Grande Nuit de l’Indigo en clôture du SIA 25: la collection sup’ɛlu révèle l’immensité de la créativité à Couleur Indigo

La promotrice Nadia Adanlé

Après les journées scientifiques faites de conférences-débats et de panels de discussions, les rideaux sont tombés le samedi 29 novembre 2025 à Indigo Village sur la quatrième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 25 ) avec la 13eme édition de la Grande Nuit de l’Indigo. Celle-ci a été marquée par le traditionnel défilé de mode aux standards internationaux au cours duquel la collection sup’ɛlu du Élu Vo a révélé l’immensité de la créativité à Couleur Indigo. Le SIA 25 a accouché d’importantes recommandations rendues publiques par la promotrice Nadia Adanlé.

Ghislain Gbènakpon

« Le message derrière sup’ɛlu c’est qu’aujourd’hui, on n’a pas de limite.  La créativité n’a pas de limite et on n’a pas de limite dans le travail de l’indigo.  On ne peut pas faire économie de beauté, de brillance, de fraîcheur, d’audace en parlant de l’indigo. C’est ce que sup’ɛlu a voulu nous montrer. On est allé très loin dans la précision et la finesse des motifs. Et c’est aussi montrer un degré d’expertise et voir tous les horizons qui restent à explorer. Souvent je dis que l’Indigo est bleu et rien de bleu dans la nature n’est petit. Il n’y a pas de raison que notre Indigo soit petit », a expliqué la promotrice Nadia Adanlé à la faveur d’une interview à la presse au terme du défilé de mode de la 13e édition de la Grande Nuit de l’Indigo.

D’autres tableaux ont été présentés par des mannequins de renom. Il y a eu d’abord, les costumes des Bahiana au Brésil dont la journée nationale était célébrée le 25 octobre dernier, ensuite, une mode écoresponsable où tous les costumes ont été montés à partir des chutes de tissus, la collection couture sans oublier le tableau avec el’gouda, la nouvelle gamme de élu vo qu’est le tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral par Couleur Indigo. Pour rappel, el’gouda est inspiré d’un inventaire de bâtiments afro brésiliens dont certains ont été transposés sur du elu vo afin d’en préserver l’âme. La quatrième édition du SIA a eu une résonnance brésilienne très prononcée. C’est ainsi que la Grande Nuit de l’Indigo 2025 a démarré avec la salutation des  Ganhadeiras  qui à l’origine, explique Nadia Adanlé, « sont des femmes parties de nos côtes et qui ont gardé comme activité principale, la préparation du ata et avec les fruits de leur vente qu’elles partageaient en partie avec leurs maîtres, elles ont pu acheter leur liberté et la liberté d’autres personnes mises en esclavage »

Les recommandations du SIA 25

La création d’un closer scientifique pour se réapproprier tout le narratif autour de ce savoir-faire et autour de ce textile tel qu’il a existé avant l’arrivée des colons; la création d’un courant artistique qui aurait pour pilier l’indigo; la mise en place d’un musée virtuel avant d’avoir le musée physique; une triangulation entre le Bénin, le Brésil et le Nigeria en écho au commerce triangulaire mais en créant une route de l’indigo; la documentation de toutes les réflexions menées depuis la première édition à travers des masters ou des thèses de doctorat à financer. Ce sont les recommandations du SIA 25 présentées par la promotrice à l’entame de la 13 édition de la Grande Nuit de l’Indigo.

Nadia Adanlé n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction au terme des travaux. « Pour nous, c’est une satisfaction de réaliser que sur un travail ancestral, purement artisanal, on arrive à arrimer à notre cause, d’historiens de renom, des muséologues, des architectes du patrimoine, des traditionalistes, des spécialistes de gestion de patrimoine. Le public m’a agréablement surprise parce que nous avons lancé le Symposium en semaine un mercredi; nous sommes quand-même en dehors de la Capitale et le public a répondu présent. Nous avons fait les trois demi journées scientifiques et le public était encore là. Et l’apothéose pour la Grande Nuit, vous avez vu vous-même le nombre. Ça veut dire que de la même manière que le tissu gagne du marché et cela est de plus en plus visible, de cette même manière, le public devient de plus en plus grand. C’est une courbe parallèle à celle de l’évolution de la part des marchés du Élu Vo aujourd’hui », a-t-elle déclaré face à la presse.

