Santé des sols et innovation agricole pour un développement durable: des préoccupations constantes à IFDC

Une vue du panel de discussion

La protection de l’environnement pour un développement durable certain est le cheval de bataille du Centre international de développement des engrais ( IFDC ). C’est ce qu’on retient fondamentalement du deuxième  Rendez-vous du REMAPSEN qui a eu pour thème « IFDC en action après le sommet de Nairobi: Focus sur la santé des sols et l’innovation agricole pour un développement durable ». C’était ce vendredi 8 novembre 2024 à Cotonou au siège de l’IFDC à la faveur d’un panel qui avait pour intervenants, M. Abalo Adodo, directeur Pays IFDC Bénin et Togo, Ekwé Jean Dossa, directeur de la santé des sols et de la productivité agricole à IFDC, Isaac Ebo Brou, Josias Toviho et Moïse Adégnika, tous de IFDC. Le directeur Pays et le directeur de la santé des sols et de la productivité agricole sont revenus sur l’essentiel à retenir à la faveur d’interviews à la presse.

Ghislain Gbènakpon

Une vue de famille des participants

« Je vais dire pour commencer que IFDC cherche à sauvegarder l’environnement. C’est le premier objectif. Le deuxième, c’est nourrir la population qui est croissante. Et quand on veut nourrir, on a besoin d’avoir une production durable. C’est ce que IFDC fait en travaillant sur la santé des sols. Il développe des solutions durables pour favoriser cette santé des sols. Et c’est ça qui nous permet d’atteindre nos objectifs », a déclaré M. Abalo Adodo.

M. Abalo Adodo, directeur Pays IFDC Bénin et Togo

Le directeur Pays fait observer que IFDC developpe des solutions pour relever les défis induits par ses objectifs et missions: « Les solutions sont de nombreuses formes et de différents types. Par exemple, actuellement le sommet sur les engrais et la santé des sols est une solution de IFDC pour aider les décideurs politiques à s’intéresser à cette question. Car elle s’impose à tous. De jours en jours, la population s’accroit. Le changement climatique s’invite, les gens manquent de terres pour cultiver et les petites terres qui existent sont dégradées. Il faut donc maintenir l’équilibre des nutriments dans le sol pour que les populations puissent continuer par produire. Une solution développée par IFDC, c’est les engrais organo-minéraux à travers la combinaison des engrais minéraux et des engrais organiques en réponse à la déficience découverte au niveau du sol »

M. Ekwé Jean Dossa, directeur de la santé des sols et de la productivité à IFDC

Le directeur de la santé des sols et de la productivité agricole rappellera qu’un sol est en bonne santé quand il peut soutenir de façon durable la production agricole sans polluer l’environnement et sans compromettre la bonne santé des hommes et des animaux qui vivent dans les voisinages du sol et qui vivent de ses produits. « Pour avoir des sols en bonne santé, il faut observer les bonnes pratiques en agriculture. D’abord, il faut lever les contraintes de productivité de ces sols. Ce qui veut dire qu’il faut se rendre compte d’abord de ce qui ne va pas dans ces sols et pouvoir corriger ces contraintes. Quand on corrige les contraintes et qu’on adopte les bonnes pratiques de production agricole, on peut avoir un sol en bonne santé ou on peut régénérer un sol dégradé en sol en bonne santé », a soutenu M. Ekwé Jean Dossa.

M. Isaac Ebo Brou
M. Moïse Adégnika
M. Josias Toviho

Fonctionnement des institutions: les jeunes leaders s’approprient les attributs de la Cour Constitutionnelle

La photo de famille

La 11ème promotion des jeunes leaders de la Fondation Friedrich-Ebert était ce vendredi 9 novembre 2024, l’hôte de la Cour Constitutionnelle. Ce déplacement sous la houlette de M. Rufin Godjo a été l’occasion pour les jeunes leaders de s’approprier les rôles de la haute juridiction grâce aux explications du directeur de la recherche et de la documentation, M. Latif Sidi assisté de M. Assouma à travers de riches communications.

Il s’agit notamment du contrôle de la constitutionnalité, la protection des droits fondamentaux, la régulation du fonctionnement des institutions, la procédure d’auto-saisine et la gestion démocratique du pays, la place de la Cour constitutionnelle dans le paysage institutionnel béninois, le mandat et les obligations des membres ainsi que l’organisation de la haute juridiction. Les jeunes leaders ont été satisfaits des réponses apportées par les communicateurs. Leur engagement et leur volonté de mieux comprendre le fonctionnement de la Cour constitutionnelle témoignent de l’importance de la formation et de la sensibilisation des jeunes aux questions juridiques et constitutionnelles.

