres pays africains en lumière et montrer au public ce qu’il est possible d’en faire pour l’inciter à changer ses habitudes vestimentaires. C’est l’objectif principal de cette Grande Nuit de l’Indigo qui a marqué de son bleu indélébile les esprits des participants à la deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023 ). Les grands noms du secteur de la mode du Bénin, du Togo, du Nigéria, de la Côte d’Ivoire et du Japon ont présenté des collections de vêtements qu’ils ont réalisées à partir du Élu Vo ou de tissus indigo de chez eux. Ceux-ci ont été mis en valeur par des mannequins internationaux à travers un défilé riche en sons et en couleurs.

La promotrice du SIA Nadia Adanlé en pleine prestation

A la faveur d’une interview à la presse au terme du défilé, la promotrice du SIA dont la collection Couleur Indigo a été aussi présentée a exprimé sa grande satisfaction. « C’est un sentiment de joie qui m’anime, de très grande joie. Je suis comblée. Les mannequins ont été au top. On n’a pas eu de couac technique. On a fait zéro faute. Et le public était là nombreux. Mes œuvres ont été appréciées, les pièces ont été bien présentées. Je ne peux que rendre grâce et remercier tous les partenaires. L’indigo est en train d’être une fierté nationale. Il y a encore de grands pas à faire et on espère que dans pas longtemps, ce sera une fierté nationale. Ma collection Nobimé de Couleur Indigo, c’est l’écru 100% béninois. L’écru, la plante, le savoir-faire, la transformation, toutes les mains qui ont travaillé sont de Ouidah, du Bénin. Nous avons de quoi être fiers », s’est réjouie Nadia Adanlé. Il faut dire qu’en réalité, le SIA 2023 a pris fin ce dimanche 26 novembre par un défilé à Aného pour la clôture du Festival International de l’histoire d’Aného. Ce fut un beau défilé sur fond de percussion joué par le grand percussionniste Cyril Licyr de la Martinique présent à Aného pour la circonstance.

Une vue des participants avec en première ligne le maître indigotier Murata du Japon

Ils ont dit

Deux autres acteurs de cette 11e édition de la Grande Nuit de l’Indigo à Cotonou se sont confiés aussi à la presse. Il s’agit du styliste togolais Vodis Koffi, alias Style César et du directeur artistique du défilé, John Médard.

Vodis Koffi alias Style César du Togo

« J’ai présenté une collection appelée Dénigban. J’ai beaucoup aimé cet événement surtout que les tissus sont naturels, 100% naturels. J’aimerais toujours travaillé dans ce tissu couleur indigo. Je remercie la promotrice qui m’a invité pour cette deuxième édition du SIA et si tout va bien, je serai aussi à la troisième édition. »

John Médard, directeur artistique

« Je suis très content. Le travail qu’on a abattu ensemble depuis trois mois a payé. Le public est content, les mannequins sont contents. La promotrice et les stylistes invités sont satisfaits du travail. Ce pagne indigo sur le corps des mannequins était paradisiaque comme vous avez pu le remarquer. C’était splendide. On est rassuré aujourd’hui que avec l’indigo, avec le Élu Vo, on a des hommes et des femmes bien habillés. »

3e jour du SIA 2023: des panels de discussions sur l’histoire du textile et les enjeux de la patrimonialisation de l’indigo

Un des panels de discussions

Une journée scientifique d’échanges et de partage de savoir et savoir-faire. C’est ce qu’a été ce vendredi 24 novembre au siège de Couleur Indigo à Ouidah, la troisième journée du Symposium sur l’Indigo Africain, édition 2023 ( SIA 2023 ) avec des conférences animées par des panels de discussions sur, entre autres, l’histoire du textile d’hier à aujourd’hui et le défi de la patrimonialisation de l’indigo surtout auprès de l’UNESCO. Elle a connu la participation d’historiens, de muséologues, de chercheurs et sachants ainsi que d’entrepreneurs d’ici et d’ailleurs en soutien à la promotrice du SIA, Nadia Adanlé. Les travaux ont été lancés par Mme Carole Borna, la représentante du ministre du tourisme, de la culture et des arts ( MTCA).