Abomey/Bénin: le marché moderne de Houndjro inauguré

Coupure du ruban

Les usagers de la principale infrastructure marchande d’Abomey en général et les femmes en particulier peuvent désormais vendre dans la dignité, travailler en sécurité et prospérer avec justice. Le marché moderne de Houndjro a été inauguré ce samedi 29 novembre avec une portée hautement historique par le ministre de l’industrie et du Commerce, Mme Shadiya Assouman. C’était en présence des personnalités politico-administratives et des têtes couronnées de la localité mobilisées par l’Agence nationale de gestion des marchés ( ANaGeM ).

Ghislain Gbènakpon

Une capacité d’accueil de 1756 espaces de vente, comprenant 1 484 étals primeurs, 238 boutiques, ainsi que 34 restaurants et maquis offrant diversité et convivialité, trois blocs administratifs, une infirmerie, une chambre froide, un monte-charge, et
plusieurs locaux techniques pour un fonctionnement optimal et sécurisé, des sanitaires modernes conçus pour garantir à tous, un confort adapté et un niveau d’hygiène irréprochable. Voilà les principales caractéristiques du marché moderne de Houndjro qui vient d’être inauguré. « Je pense à toutes celles qui, pendant des décennies, ont exercé sous le soleil, la poussière, la pluie, parfois dans des conditions difficiles. Aujourd’hui, grâce à la vision du président Patrice Talon, elles prennent place dans un marché structuré, assaini, organisé et  porteur d’avenir », a déclaré la DG Eunice Loisel Kiniffo.

La ministre Shadiya Assouman

Il faut dire que de par sa portée historique, le marché de Houndjro, né de la mise en valeur d’un butin de guerre rapporté de la région Mahi à savoir le Aïzan, fétiche protecteur, n’est pas le même que les autres marchés. La ministre de l’industrie et du commerce fait observer que lorsque le Roi Guézo institua ce marché autour de 1820, il en fit un symbole : le lieu où l’effort devient richesse, où le courage devient prospérité, où le butin devient économie. « L’État, sous l’impulsion du Président de la République, le Président Patrice Talon, a voulu que chaque infrastructure marchande rénovée porte en elle trois dimensions essentielles : la dignité des commerçantes et des commerçants – la sécurité et la salubrité des espaces de vente – et la valorisation de notre patrimoine culturel. Le marché Houndjro remplit ces trois missions. Et il en porte une quatrième : la mémoire. », a soutenu Shadiya Assouman.

La DG Eunice Loisel Kiniffo

La DG Eunice Loisel Kiniffo assure que l’ANaGeM sera présente au quotidien pour garantir la qualité du service public marchand au niveau de cette infrastructure flambant neuf qui concilie modernité et préservation des traditions à travers le Aïzan qui y trouve naturellement sa place. Elle n’a pas manqué de rappeler aux usagers et à tous les acteurs concernés, qu’un marché moderne est aussi un espace d’ordre, de discipline et de responsabilité collective: « C’est pourquoi j’en appelle dès aujourd’hui à l’engagement de chacun: aux usagers pour adopter les bonnes pratiques d’occupation des espaces, aux représentants de marché pour maintenir un climat de concertation et de cohésion, aux autorités locales et à la police républicaine pour soutenir les efforts de régulation et à l’ANaGeM pour intensifier la supervision, assurer l’entretien, la sécurité, la maintenance et veiller au respect strict des règles établies »

Indigo africain: le nouveau siège social de Couleur Indigo accueille le SIA 2025 sous un prisme transatlantique

Coupure du ruban à l’inauguration de Indigo Village

La quatrième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2025 ) a été lancée ce mercredi 26 novembre 2025 pour quatre jours sous un prisme transatlantique à Indigo Village, nouveau siège social de Couleur Indigo inauguré à l’occasion. Sa portée transatlantique se matérialise par le lancement de  el’gouda, la nouvelle gamme de ἑlu vƆ, tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral par Couleur Indigo. Avec le soutien de la marraine Olga Dagnon, du préfet de l’Atlantique Jean-Claude Codjia et du partenaire Afrique Décide, la promotrice Nadia Adanlé a réussi une forte mobilisation des professionnels du textile et autres acteurs du secteur artisanat autour de l’évènement.

Ghislain Gbènakpon

Allocution de la promotrice Nadia Adanlé

« Après la professionnalisation, la Muséalisation du ἑlu vƆ, l’Exploration des signes non formels de Préservation, de Transmission et de Protection des savoir-faire liés à l’Indigo, cette 4ème édition du Symposium sur l’Indigo Africain reprend la même démarche et se penche cette fois-ci sur l’indigo transatlantique, mémoires croisées Bénin, Brésil, Nigéria », a expliqué la promotrice du SIA et de l’entreprise Couleur Indigo, Nadia Adanlé dans son allocution de circonstances.