Ghislain Gbènakpon

Lutte contre le VIH/SIDA: l’UITA-Bénin renforce les capacités des CSST

Une vue de famille des participants

« Les membres des Comités de Santé et Sécurité au Travail ( CSST ) face aux réalités de la lutte contre le VIH/SIDA dans les entreprises des syndicats des secteurs de l’UITA au Bénin ». C’est le thème du séminaire national de formation syndicale organisé ce mercredi 6 novembre 2024 par le Comité des femmes des syndicats du Bénin affiliés à l’Uita ( COFESYB-UITA ). Les travaux marqués par plusieurs communications ont été lancés à la bourse de travail de Cotonou par la présidente du COFESYB, Mme Nouratou Gambia.

Ghislain Gbènakpon

La table d’honneur

« Il apparait de plus en plus nettement que l’épidémie du VIH/SIDA a eu et continue d’avoir des effets très graves sur le monde du travail et sur la société dans son ensemble dans un très grand nombre de pays. C’est pourquoi le lieu de travail doit être au centre de tous les efforts déployés au niveau national », a déclaré dans son allocution d’ouverture, la présidente du COFESYB, Mme Nouratou Gambia pour mettre en relief la pertinence de ce séminaire national de formation. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de capacité des travailleurs/euses membres des CSST pour une prise de conscience des conditions de travail et une forte implication dans la lutte contre le VIH/SIDA.

La vice-présidente du COFESYB, Mme Aurélie Egué fait d’ailleurs observer qu’à travers ce séminaire, l’UITA voudrait que tous les travailleurs des secteurs qu’elle couvre, prennent une fois encore si besoin en était, la mesure de son profond attachement aux conditions de travail notamment la sécurité et santé au travail. Et améliorer celles-ci impliquent que les principaux acteurs de la création de la richesse en milieu de travail aient une parfaite maitrise aussi bien de leur rôle que de leur responsabilité et les assument pleinement.

La première communication

Il faut dire que les objectifs de ce séminaire de formation sont entre autres, d’amener les syndicats du Bénin affiliés à l’UITA à intégrer la santé et la sécurité au travail des femmes , y compris le VIH/SIDA et la santé mentale, d’encourager les femmes membres des CSST à impliquer la lutte contre l’épidémie dans leur programme d’action et faire prendre conscience aux CSST, la nécessité de poursuivre la lutte contre le VIH/SIDA sur les lieux de travail. Il reste à espérer que les différentes communications ayant meublé les travaux ont permis au séminaire d’atteindre ses objectifs.

Une vue partielle des participants en séance

Législatives 2025 aux Comores: la chambre constitutionnelle électorale comorienne prend conseils chez le Pr. Dorothé Sossa

Dans la perspective des législatives comoriennes du 12 janvier 2025, une délégation de la chambre constitutionnelle électorale de la Cour suprême de l’Union des Comores était ce mardi 5 novembre 2024 au cabinet du président de la Cour constitutionnelle du Bénin. Conduite par son président, M. Rafiki Mohamed, la dite délégation a reçu les sages conseils du président Dorothé Sossa.

Ghislain Gbènakpon

« Nous sommes venus rendre visite au Président SOSSA dans le cadre des échanges de la coopération juridique entre la Cour constitutionnelle du Bénin et la section constitutionnelle électorale de l’Union des Comores. Le processus électoral a déjà démarré dans notre pays. Maintenant, on est dans la phase de déploiement des candidatures pour les élections des députés, c’est-à-dire que les candidatures sont ouvertes du 1er novembre jusqu’au 10 prochain. Après le 10 novembre, c’est la phase de la procédure des recours sur les listes provisoires et puis nous rendrons les listes définitives avant la campagne électorale. Nous avons discuté de tout ça avec le Président de la Cour constitutionnelle du Bénin surtout en ce qui concerne le règlement des recours et nous sommes très ravis des réponses reçues sur cette question. Nous pensons qu’avec les conseils reçus, les élections vont se dérouler dans une ambiance de calme, de sérénité comme nous le souhaitons, sans violence, sans dégâts”, a déclaré à la presse, M. Rafiki Mohamed à la sortie d’audience de la délégation.

Au sein de la délégation de la chambre constitutionnelle et électorale de la Cour suprême de l’Union des Comores, il y avait le président de la section administrative, M. Abdou Said. Le 12 janvier prochain, ce sont environ 339.000 électeurs répartis dans 868 bureaux de vote à travers le pays qui sont convoqués pour le 1er tour des législatives.