Ghislain Gbènakpon

La promotrice du SIA Nadia Adanlé

« On a parlé de l’histoire du textile avant la colonisation, de la démarche de la muséalisation, comment l’entreprendre, quels sont les intérêts, un plaidoyer en fait pour la mise en route d’un musée textile dans notre pays. Nous avons eu la chance d’écouter d’éminents professeurs et nous avons aussi eu le directeur du patrimoine culturel qui nous a présenté toutes les dispositions liées à l’UNESCO. Nous avons eu M. William Codjo qui nous a parlé de la politique du gouvernement quant à la place de l’industrie textile dans l’industrie culturelle de façon générale », a expliqué la promotrice du SIA Nadia Adanlé à la faveur d’une interview au terme des travaux.

Le maître indigotier Murata du Japon lors de son intervention en panel

Il faut dire que la journée a pris fin avec une immersion virtuelle dans l’entreprise centenaire du maître indigotier Murata dont il est la quatrième génération au Japon. « Quand on parle de muséalisation, de patrimonialisation et qu’on est en face d’un collègue issu d’une entreprise qui a 104 ans, pour moi, c’est un appel à la persévérance, à la transmission et au passage de relais », a soutenu Nadia Adanlé.

La conseillère technique aux arts du MTCA, Mme Carole Borna

Cette journée scientifique a permis d’élargir les connaissances d’un public avisé en vue de constituer une communauté autour des questions de préservation, de transmission et de patrimonialisation des textiles teints à l’indigo selon le procédé traditionnel en termes de produits et de savoir-faire. « Le gouvernement voudrait vous témoigner sa reconnaissance pour votre combat qui a permis depuis quelques années de revisiter progressivement cette pratique, de la recréer pour ensuite la valoriser. Mieux, mon département ministériel prend déjà les dispositions  pour soumettre les années à venir, une proposition de reconnaissance internationale sous forme de label de cet élément de notre patrimoine culturel. Bien évidemment, une telle entreprise nécessitera la contribution de nos frères de la sous région qui détiennent des variantes de cette pratique », a déclaré au nom du ministre du tourisme, de la culture et des arts, sa représentante, Mme Carole Borna à l’endroit de la promotrice du SIA.

Une vue d’ensemble des participants aux conférences

La deuxième édition du SIA va prendre fin ce samedi 25 novembre à Cotonou avec le défilé international à l’occasion de la 11e édition de la grande nuit de l’indigo qui va mettre en lumière les grands noms de la mode et du mannequinat de la sous-région.

Muséalisation du Élu Vo au SIA 2023: l’Ecomusée inauguré dans la concession des Aniambossou à Ouidah

Coupure du ruban

Après la Place Élu Vo érigée l’année dernière à la première édition en leur honneur, un nouvel équipement vient de voir le jour à Ouidah à la deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023) pour rendre hommage aux braves femmes de la concession des Aniambossou qui ont par le passé mené l’activité de teinture à l’indigo et ont su transmettre leur savoir-faire. La Muséalisation de la marque Élu Vo, tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral par l’entreprise Couleur Indigo est mise en route avec l’inauguration ce jeudi 23 novembre de l’Ecomusée implanté dans ladite concession. C’était sous la houlette du maire de Ouidah, M. Christian Houétchénou. La promotrice du SIA Nadia Adanlé vient ainsi de faire à nouveau œuvre utile.

Ghislain Gbènakpon

Explication des objets de l’Ecomusée par Nadia Adanlé

Les cuves dans lesquelles on fait fermenter les feuilles Élu qui servaient à teindre le tissu à l’Indigo, une cuve usée mais témoin vivant de l’activité qui avait eu lieu dans cette concession, un tissu complètement attaché qui attend juste qu’on le trempe dans la cuve pour commencer son processus de teinture, une pièce réalisée dans cette concession par les femmes de cette concession et dont la régularité des points, la géométrie, la symétrie et l’alignement témoignent de l’expertise dont elles faisaient montre, deux pièces où sont listés tous les noms  de toutes les femmes indigotières de cette concession. Voilà entre autres ce que donne à découvrir l’Ecomusée implanté dans la concession des Aniambossou à Ouidah inauguré dans le cadre de la Muséalisation du Élu Vo à l’occasion de la deuxième édition du SIA.