La marraine de l’événement Olga Dagnon a précisé que c’est Fort des découvertes de l’exploitation l’année dernière des signes non formels de sa préservation et de sa transmission que cette nouvelle édition donne une occasion de suivre les circulations de ce savoir-faire au-delà de l’Afrique et de comprendre comment, malgré les déchirures du passé, il a résisté, s’est adapté et finira par tisser encore un lien entre ces trois territoires historiques que sont le Bénin, le Brésil et le Nigeria. A cet effet, au cours des journées scientifiques au programme du SIA 2025, des historiens spécialisés animent des panels de discussions sur la place de l’indigo et la transmission des savoir-faire dans la traite transatlantique.

el’gouda, la nouvelle gamme de elu vo lancée

Des Élu vo de la nouvelle gamme el’gouda

Il faut dire qu’au-delà du lien relatif au savoir-faire textile entre l’Afrique et les afro-descendants en l’occurrence les afro brésiliens, il subsiste un autre lié à l’architecture.  « Cette dernière a fait l’objet d’un inventaire de bâtiments afro brésiliens dont certains en état de ruine ont quand-même inspiré la gamme el’gouda de ἑlu vƆ,. La structuration de ces formes a donné vie à des motifs sculpturaux. Certains des bâtiments ont été transposés sur du ἑlu vƆ afin d’en préserver l’âme », a soutenu Nadia Adanlé. Les acteurs à divers niveaux du secteur textile et autres inconditionnels des créations de Couleur Indigo ont pu apprécier à l’ouverture de la quatrième édition du SIA, les différents motifs de cette nouvelle gamme ἑlu vƆ, ainsi lancée. Celle-ci sera ce samedi 29 novembre au cœur de la 13eme édition de la Grande Nuit de l’Indigo en clôture du SIA 2025 à travers un défilé de mode aux standards internationaux.

Indigo Village, le nouveau siège de Couleur Indigo inauguré

Créée en 2007, Couleur Indigo poursuit désormais la promotion du tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral à son nouveau siège Indigo Village au bord du lac Toho à Tchiakpècodji dans la commune de Ouidah. « Indigo Village que nous inaugurons ce jour représente le creuset par excellence de ce savoir-faire patrimonial : la teinture à l’indigo selon le procédé ancestral. Chaque pièce créée ici raconte une histoire alliant techniques transmises de génération en génération et respect profond pour la nature et l’Homme. Ce site regorge d’une biodiversité aussi bien au niveau de flore que de la faune », se réjouit la promotrice Nadia Adanlé

Pour le préfet de l’Atlantique, Jean Claude-Codjia, Indigo Village constitue un sanctuaire du patrimoine textile, un centre de formation pour la jeunesse, un laboratoire d’innovation culturelle et un lieu de rencontre des cultures africaines et afro-descendantes. C’est donc à raison que la marraine exhorte tout le monde à soutenir ce projet de Nadia Adanlé. « Puisse Indigo Village marquer une nouvelle ère pleine de succès pour Couleur Indigo. Je vous invite à soutenir massivement ce projet qui pour nous et pour les générations futures, est un lieu où la mémoire, mais surtout, l’avenir du bleu de notre héritage partagé est préservé », a déclaré Olga Dagnon.

La promotrice Nadia Adanlé fait visiter Indigo Village à ses hôtes
Un des ateliers de confection du Élu Vo à Indigo Village

Djougou : des tisserandes en formation pour protéger et valoriser leurs œuvres artisanales

Le siège du Centre de formation Espace Tissage de Djougou a ouvert ses portes à une formation qui pourrait redéfinir l’avenir des tisserandes de la commune. Une cinquantaine de tisserandes de la localité ont entamé une formation spécialisée axée sur le rôle des dessins et modèles dans la protection et la valorisation des œuvres artisanales.

Initiée par la Structure Nationale de Liaison avec l’OAPI (SNL-OAPI), entité technique relevant de la Direction du Développement Industriel du Ministère de l’Industrie et du Commerce, cette session marque une nouvelle étape dans la professionnalisation et la sécurisation des créations artisanales locales.