Chine-Bénin: Une coopération déséquilibrée et perfectible à impacts positifs

Le président Xi Jinping de la Chine et le président Patrice Talon du Bénin

La Chine et le Bénin se préparent à boucler 52 ans de rétablissement de leur coopération dans les domaines politique, économique, culturel et bien d’autres. Lorsqu’on interroge les observateurs avertis face au droit de regard sur la Chine et les relations sino-béninoises, ils conviennent à quelques rares exception près que celles-ci sont déséquilibrées en faveur de l’Empire du milieu et perfectibles mais fort heureusement avec des impacts positifs unanimement reconnus.

Ghislain Gbènakpon

Dr. Vignon Maurice Gountin, Sinologue, Enseignant-Chercheur à l’Institut Confucius de l’UAC

« C’est surtout après l’indépendance du Bénin le 1er août 1960 que le pays a véritablement commencé les échanges avec la Chine sur tous les plans. Les relations entre la Chine et le Bénin se sont établies depuis les années 64 et cela a continué jusqu’aux années 68 où le Bénin a dû interrompre ces relations pour reconnaitre Taïwan ; donc, il y a eu interruption des relations parce que le Bénin à un moment donné, n’a pas reconnu la Chine communiste. Mais deux mois après le coup d’Etat du 26 octobre 1972, le président Mathieu Kérékou et son gouvernement ont décidé le 29 décembre 1972 de rétablir les relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Bénin. C’est de là qu’est partie la coopération tous azimuts entre les deux pays », a expliqué Dr. Vignon Maurice Gountin,
Sinologue Enseignant-Chercheur à l’Institut Confucius de l’UAC relatant la genèse des relations sino-béninoises.

L’ancien ministre Houdou Ali fait observer que depuis son rétablissement, la coopération entre la Chine et le Bénin n’a cessé d’évoluer en qualité et en quantité. La coopération politique, selon le Sinologue Dr. Maurice Gountin, a été historiquement marquée par le soutien de la Chine au Bénin sur la scène internationale pour asseoir véritablement sa souveraineté après l’indépendance sous le régime marxiste léniniste du président Mathieu Kérékou. Le Bénin pour sa part a accordé son soutien à la Chine communiste dans la lutte contre l’impérialisme occidentale et a notamment contribué à l’instar des autres Etats africains à son retour triomphal à l’ONU en tant que membre permanent du Conseil de sécurité alors que son siège a été longtemps occupé par l’île Taïwan. Jusqu’à aujourd’hui, le Bénin soutient le principe d’une seule et indivisible Chine et par conséquent, la souveraineté pleine et entière de la Chine continentale sur Taïwan.

Sur le plan économique, les relations se matérialisent par l’implantation dans les années 80 de quelques sociétés mixtes notamment dans le secteur des cigarettes et autres et ont continué dans le domaine des infrastructures comme le stade de l’amitié, le palais des congrès, l’échangeur de Godomey et des bâtiments administratifs. Les échanges économiques se font aussi à travers les expositions des produits agricoles béninois en Chine, notamment l’ananas. Mais c’est le Centre Chinois de Développement Economique et Commerciale ( CCDEC ) qui joue un rôle de pont dans la coopération économique et commerciale entre le Bénin et la Chine. La foire des produits chinois au Bénin qu’elle co-organise chaque année avec le gouvernement béninois est une occasion pour les hommes d’affaires des deux pays ainsi que de l’Afrique de l’Ouest de nouer de fructueux partenariats à Cotonou.

L’ancien ministre Houdou Ali

Dans le domaine culturel, M. Houdou Ali se réjouit de ce que le Bénin soit le premier pays de l’Afrique noire à abriter un centre culturel chinois qu’il a inauguré alors qu’il était ministre chargé de la culture sous le régime révolutionnaire du général Mathieu Kérékou. La coopération culturelle s’exprime fondamentalement par les prestations de troupes artistiques béninoises en Chine et des troupes chinoises au Bénin. Sur le plan de la santé, le séjour d’une semaine au port de Cotonou du navire-hôpital « Arche de la paix » de la marine chinoise qui a fourni des services médicaux à plus de 8000 personnes est encore vivace dans les esprits.

Des béninois en rang pour l’Arche de Paix, le navire-hôpital de la marine chinoise