Nadia Adanlé, promotrice de Couleur Indigo et du SIA

Il faut dire qu’il s’agit d’un petit espace pour immortaliser le passage de l’indigo dans la concession des Aniambossou. C’est un véritable retour à la source pour les visiteurs qui ont l’opportunité de découvrir la tradition ancestrale de la teinture à l’indigo telle qu’elle était pratiquée par les femmes de cette collectivité et ce qu’il en reste. L’écomusée naît le plus souvent autour d’activités en voie de disparition. L’urbaniste et historien du patrimoine et du tourisme, Dr. Sylvestre Edjékpoto, a eu à faire observer que cet Ecomusée dans la concession Aniambossou est un espace qui va ressusciter, restaurer et remettre en musique tout le process de production de l’indigo dans le passé en termes de narration.

« Dans la liste des femmes indigotières de la concession Aniambossou, il y a Assibavinon/de Souza, Dânou Cotonouton, Dânou Mouninon, Dânou Dounin, Dânou Ahodénon, Nannan Navor, dada Falinon, Dânou Ahonon Déhinon, Nannan Ayayibonon, dada Kpaliméton. Et c’est dada Kpaliméton que j’ai beaucoup fatiguée dans cette maison à lui poser 10.000 questions. Ce que nous allons voir n’est pas encore la version définitive. Mais ça nous permet de sortir ces objets utilisés par ces braves femmes de l’oubli qui était comme une épée de Damoclès sur leurs têtes », a expliqué la promotrice du SIA Nadia Adanlé.

Une initiative fortement saluée

La collectivité Aniambossou
Le chef de la collectivité Aniambossou, M. Baba Oladikpo Aniambossou

Comme on pouvait s’y attendre, la collectivité Aniambossou a exprimé sa profonde gratitude et sa pleine reconnaissance à Nadia Adanlé pour cette initiative de Muséalisation de Élu Vo. « Notre riche patrimoine culturel et même cultuel est repris, amélioré, embelli, médiatisé à travers le monde, apprécié et aimé de  plus en plus de tous grâce au dynamisme, à la dextérité, au courage, à l’abnégation et au sens du sacrifice de l’une des nôtres, fille de Ouidah, formée dans cette maison Aniambossou par les dernières indigotières de notre collectivité: Nadia Adanlé », a déclaré dans son allocution, le chef de la collectivité Aniambossou, M. Baba Oladikpo Aniambossou qui a rebaptisé pour ainsi dire la promotrice de l’entreprise Couleur Indigo « Nadia Adanlé Aniambossou ».

Le maire de Ouidah, M. Christian Houétchénou

Le maire de la ville de Ouidah a aussi réaffirmé son soutien à l’initiative de Mme Nadia Adanlé. « La première action et l’action principale que j’ai choisie de faire, c’est d’inscrire dans le patrimoine touristique de la ville de Ouidah, la route de l’indigo. Qu’est-ce qu’il nous faut pour inscrire l’indigo dans le patrimoine touristique si ce n’est la valorisation du patrimoine ancestral, les lieux de représentation et aujourd’hui les centres de modernisation et d’exposition. On a aujourd’hui tout ce qu’il nous faut. L’Ecomusée, la Place dédié aux indigotières, la représentation de ces braves femmes qui ont fait perpétuer cette tradition, l’histoire qu’elle est en train d’écrire progressivement et aujourd’hui ce qu’on en fait en termes de modernité. Tout ce qu’il nous faut est là. C’est pour cela que je suis heureux. Car j’ai tout ce qu’il nous faut pour contribuer à faire de Ouidah, l’une des plus grandes villes touristiques de l’Afrique de l’Ouest », s’est réjoui M. Christian Houétchénou.

2e édition du Symposium sur l’Indigo Africain: les manifestations lancées pour la Muséalisation du Élu Vo

Une vue de famille partielle des participants

( La fibre indigo renforce le lien entre Ouidah et Aného)

La deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023 ) consacrée à la Muséalisation de la marque Élu Vo, tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral a été lancée ce mercredi 22 novembre 2023 au siège de Couleur Indigo à Ouidah. C’était sous la houlette du préfet de l’Atlantique, M. Jean-Claude Codjia . Le lancement a été marqué par la parade de costumes identitaires des cinq pays représentés à savoir le Togo, le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Japon. La présence notable du maire d’Aného au Togo, M. Alexis Coffi Aquéréburu est l’expression du renforcement des liens entre sa commune et Ouidah, berceau de l’Indigo au Bénin.