Un renforcement décisif pour les créatrices locales

Pendant deux jours, les participantes seront outillées par M. Sarhabilou Roufaï Adékambi, Responsable de la SNL-OAPI, accompagné de son équipe. Ensemble, ils leur présenteront un guide stratégique conçu pour aider chaque tisserande à transformer sa créativité en avantages économiques durables, grâce à une meilleure maîtrise des outils de protection intellectuelle, des modèles-types et des procédés de création authentiques. Ces tisserandes ne sont pas des novices. Elles sont toutes membres d’une association accompagnée l’année dernière par le Ministère de l’Industrie et du Commerce dans le cadre de son programme d’appui à la valorisation des métiers artisanaux. Cette deuxième édition vient donc renforcer des compétences déjà amorcées, dans une logique de consolidation et d’autonomisation.

Des modules techniques pour améliorer la qualité et l’originalité des œuvres
Au programme il y a la compréhension du rôle des dessins et modèles dans la propriété intellectuelle, la création et l’amélioration de modèles-types, les techniques pour rendre les œuvres plus authentiques, personnalisées et compétitives et  les bonnes pratiques pour protéger la production contre la contrefaçon. La formation alternera séances théoriques et exercices pratiques, permettant aux tisserandes de manipuler les outils, d’expérimenter de nouveaux motifs et d’adopter de meilleures méthodes d’identification de leurs créations.

Un nouveau souffle pour la filière artisanale à Djougou

En renforçant les capacités de ces femmes créatrices, le Ministère de l’Industrie et du Commerce avec à sa Mme Alimatou Shadiya ASSOUMAN , à travers la SNL-OAPI, continue d’œuvrer pour une meilleure structuration de la filière artisanale et une valorisation durable des savoir-faire locaux. L’enjeu est de taille : faire des œuvres des tisserandes de Djougou des créations mieux protégées, plus visibles et plus compétitives sur les marchés national et international.

Dialogue social et Respect du droit de travail: employeurs et travailleurs de Portéo BTP sensibilisés par la COSI-Bénin et la CGTB

Une vue de la séance de sensibilisation

Une séance de sensibilisation sur le respect du droit du travail au service du développement des entreprises du secteur bois et bâtiment à travers le dialogue social. C’est l’initiative qu’ont prise la COSI-Bénin et la CGTB au profit de plus de 200 travailleurs de Portéo BTP et leurs employeurs rassemblés à Glo Djigbé.

Ghislain Gbènakpon

Le rôle et la responsabilité des employeurs et des travailleurs en matière de sécurité santé au travail ( SST ), les questions d’assurance maladie accident et le nécessaire besoin d’instaurer un climat de dialogue social constructif entre les deux parties. Voilà les thématiques sur lesquelles la délégation conjointe de la COSI-Bénin et de la CGTB a entretenu les responsables de Portéo BTP et leurs travailleurs. Les échanges ont été participatifs avec des questions d’éclaircissement sur certaines notions et d’importantes contributions à la réflexion de leur part.

Il faut dire que cette séance de sensibilisation qui a eu lieu en présence de certains délégués du personnel de Portéo BTP a été fructueuse et offre des perspectives heureuses pour l’instauration et le renforcement d’un cadre de dialogue social constructif au sein de cette entreprise. La preuve est que l’une des doléances des travailleurs- relative à la formalisation de la célébration de la fête du 1er mai- a été satisfaite par l’administration après cette séance.

Résilience alimentaire : les jardins de case du projet CASCADE portés par les femmes changent la donne

À l’ombre des baobabs et manguiers dans les communes de l’Atacora et du Borgou, un mouvement discret mais puissant prend racine : celui des femmes qui cultivent l’avenir par la force de leurs mains. Grâce à l’approche FFBS (Farmers Field and Business School) du projet CASCADE mis en œuvre par le consortium CARE Bénin-Togo et GAIN, avec l’appui opérationnel des ONG ERAD et SIAN’SON et l’appui institutionnel des autorités locales et acteurs stratégiques aux niveaux décentralisés (Mairie, DDAEP, C-GUPS, ATDA, CCeC), des femmes membres de coopératives locales ont transformé leur quotidien en cultivant l’autonomie, une graine à la fois.