Mais l’impact de la coopération sino-béninoise dans le secteur de l’éducation est multi dimensionnel pour le Bénin. En plus des formations de courtes durées au profit des étudiants et des cadres de l’administration en Chine, de nombreux jeunes obtiennent des bourses chinoises pour des formations de longues durées en licence, master et autres. Dr. Julien Sègbo qui est l’un des bénéficiaires dirige aujourd’hui l’Institut Confucius de l’Université d’Abomey-Calavi ( UAC ), fruit de la coopération sino-béninoise qui offre des formations en langue chinoise avec des opportunités d’emplois contribuant ainsi à la résorption du chômage des jeunes. « Les chinois disent que si vous voulez avoir une relation fructueuse, si on veut faire du business, il faudrait parler la même langue. Je pense qu’en formant des jeunes qui parlent chinois et en faisant la promotion de la langue chinoise, ceci va aider les deux parties à bien faire du business. De la même manière, il y a aussi des chinois qui apprennent le français. Depuis que cet institut est créé, il y a des milliers de Béninois qui apprennent la langue. Déjà 40.000 voir 50.000 apprenants depuis qu’on a commencé en 2009. Et environ 500 étudiants ont bénéficié de bourses à travers l’institut pour aller se faire former en Chine. Maintenant, ces étudiants qui sont formés chez nous sont pour la plupart embauchés dans les entreprises chinoises de la place où ils servent d’interprètes, de guides et autres. Mais aussi dans la sous-région », a expliqué Dr. Julien Sègbo, directeur béninois de l’Institut Confucius de l’UAC.

Dr. Julien Sègbo, Directeur béninois de l’Institut Confucius de l’UAC

L’actrice Rawdoth Alazi Soumaila qui fait la fierté du Bénin en Chine où elle vit depuis 11 ans est aussi passée par l’Institut Confucius qui lui a octroyé en 2013 une bourse d’études chinoise d’un an l’ayant conduite finalement à faire de la cinématographie à l’académie de film de Pékin. Actuellement en séjour à Cotonou , elle ne s’est pas faite prier pour se prononcer. « J’ai été la première noire de mon département qui est le département du cinéma et de la performance artistique en tant que actrice. Donc, j’ai eu la chance de jouer dans Formed Police Unit, un film qui porte sur les casques bleus des Nations Unies pour le maintien de la paix où j’ai eu un rôle majeur. C’est le premier film des Nations Unies en Chine et ça parle aussi des relations Chine-Afrique. J’ai aussi joué dans une série télévisée Happiness Juncao qui relate comment la Chine a éradiqué la pauvreté à travers l’agriculture », a soutenu Rawdoth Alazi Soumaila.

L’actrice béninoise Rawdoth Alazi Soumaila dans Formed Police Unit

Une coopération déséquilibrée à améliorer ?

Beaucoup estiment que les relations sino-béninoises sont déséquilibrées en faveur de la Chine et au détriment du Bénin à l’instar des autres pays africains. Il ressort toutefois de la plupart des opinions que ce déséquilibre est structurel et a priori insurmontable avec des possibilités à explorer pour une coopération gagnante gagnante. « Oui la coopération entre la Chine et le Bénin est une coopération déséquilibrée. Sur tous les plans, il est difficile d’équilibrer cette coopération parce que la Chine et le Bénin n’ont pas le même poids démographique, n’ont pas le même poids de marché, n’ont pas le même poids d’influence sur la scène internationale avec une Chine membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Bénin a une superficie de 114763 km2 contre 9 millions 600.000 km2 pour la Chine. La population chinoise est aujourd’hui plus de 1milliard 400 millions d’habitants contre 12 millions pour le Bénin. Déjà, le déséquilibre est de fait. La Chine a les moyens de sa politique alors que le Bénin a la politique de ses moyens. On ne peut pas équilibrer cette coopération. Car comme je l’ai dit ailleurs, celui qui a la farine a le droit du partage la pâte. Cette coopération est surtout nourrie ou financée par la Chine. Ce déséquilibre est une réalité normale qu’on ne peut pas critiquer mais que nous constatons et nous devons faire un peu plus d’effort sur tous les plans surtout politique, économique et culturel en prenant des initiatives intelligentes qui intéressent la Chine pour que les deux pays s’en sortent gagnants, pour que le Bénin puisse tirer son épingle du jeu. », a affirmé le Sinologue Dr. Maurice Gountin.

L’ancien ministre Houdou Ali a aussi fait le constat d’un déséquilibre manifeste dû à l’immensité de la population et de la superficie de la Chine mais aussi de par sa force financière et sa capacité économique dans les échanges. « Il est souhaitable que notre coopération se renforce dans les domaine des nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle où la Chine connait de grands progrès », propose-t-il.

Le directeur de l’Institut Confucius de l’UAC n’est pas d’avis contraire. « Je veux partir du fait que les échanges commerciaux entre les deux pays sont déséquilibrés. Il y a beaucoup de produits qui viennent de la Chine et combien de produits le Bénin exporte en retour pour restaurer peut-être l’équilibre et améliorer la balance commerciale ? Pour le moment je pense qu’à court terme, ce n’est pas évident d’amener la barre à l’équilibre; mais il faut qu’on y pense. Moi, je propose qu’à un moment donné, il faudrait qu’on aille au transfert de technologies. Cela veut dire que ce n’est peut-être pas les produits manufacturés qui doivent venir de la Chine, mais si on amène ses usines ici pour fabriquer sur place leurs produits, ce serait bien. Ils vont peut-être utiliser nos matières sur place, on aura de la main-d’oeuvre et le marché. Mais il y a un problème qui se pose. Lorsqu’on ramène ces usines ici, servir notre pays seul ne suffit pas. Il faut envisager des usines à même de servir la sous-région. C’est pour ça que je pense que des regroupements régionaux, des stratégies régionales sont souhaitables. Car comme on le dit, l’ami de mon ami est mon ami. Nous sommes tous des amis de la Chine et ce serait bien qu’on se mette ensemble pour développer de grands projets », recommande Dr. Julien Sègbo.