Ghislain Gbènakpon

La promotrice Nadia Adanlé lors de son intervention

« Il s’agit de dresser un état des lieux informationnel qui va contribuer à construire une communauté scientifique et intellectuelle autour de la thématique et d’initier les bases effectives de cette muséalisation qui nous est capitale », a déclaré dans son mot de bienvenue, la promotrice de l’entreprise Couleur Indigo et du SIA Nadia Adanlé pour mettre en relief l’objectif de cette deuxième édition. Et il ressort de son intervention que ce Symposium est le fruit d’un travail de préparation minutieux et de  collaboration entre de nombreux acteurs clés dont des chercheurs, des universitaires, des professionnels et représentants gouvernementaux et des entrepreneurs issus de divers domaines tous animés par la volonté de mieux comprendre et de faire de cette muséalisation, une réalité au Bénin.

Une vue partielle du participants
Le préfet Jean-Claude Codjia

Il faut dire que la Muséalisation va prendre corps dans l’après-midi de ce jeudi 23 novembre avec la mise en route de l’Ecomusée dans la concession des Aniambossou à Ouidah qui a été par le passé, le foyer ou le siège de la teinture à l’indigo selon le procédé traditionnel. « Cet équipement sera un témoin vivant, vibrant et vivace de ce passé plus de 40 ans en arrière, de cette présence bleue, très bleue, carrément bleue indigo dans notre chère commune », a soutenu Nadia Adanlé. Mais déjà dans la matinée, il y a la formation des formateurs sur l’art de la teinture à l’indigo japonais par un maître indigotier venu du pays du soleil levant. L’objectif est d’échanger et de partager des expériences, d’offrir de nouvelles perspectives de collaboration et de développer de réels partenariats avec d’autres indigotiers. La parade remarquable de costumes identitaires à l’ouverture a d’ailleurs montré au public les richesses culturelles des cinq pays représentés en termes de tissus et donné un avant-goût des évènements qui marqueront le SIA 2023; avec pour apothéose ce samedi 25 novembre à Cotonou, le défilé international qui va mettre en lumière les chefs-d’œuvre de grands noms de la mode et du mannequinat de la sous-région à partir de Élu Vo.

La parade de costumes identitaires des pays participants

Quand le fibre indigo tisse un lien fort entre Aného et Ouidah

« Je dirai un merci filial au maire d’Aného qui avec la fibre indigo voudrait tisser un toile solide entre Aného et Ouidah », a déclaré la promotrice du SIA à l’endroit du maire Alexis Coffi Aquéréburu qui a fait le déplacement. Dans son intervention de circonstance, ce dernier a salué l’initiative du SIA qui permet de célébrer le pagne indigo aux multi couleurs, qui montre que l’Afrique connait la géométrie, le dessin, le mariage des couleurs, comment est-ce qu’on peut transformer le blanc et le mettre sous différentes couleurs.

Le maire d’Aného Alexis Coffi Aquéréburu

Il faut dire que pour le maire d’Aného, la teinture à l’indigo est effectivement un art. « Et ce que fait aujourd’hui Nadia Adanlé, c’est de transmettre cet art de générations en générations, de le sublimer pour que l’Afrique aille à la conquête du monde, que cet art serve de trait d’union et que l’Indigo soit pérennisé dans le temps. Elle utilise le pagne pour créér un lien entre deux villes sœurs Aného et Ouidah qui ont des traditions historiques communes. C’est une nouvelle dimension du pagne qu’elle nous apporte. Le pagne comme trait d’union, le pagne comme créateur de lien historique, le pagne comme enrichissement de valeurs culturelles », a déclaré Alexis Coffi Aquéréburu.

Paix, Sécurité, Agendas 2030 et 2063: Concertation entre les ambassadeurs Francis Oké et Parfait Onanga-Anyanga

SEM Francis Oké et Parfait Onanga-Anyanga se donnent la main

La CEDEAO et l’UNOAU se donnent la main pour renforcer leur collaboration conjointe. En effet, ce 17 novembre 2023, SEM Parfait Onanga-Anyanga, RSSG a reçu l’Ambassadeur Francis OKE, Représentant permanent de la CEDEAO auprès de l’UA et de la CEA.

Les deux dirigeants ont échangé sur une évaluation rapide du Cadre conjoint ONU-UA de 2017 pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité et du cadre UA-ONU de 2018 pour la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et de l’Agenda 2030 et sur la manière d’assurer une collaboration efficace et percutante à régional etAu niveau des États membres. Ils ont en outre mis l’accent sur la manière de revitaliser et d’assurer les engagements techniques avec les pays de la CEDEAO en transition avec un nouveau récit et une éventuelle ingénierie du système.