Jardins de case, potagers communautaires, champs de maïs enrichis au compost naturel, transformation, production et vente de farines enrichies sont des activités mises en place par ces dames qui réinventent leur quotidien face à l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Ces espaces de production ne sont pas seulement agricoles, ils sont aussi sociaux, économiques et écologiques. De la tomate au piment en passant par les légumes tels que la carotte, les feuilles de laitues, les choux, le gombo, la grande morelle, ainsi que l’arachide, les lentilles, le niébé et bien d’autres produits vivriers, les femmes y font elles-mêmes les pépinières, installent des grillages pour protéger leurs cultures, et adoptent des pratiques agroécologiques durables. Malgré les défis auxquels elles sont confrontées chaque jour à savoir les inondations, la sécheresse, le manque d’infrastructures pour le stockage des produits vivriers, elles persistent, innovent et s’organisent de manière à utiliser les ressources issues de ces productions pour nourrir leurs familles, générer des revenus et renforcer la place des femmes dans les dynamiques communautaires. Dans ces localités, la terre devient source de résilience.

De la terre à l’assiette…

Dans ces coopératives, une partie des récoltes issues des jardins de case, potagers et champs de maïs est directement utilisée dans les foyers, assurant aux familles une alimentation plus saine, plus variée et plus régulière. Des légumes riches en nutriments sont intégrés aux repas afin que ceux-ci soient plus équilibrés et assure le plein de croissance aux tout-petits. Cette autosuffisance alimentaire réduit également la dépendance aux marchés.

“Je ne demande plus de l’argent à mon mari pour l’achat de produits vivriers. Mon jardin me donne ce qu’il faut. J’utilise donc les produits issus de ma récolte pour faire nos repas et cela me permet de savoir que nous consommons des aliments sains et renforce mon rôle au sein du foyer à travers les prises de décisions dans le ménage du fait que j’ai également un apport.” témoigne Adiza DANKORO, membre de la coopérative SURU TIM A de Nikki.

La terre, pour générer des revenus et être autonome…

Outre les repas quotidiens, les produits vivriers issus des récoltes alimentent aussi des marchés locaux, et servent également pour des projets de transformation artisanale.

Dans la localité de Boukombé, les femmes de la coopérative MARANATHA ont procédé à la transformation de l’arachide en farine enrichie, en y ajoutant du soja, de la noix de cajou et du maïs grillé. Ce mélange, riche en protéines et en lipides, est utilisé pour nourrir les enfants en bas-âge et lutter contre la malnutrition.

Solange N’DAH, membre de la coopérative MARANATHA à Boukombé partage avec nous son expérience, ses motivations et les résultats concrets de ce projet de transformation agroalimentaire.

« Avec la farine que je prépare moi-même, je peux nourrir mon bébé sans trop dépenser. Je recommande également cette farine aux femmes dont les enfants sont malnutris qui en achètent auprès de notre coopérative pour nourrir leurs enfants. Cela a servi à accroître le chiffre d’affaires de notre coopérative cette année et je suis convaincue qu’à la fin de ce cycle, le bénéfice que nous partagerons qui était de 100 000F CFA l’an dernier pourrait atteindre 400 000F CFA grâce à la vente de la farine enrichie. »

Hormis la production agricole, le rendement agricole est également favorable à ces femmes, grâce aux techniques de l’approche FFBS qui globalement est une expérience réussie pour le projet CASCADE. Dans toutes les localités, on note une augmentation de la production agricole. À Tempégré dans la commune de TOUCOUNTOUNA, Pauline, présidente de la coopérative YERINAYO nous assure que pour une récolte d’un demi-hectare l’année dernière qui lui a donné une production de 4 sacs de maïs, elle est passée à une production de 6 sacs de maïs cette année, rien qu’avec le huitième de l’hectare en n’utilisant que du compost pour la semence qui assure également une meilleure conservation des produits.

Les potagers au service des cantines scolaires…

À Boukombé et Nikki, la solidarité pousse aussi dans les jardins. Bien que disposant de moyens financiers limités, les femmes des coopératives locales ont trouvé une manière concrète de soutenir les cantines scolaires : elles offrent une partie de leurs récoltes pour nourrir les enfants.

Ce geste, né d’un élan communautaire de solidarité, répond à la réalité préoccupante de nombreux élèves qui ne peuvent s’acquitter de la modeste contribution journalière de 25 francs CFA pour leur repas. Les femmes ont donc décidé d’agir, afin de soutenir la contribution journalière de certains enfants.

“Nous savons ce que c’est que d’avoir faim. Si nos enfants ne mangent pas, ils ne peuvent pas apprendre. Alors, ensemble avec les femmes des coopératives, on donne ce qu’on peut et on contribue aussi à la qualité hygiénique des repas de nos enfants ”, explique Awoulatou ADEWOBI ISSIFOU, présidente AME (Association des Mères d’élèves) et membre d’une coopérative à Nikki. 