Rawdoth Alazi Soumaila ou la voix dissonante

Un autre son de cloche se fait entendre dans ce concert d’opinions constatant le caractère déséquilibré des relations sino-béninoises en faveur de la Chine. Il s’agit bien de l’actrice désormais de renom Rawdoth Alazi Soumaila qui est foncièrement d’avis contraire: « Les chinois savent ce qu’ils veulent de cette coopération. Ils savent ce qu’ils ont à en tirer. Je peux dire que peut-être, nous les Africains, nous ne le savons pas encore. Quand deux personnes sont amies et l’autre sait ce qu’elle veut, on ne peut pas dire que c’est déséquilibré car c’est de notre faute en fait. On ne peut pas parler de Chine-Bénin sans parler de Chine-Afrique. C’est une Chine et plus de 50 Etats africains. On a plus de 50 pays africains qui veulent être amis avec la Chine. La Chine est un seul pays »

L’actrice béninoise Rawdoth Alazi Soumaila résidente en Chine

Il faut dire qu’elle mise beaucoup sur la promotion du Bénin à travers sa culture pour rétablir l’équilibre et estime que l’Afrique de l’Ouest a un problème majeur en la matière à l’exception du Nigéria. « D’abord, nous ne savons pas comment faire notre promotion. Les chinois n’ont pas grand problème avec l’Afrique de l’Est. En Afrique de l’Ouest, rares sont les pays qui, comme le Nigéria, font bien leur promotion pour ne pas être perdants dans cette coopération. Concernant le Bénin, moi je pense que ce n’est pas tout le temps qu’on va parler de l’économie, commerce et autres du genre. Il y a la culture à vendre. Si la Chine est Chine aujourd’hui, c’est sur la base de sa culture. Même quand on parle de business, quand vous allez dans leurs usines, il y a toujours la culture. Vous allez dans un restaurant chinois, il y a la culture. On ne peut pas vouloir que l’autre nous respecte si l’on ne l’amène pas à connaitre notre culture », soutient l’actrice.

Elle fait observer que les chinois ont l’Institut confucius ici et apprennent aux béninois leur langue. Ils nous amènent à manger leurs plats, Il y a le nouvel an chinois où ils invitent tout le monde. « Mais on a aussi de contenus ici qu’on ne valorise pas. Moi, je suis dans le cinéma là-bas. Grâce à moi, beaucoup de chinois connaissent le Bénin. Quand je viens ici, c’est en vain que je plaide qu’on fasse la promotion de la culture du Bénin là-bas. Je peux vous dire qu’on a même pas de chargé culturel à l’ambassade du Bénin en Chine. Alors que tous les autres pays en ont, nous, on n’a pas. Alors qu’on a le vodun. Aux Etats-Unis, on fait du film qui porte sur le Bénin comme Woman King. Il y aussi le film Dahomey. On doit vendre ça aussi à l’Asie. Pensons toujours par la culture. Il faut se connaitre l’un et l’autre pour qu’il y ait une amitié respectueuse et gagnante gagnante », a martelé Rawdoth Aliza Soumaila.

Symposium sur l’Indigo Africain 2024: vers la révélation des signes non formels de préservation du savoir-faire au Bénin

Une intervention de la promotrice du SIA, Nadia Adanlé

Après la première édition sur la professionnalisation des métiers liés à l’indigo, la deuxième sur la muséalisation du Èluvo, l’indigo produit par Couleur Indigo, la troisième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2024 ) qui se déroulera du 27 au 30 novembre 2024 dans la commune de Ouidah et à Cotonou portera sur les signes non formels  de préservation et de transmission des savoir-faire liés à l’indigo au Bénin avec à la clé, de grandes innovations. C’est ce qu’on retient de la conférence de presse annonciatrice de l’événement animée par la promotrice du SIA, Mme Nadia Adanlé de l’entreprise Couleur Indigo et sa collaboratrice Mme Chantal Amoussou. C’était en marge du lancement de la nouvelle gamme  Dada Elu à Ouidah.