Les produits vivriers issus des jardins de case et des champs communautaires sont acheminés vers les écoles, parfois de façon informelle, parfois dans le cadre d’un partenariat avec les responsables des cantines. Ce soutien permet de compenser les déficits alimentaires et de soutenir les femmes qui s’attèlent à la cuisine pour garantir un repas chaud par jour aux enfants.

Au-delà de l’impact nutritionnel, cette initiative renforce les liens entre les coopératives et les établissements scolaires, tout en valorisant le rôle des femmes.

Les potagers qui soignent…

En plus des légumes et céréales destinés à l’alimentation, certaines femmes cultivent également des plantes aux vertus médicinales, héritées de savoirs traditionnels transmis de génération en génération.

Feuilles de neem, citronnelle, basilic africain, feuilles d’hibiscus blanc… Ces plantes sont précieusement entretenues, récoltées et transformées en infusions. Elles sont utilisées pour soulager les fièvres, les douleurs abdominales, certaines infections respiratoires ou encore les troubles digestifs. Dans des zones où l’accès aux soins médicaux reste limité, ces remèdes naturels jouent un rôle essentiel.

Ce volet médicinal des potagers renforce l’autonomie sanitaire des familles, tout en valorisant les savoirs locaux. En cultivant ces plantes, les femmes ne font pas que perpétuer une tradition : elles adaptent leurs pratiques à leurs besoins, avec une approche intégrée de la santé, où l’agriculture devient un outil de prévention et de soin.

Grâce à l’approche FFBS du projet CASCADE, financé par le ministère des Affaires étrangères du royaume des Pays-Bas, les femmes des communes de l’Atacora et du Borgou demeurent des modèles de résilience. Leur engagement silencieux mais puissant redéfinit les rôles, renforce les solidarités et montre la capacité de ces femmes à transformer des ressources simples en solutions durables.

Budget 2026 : la Ministre Alimatou Shadiya Assouman défend une enveloppe de 8,93 milliards FCFA pour l’industrie et le commerce au Bénin

La ministre Shadiya Assouman

2026, une nouvelle année de grands défis pour le Ministère de l’Industrie et du Commerce au Bénin. C’est ce qui ressort du budget 2026 qu’a présenté et défendu ce mardi 25 novembre 2025 à l’Assemblée nationale, la ministre Alimatou Shadiya ASSOUMAN. Une présentation marquée à la fois par la rigueur, la vision et une détermination affirmée à accélérer la transformation structurelle du secteur.

Avant d’aborder ses projections, la Ministre est revenue sur l’exécution du budget 2025, dont la dotation globale s’élevait à 6,34 milliards FCFA. Un budget exécuté avec discipline et orienté vers l’amélioration de l’environnement commercial, la promotion du Made in Benin et le renforcement de la compétitivité des entreprises locales.

Un budget en forte progression pour accompagner les ambitions du secteur

Pour l’année 2026, le Ministère de l’Industrie et du Commerce sollicite une enveloppe de 8,93 milliards FCFA, soit une augmentation significative de 40,73 % par rapport à 2025. Une progression qui reflète l’ampleur des réformes engagées et les défis qui attendent un secteur stratégique pour la diversification économique du pays.

Ce budget se répartit comme suit: 5,78 milliards FCFA pour le Programme Commerce, 1,84 milliard FCFA pour le Programme Pilotage et soutien aux services, 1,30 milliard FCFA pour le Programme Industrie. Ces ressources serviront à mieux encadrer les acteurs du commerce, soutenir les entreprises industrielles naissantes ou en croissance, mais aussi renforcer les capacités institutionnelles du ministère.

2026 : des actions structurantes et des innovations majeures

Présentant les grandes orientations, la ministre ASSOUMAN a insisté sur les avancées attendues en 2026, notamment la poursuite de la modernisation des infrastructures marchandes, l’adoption du projet de Code de la Consommation, un instrument clé pour la protection des ménages, l’opérationnalisation de l’Autorité de Mise en Consommation (AMC) et de l’Autorité Nationale de la Concurrence (ANC), la mise en place d’un système national de traçabilité des produits, garantissant qualité et sécurité pour les consommateurs, la promotion accrue des produits locaux, la finalisation de la stratégie nationale de promotion des produits locaux, la finalisation des neuf stratégies filières de la Stratégie Nationale d’Exportation (SNE) et la vulgarisation de la stratégie nationale de mise en œuvre du e-commerce, secteur en forte croissance. Des projets structurants qui permettront, selon la ministre, de renforcer davantage la compétitivité des entreprises béninoises, tout en consolidant la confiance des consommateurs.