Ghislain Gbènakpon

Les recherches pour la révélation des signes non formels de préservation des savoir faire liés à l’indigo au Bénin à la faveur de la troisième édition du SIA ont démarré depuis août avec deux chercheurs sollicités et actuellement sur le terrain. Ils feront le point de leurs recherches lors de la journée scientifique du Symposium. « Cette troisième édition, c’est comme si nous avions décidé de disséquer, de rentrer dans nos propres tréfonds pour aller exhumer tous les signes non officiels de préservation de ce savoir-faire là. En général, les livres, les musées, les monuments sont des signes vivants et formels de préservation du savoir. Mais dans le cas de l’indigo et surtout dans le cas du Bénin, nous n’avons pas eu la chance d’avoir ces signes formels là jusqu’à maintenant. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes dit, s’il n’y a pas de signes formels, il y a peut-être de signes informels. Et c’est à la recherche de ces signes informels que nous sommes depuis le mois d’août en partenariat avec l’Ong Afrique Décide pour pouvoir retrouver tous les petits espaces où l’indigo a pu laisser des traces. Il s’agit des noms de quartiers, des proverbes, des chansons, des contes, des noms de famille, même des injures pour retrouver comment est-ce que nos ancêtres ont su se transmettre sans dispositif formel, ce savoir-faire là », a expliqué Nadia Adanlé dans ses propos liminaires.

La promotrice Nadia Adanlé

Il faut dire que l’introduction de cette démarche formelle de recherche est une grande innovation du SIA 2024. L’autre nouveauté est la journée de co création avec en ligne de mire, la conception d’un panégyrique professionnel des indigotiers de Ouidah. « Nous avons l’ambition d’avoir un panégyrique professionnel. On connait les Ayato, les Gbéto, mais quel est le panégyrique des Ahodoto ? Nous sommes en train de réfléchir à créer ensemble un panégyrique professionnel », a déclaré à la faveur d’une interview à la presse, Nadia Adanlé. Comme innovations, il y a aussi les attributs de la profession et le registre des acteurs à mettre à la disposition du gouvernement: « Nous sommes en train de proposer que les structures de notre pays reconnaissent notre activité comme un métier à part entière. Nous avons déjà fait un recensement des indigotiers qui travaillent aujourd’hui  et nous avons deux catégories. Celles qui sont les maintenancières de cuve et celles qui sont les attacheuses. Donc, nous allons mettre à la disposition de notre ministère, un registre dans lequel nous serons enregistrés, où nous aurons un numéro et des attributs qui nous distinguent et qui font que notre profession a une reconnaissance visible, une identité remarquable ». L’invitée de marque du SIA 2024 est une professionnelle de la Guadeloupe qui fera découvrir comment l’indigo vit outre-atlantique.

Mme Chantal Amoussou

Il ressort des éclairages de Mme Chantal Amoussou qu’au lancement du SIA 2024, il sera présenté un livre qui permettra de découvrir davantage les 800 motifs du tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral de Couleur Indigo. Le Symposium prendra fin avec la traditionnelle Nuit de l’Indigo à Cotonou au cours de laquelle un défilé mettra en lumière ce que les professionnels de la mode savent faire de l’indigo.

Gestion transfrontalière des ressources eau: le Plan d’Action Régional pour ITTAS validé

Une vue de famille des participants

Le Plan d »Action Régional ( PAR ) pour le développement du Programme d’Action Stratégique ( PAS ) du Système Aquifère d’Iullemeden-Taoudéni-Tanézoufrt ( ITTAS ) qui regroupe sept pays a été validé ce jeudi 31 octobre 2024 à la faveur d’un atelier régional à la direction générale de l’eau de Cotonou.

Ghislain Gbènakpon

Recueillir les observations de forme et de fond ainsi que les recommandations des participants sur les projets de rapport d’état des lieux des Plans d’Action nationaux de gestion des ressources en eau d’une part, et du Plan d’Action Régional en mettant un accent sur la priorisation des actions proposées avec un focus sur les problématiques en lien avec la gestion des ressources en eau dans la portion national d’ITTAS d’autre part.

Pour rappel, le projet NB-ITTAS destiné entre autres à contribuer à l’amélioration de la gestion, de la gouvernance et de la protection des ressources en eau s’étend à la fois sur le bassin du fleuve Niger et ITTAS qui compte 7 pays à savoir, l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Nigéria.

Mais contrairement au bassin du fleuve Niger qui par l’entremise de l’Autorité du Bassin du Niger ( ABN ) avec l’appui de ses neuf pays membres et des PTF bénéficie de plusieurs documents régionaux de planification et de mise en oeuvre des actions de développement issus des documents de planification des priorités au niveau national, l’ITTAS ne dispose jusqu’en octobre 2023 que d’un document d’Analyse diagnostique transfrontalière ( ADT) partiel et non opérationnel. C’est pourquoi, il s’avère nécessaire de développer et de formuler le Programme d’action stratégique d’ITTAS qui requiert l’élaboration du Plan d’Action Régional.

Dignité humaine dans le droit constitutionnel: le regard de Aleyya Gouda Baco à la 7ème AG de la CJCA

La Conseillère Aleyya Gouda Baco dans sa communication

A la tête d’une délégation de la Cour Constitutionnelle du Bénin qui participe à la 7ème Assemblée générale de la Conférence des Juridictions Constitutionnelles Africaines ( CJCA ) qui s’est ouverte mercredi 30 octobre 2024 pour cinq jours à Victoria Falls au Zimbabwe, la conseillère Aleyya Gouda Baco a présenté ce jeudi 31 octobre une communication sur « le concept de la dignité humaine dans le droit constitutionnel » et a réussi à tenir en haleine son auditoire.

Ghislain Gbènakpon

La dignité humaine est un pilier essentiel du droit constitutionnel qui garantit que les individus ne soient jamais réduits au rang de simples objets ou moyens, a fait observer la conseillère Aleyya Gouda Baco. Dans sa communication, la représentante de la Cour constitutionnelle du Bénin a fait savoir que dans certains États, les constituants ont affirmé sans ambiguïté que « la personne humaine est sacrée ». Elle a cité le cas du Bénin, de la République du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, de la République Centrafricaine, du Sénégal, du Tchad, du Togo. Mme GOUDA BACO évoquera ensuite la dignité humaine, en tant que valeur fondamentale, qui se heurte à de nouveaux défis face auxquels le juge constitutionnel est interpelé. Pour elle, « les défis modernes qui se posent à la dignité humaine procèdent de la mondialisation, d’une part, et sont d’ordre technologique, d’autre part. En ce qui concerne la mondialisation, elle engendre des inégalités économiques, car les richesses sont inégalement réparties et les conditions de travail sont de plus en plus précaires dans certaines régions du monde, notamment dans les États en voie de développement. Les crises migratoires exposent de nombreux individus à des traitements indignes, à la discrimination et à la violence. Elle a également souligné les impacts du changement climatique, tels que les déplacements de population et la perte de moyens de subsistance, peuvent nuire à la dignité des individus touchés. Mais également l’intelligence artificielle qui soulève des questions éthiques importantes en ce qui concerne la dignité humaine.

Face à ces nombreux défis, le droit constitutionnel peut vite révéler ses limites en matière de préservation de la dignité humaine. C’est pourquoi pour la conseillère à la Cour constitutionnelle, il devient impératif de trouver des moyens d’adaptation qui permettront de préserver cette valeur fondamentale. Elle souhaite une intervention vigoureuse et audacieuse du juge constitutionnel pour assurer aux humains, une protection infaillible et continue afin de garantir une société juste et équitable, gage d’un développement harmonieux et durable sur le continent. Pour ce déplacement, la cheffe de délégation de la Cour constitutionnelle du Bénin avait à ses côtés l’assistant juridique, Dr Issaou Soumanou.

Il est à noter que cette 7ème Assemblée générale de la CJCA qui prend fin ce dimanche 3 novembre a pour thème « La dignité humaine comme valeur et principe fondateur: une source d’interprétation constitutionnelle, de protection et d’application des droits fondamentaux de l’homme et d’application ». Le congrès a pour taches d’adopter les rapports d’activités et financier, de statuer sur les nouvelles demandes d’adhésion, d’adopter le programme d’activité et le budget prévisionnel 2024 -2026, de procéder à l’élection d’un nouveau Bureau exécutif, d’annoncer et de remettre les trophées aux lauréats du « Prix de thèse de la CJCA », de choisir le pays qui accueillera de la 8ème Assemblée Générale en 2026.
A noter que la CJCA regroupe actuellement 48 juridictions constitutionnelles africaines et 4 instances judiciaires constitutionnelles non africaines (Brésil, Russie et Turquie et l’Irak comme membres observateurs). C’est l’occasion pour ces juridictions de partager leurs expériences et discuter des défis et des opportunités dans la protection des droits fondamentaux.

Scannage des données pétrolières de Sèmé: Akrake Petroleum fait don de materiels informatiques à la SNH

De gauche à droite : Mme Jocelyne HANGBE , Mme Jocelyne AGBAHOUNDO, M Charbel AKANHO et Mme Gnanki DOKOTO équipe digitalisation, M
Issifou Moussa Yari – Directeur général de la SNH, M Mike Hopkinson – Directeur Général Akrake Petroleum, Mme Bastatou Salami – Directrice
Générale Adjointe Octogone, M Yannick Le Bloa – Directeur Résident Akrake Petroleum, M Jean Jacques Atchade – Senior Consultant Octogone.