Une vision saluée par les députés

À l’issue de la présentation, les députés ont unanimement salué les efforts déployés en 2025 et les innovations majeures intégrées dans le budget 2026. Plusieurs élus ont félicité la ministre Alimatou Shadiya ASSOUAMN pour la cohérence de sa stratégie, la clarté des priorités définies et l’impact tangible des réformes sur le terrain.

Ils ont également encouragé la poursuite des actions inscrites dans les cinq axes prioritaires du ministère, axes qui traduisent la volonté du gouvernement de consolider les acquis du PAG I et de renforcer la mise en œuvre du PAG II dans les domaines essentiels du commerce et de l’industrie.

Ministère de l’Industrie et du Commerce: le processus d’élaboration du plan stratégique 2026-2030 lancé

La ministre Shadiya Assouman

Le ministère de l’industrie et du commerce ( MIC ) va bientôt disposer de son Plan Stratégique pour la période 2026-2030. Le processus de son élaboration a été lancé ce lundi 24 novembre 2025 à la faveur d’un atelier méthodologique dans les locaux du ministère à Cotonou sous la houlette du directeur de cabinet M. Laurent Akpo.

Ghislain Gbènakpon

Le Directeur de cabinet Laurent Akpo

Décliner séquentiellement les politiques nationales, y compris celles du PAG, dans la planification sectorielle, assurer une allocation efficiente des ressources publiques selon les priorités retenues, garantir une visibilité à moyen terme de l’action ministérielle, suivre l’évolution des performances à travers des indicateurs précis, clarifier et harmoniser les fonctions des différentes structures opérationnelles, intégrer les problématiques émergentes issues des mutations institutionnelles, économiques et sociales, repositionner efficacement les directions techniques et redéfinir leurs missions. Voilà ainsi décliné par le directeur de cabinet, M. Laurent Akpo, ce que va permettre le Plan Stratégique du ministère de l’industrie et du commerce dont le processus d’élaboration vient d’être offfociellement lancé.

Une vue partielle des participants à l’atelier méthodologique

Le représentant de l’autorité ministérielle a fait observer que le MIC dispose déjà de plusieurs politiques et stratégies sous-sectorielles. Cependant, en l’absence d’un Plan stratégique global, il devient difficile d’assurer une allocation rationnelle des ressources, de prioriser les interventions, et d’assurer une cohérence opérationnelle entre les structures. C’est dire que l’atelier méthodologique qui a lancé le processus de son élaboration vient à point nommé.

« Le processus qui s’ouvre devra être participatif, transparent et itératif. Il vous reviendra notamment : d’analyser l’évolution historique et la situation actuelle des secteurs de l’industrie et du commerce, d’identifier les défis, les enjeux et les problématiques clés du ministère à travers une analyse approfondie des forces, faiblesses, opportunités et menaces du secteur, de définir des objectifs stratégiques ambitieux mais réalistes pour l’horizon 2030, de proposer des axes d’intervention pertinents et cohérents, d’élaborer un plan d’actions structuré, assorti d’indicateurs, de cibles et de délais clairement définis », a déclaré le directeur de cabinet Laurent Akpo à l’adresse des participants composés, entre autres, des cadres du MIC, des directeurs centraux, généraux et techniques ainsi que d’un représentant du ministère en charge de développement qui aura en dernier ressort à valider le Plan Stratégique.

Symposium sur l’Indigo Africain: grandes articulations et particularité de la 4e édition qui s’ouvre mercredi

Les conférenciers

« Indigo transatlantique : mémoires croisées entre le Bénin, le Brésil et le Nigeria » . C’est le thème du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2025 ) qui va se dérouler du mercredi 26 novembre au samedi 29 novembre 2025 à Indigo Village dans la commune de Ouidah. A la faveur d’une conférence de presse le 25 octobre dernier en présence de Chrispel Yassoundo,  représentant du partenaire Afrique Décide, la promotrice Nadia Adanlé et le président du comité d’organisation Aimé Dako ont eu à lever le voile sur les grandes activités au programme et la particularité du SIA 2025.

Ghislain Gbènakpon

Des participants

Lancement officiel du SIA 2025 le mercredi 26 novembre couplé avec l’inauguration  de Indigo Village, nouveau siège social de Couleur Indigo, des journées scientifiques faites de conférences-débats et de panels de discussions sur la place de l’indigo dans la mémoire collective et sur la transmission des savoir-faire liés à la traite transatlantique et la 13 édition de la Grande Nuit de l’Indigo qui sera l’occasion de présenter au cours d’un défilé de mode aux standards internationaux, une collection en lien avec le thème de cette année. Voilà en quelques raccourcis, les grandes articulations de la quatrième édition du SIA présentées par le président du comité d’organisation, Aimé Dako à la conférence de presse du 25 octobre dernier.