COMMUNIQUE

A l’occasion de la venue au Benin de M. Mike Hopkinson, Directeur Général d’Akrake Petroleum, il a été procédé à la remise officielle de matériels informatiques de la part de la compagnie pétrolière à la Société Nationale des Hydrocarbures, représentée par son Directeur Général M Issifou Moussa Yari.

En décembre 2023, Akrake Petroleum a signé avec la République du Benin un contrat de partage de production comme opérateur du bloc1 dont le premier objectif est la remise en production du champ de Sèmè en 2025. Pour ce faire, Akrake Petroleum, filiale du groupe Rex Holding International, s’appuie sur un partenariat local fort avec la compagnie Octogone mais aussi sur l’expérience des autres filiales du groupe qui produisissent avec succès à Oman et en Norvège et dont les équipes techniques ont démontré un savoir-faire unique pour ce type de projet.

Akrake Petroleum et ses partenaires sont particulièrement motivés d’opérer au Benin et ont à cœur d’établir des liens forts avec son ministère de tutelle. C’est dans ce cadre, que ce matériel informatique d’une valeur de plus de 20,000 USD a été offert et envoyé à la SNH afin que cette dernière puisse correctement et rapidement scanner l’ensemble des données pétrolières qui se trouvent encore sous forme papier dans ses archives. Cette digitalisation qui emploie à plein temps quatre stagiaires pendant plusieurs mois est importante pour la mise en place d’une base de données de qualité au Bénin et pour l’opérateur du champ de Sèmè et du Bloc 1.

Sécurité et Santé dans l’Agriculture: les affiliés de l’UITA au Bénin s’approprient la C184 pour un Accord de Branche

La table d’honneur

Les organisations syndicales béninoises affiliées à l’UITA sont désormais mieux outillées sur la Convention 184 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans l’agriculture et les enjeux d’un Accord de Branche pour le secteur au Bénin. C’est à la faveur d’un séminaire de formation qui a eu lieu ce mardi 29 octobre 2024 à la bourse du travail à Cotonou sous la houlette du coordonnateur de l’UITA-Bénin, M. Guillaume Tossa.

Ghislain Gbènakpon

Promouvoir la sécurité et la santé dans l’agriculture au Bénin en réduisant les risques liés à l’utilisation des intrants minéraux et chimiques et parvenir à court et moyen terme à doter cet important secteur d’un Accord de Branche. C’est tout l’objectif général de ce séminaire de formation qui a eu pour thème, « La Convention 184 de l’OIT et les enjeux d’un accord de branche pour l’agriculture au Bénin ». Il faut dire que comme l’a relevé la présidente du Comité des femmes des syndicats du Bénin affiliés à l’UITA ( COFESYB ) dans son allocution de circonstance, l’agriculture est classée parmi les trois secteurs les plus dangereux, avec l’exploitation minière et les BTP. Selon les estimations de l’OIT, sur environ 330.000 accidents mortels sur le lieu de travail dans le monde, on compte environ 170.000 victimes parmi les travailleurs agricoles. C’est pourquoi, elle a adopté la C184 entrée en vigueur en 2003. « Chers camarades, les objectifs spécifiques de ce séminaire sont entre autres de s’approprier et d’avoir une parfaite maîtrise des dispositions de la C184 et de sa Recommandation 192 d’une part et de mettre en place un Cadre approprié pour élaborer un avant-projet d’Accord de Branche pour l’agriculture au Bénin d’autre part », a déclaré Mme Nouratou Gambia.

Une vue de famille des participants
Le communicateur principal lors de sa présentation

Mais que sont devenues les Conventions Collectives Sectorielles et les Statuts Particuliers censés prendre en compte les spécificités de chaque secteur ou branche d’activités comme l’agriculture et dont personne ne se préoccupe ? Selon M. Guillaume Tossa, c’est pour répondre à cette grande interrogation et bien d’autres que la coordination nationale de l’UITA a conçu ce séminaire de formation syndicale au profit des affiliés. Les différentes communications dont celle ayant porté sur le thème central présentée par M. Adrien Massessi leur a permis, entre autres, d’apprécier les politiques et programmes mis en oeuvre pour limiter les conséquences de l’action humaine sur l’environnement et le climat. Des travaux de groupes ont été l’occasion pour eux de se pencher sur la mise en place du Cadre approprié pour l’élaboration de l’avant-projet d’Accord de Branche pour l’agriculture au Bénin. Il a été aussi question des approches syndicales de plaidoyer pour la ratification et la mise en oeuvre effective par le Bénin de la C184 pour qu’à terme, la sécurité et la santé dans l’agriculture y soient une réalité grâce à la prévention des risques professionnelles.