Nadia Adanlé, promotrice du SIA et de Couleur Indigo

Il ressort de l’intervention de la promotrice du SIA et de l’entreprise Couleur Indigo, Nadia Adanlé que le thème choisi cette année est en lien avec ceux des éditions précédentes à savoir, la professionnalisation de la filière indigo en 2022, la muséalisation du Elu Vo en 2023 et les signes non formels de préservation et de transmission des savoir-faire liés à l’Indigo en 2024. « Cette exploration des signes non formels nous a amenés à regarder du côté de la Guadeloupe. L’année dernière, nous avons justement reçu une délégation de la Guadeloupe qui nous a présenté les vestiges et les traces de l’indigo tels que laissés par nos ancêtres communs qui ont touché cette île. Et pour nous, il était important de poursuivre cette exploration et voir partout où les esclaves, nos ancêtres sont passés, quelles ont été les marques, les empreintes en lien avec l’Indigo qui ont été déposées », a-t-elle expliqué.

Il faut retenir que la quatrième édition du SIA tire sa particularité de son thème à travers lequel elle interroge les circulations, les héritages et les mémoires partagées autour de cette teinture ancestrale. Elle ambitionne de mettre en lumière l’indigo comme un vecteur de mémoire, de résistance et de reconnaissance culturelle. L’indigo apparaît comme un patrimoine transatlantique, un lien vivant entre l’Afrique et sa diaspora. Sa trajectoire outre atlantique ne peut être détachée de l’histoire de la traite négrière.

Résilience climatique dans le bassin de la Volta: trois études validées à Cotonou

Une vue de famille des participants

On est bien parti pour l’effectivité de la résilience climatique au profit des populations riveraines du bassin de la Volta. Trois études menées par le Cabinet BRL Ingénierie de Nîmes et le Cabinet ISL viennent d’être validées à Cotonou dans le cadre du programme Dynoba financé par l’Agence française de développement ( AFD ) et mis en œuvre par OIEau. C’est à la faveur d’un atelier à Bénin Royal Hôtel du 18 au 20 novembre 2025. En marge des travaux, Miléna Poncin, consultante au sein du bureau d’études BRL s’est confiée à la presse pour des éclairages sur ces assises de Cotonou.

Ghislain Gbènakpon

Le Plan Investissement Climat ( PIC ) et les Mécanismes de financement durables et pérennes à l’actif du cabinet BRL Ingénierie d’une part et de l’autre, les outils de gestion coordonnée des infrastructures dans le bassin de la volta sur lesquels s’est penché le cabinet ISL. Ce sont les trois études désormais validées pour la résilience climatique par les délégués des six Etats membres de l’Autorité du Bassin de la Volta ( ABV ) à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo.

Il ressort des éclairages de Miléna Poncin que la première étude sur le Plan Investissement Climat qui était au cœur de la première journée des travaux met en avant les actions prioritaires à mettre en place dans le bassin de la volta à l’horizon 2050. « Maintenant avec cette  adoption, ce Plan pourrait être porté par les pays au prochain conseil des ministres pour la réalisation », a-t-elle déclaré.  Quant à la deuxième étude validée au deuxième jour, elle va renforcer l’autonomie financière de l’Autorité du Bassin de la Volta.  « Nous allons recueillir l’avis des États membres sur la mise en place d’une redevance préleveur payeur ou pollueur payeur parce qu’on a présenté différents secteurs, différents niveaux de redevances. On va recueillir l’avis des pays pour voir ce qui peut être mis en place et travailler avec eux sur une feuille de route pour la mise en oeuvre effective de cette solution de financement », a expliqué Miléna Poncin.

L’autre retombée des assises de Cotonou est la validation des outils de gestion coordonnée des infrastructures dans le bassin de la Volta. Ceci avec l’adhésion de la direction exécutive de l’Autorité du bassin de la Volta et des représentants des États membres qui viennent porter la volonté des pays. « Ce sont trois études très importantes pour mettre en avant le dynamisme de l’ABV. On est très satisfait de l’implication des Etats et on espère que ces trois jours seront fructueux », s’est réjouie pour finir, Miléna Poncin.