Droit du travail, grève, justice et autres: la Cstb dénonce le discours de Talon en France

Le Sg/Cstb Kassa Mampo lors de sa déclaration

Le grand oral du président Patrice Talon en France devant le Medef sur le droit de travail, le droit de grève, la justice, l’électricité et autres passe mal auprès de la confédération syndicale des travailleurs du Bénin ( Cstb). A la faveur d’un point de presse ce mercredi 7 septembre 2022 à la bourse du travail à Cotonou, son secrétaire général Nagnini Kassa Mampo rejette le discours du chef de l’Etat en tous ces points et dénonce sa justification du recul démocratique au Bénin.

Ghislain Gbènakpon

« En écoutant notre Président, on peut se rendre compte qu’il n’a pas le souci de satisfaire aux revendications des travailleurs. Au contraire, il montre au monde entier qu’il les écrase et les méprise ». Voilà la lecture que le Sg Kassa Mampo fait du discours du président Patrice Talon en France devant le MEDEF. Le numéro 1 de la Cstb rejette en bloc les raisons avancées par le chef de l’Etat pour justifier le recul démocratique assumé avec la restriction du droit de grève et sa suppression selon les cas.

Pour rappel, le président Patrice Talon a soutenu qu’au cours d’une séance de négociation avec les partenaires sociaux, un syndicaliste de la santé lui a signifié qu’il cédera quand on commencera par compter des morts dans les hôpitaux et les maternités. « En tant qu’ancien Secrétaire Général Adjoint de la CSTB au moment où le Président Patrice Talon prenait service à la Marina en 2016 et Secrétaire Général en 2017, j’ai participé à toutes les séances de négociations avec les Confédérales et Centrales Syndicales et à aucune de ces séances, je n’ai entendu un responsable syndical dire au Président de la République : quand il commencera par avoir des morts dans les hôpitaux, dans les maternités, monsieur le Président, vous allez céder », a soutenu le Sg Kassa Mampo. Le Sg du Syntraseh membre de la Fédération Nationale des Syndicats de la Santé (FéNASS), M. Salako qui était à ses côtés a aussi soutenu n’avoir jamais entendu de telle menace de la part d’un syndicaliste envers le chef de l’Etat lors de cette rencontre de négociation à laquelle il a participé.

Les méfaits de la dérégulation du droit de travail

Alors que le président Talon a vanté les mérites de la dérégulation du droit de travaill avec des conditions de licenciement souples pour les employeurs, la Cstb estime que les conséquences sont plutôt néfastes pour les travailleurs. « Les conséquences de la dérégulation du droit de travail dont le Président se vante, c’est la non protection des travailleurs du public et surtout du privé au Bénin qui sont à la merci des employeurs, ce que soutient le président de la République. C’est pourquoi les travailleurs sont radiés ou licenciés tous les jours sans même leurs droits dans le public et surtout dans le privé. Rappelons le cas des 305 enseignants radiés de la Fonction Publique en violation de la loi,  et du forestier syndicaliste Patrice TREKPO, arbitrairement renvoyés de la fonction publique », a déclaré le Sg Kassa Mampo. 

Par ailleurs, la Cstb n’est pas d’accord avec le président de la République quand il déclare que « le Bénin a changé » et que tout va bien dans presque tous les secteurs y compris la santé, l’Education et l’Energie. Et au vu de tout ce qui précède, elle lance un appel à tous les travailleurs pour qu’ils poursuivent la mobilisation autour de leurs diverses revendications à tous les niveaux.

Macron au Bénin: le Pcb et ses alliés soupçonnent des raisons cachées qu’ils dénoncent

Le Pcb et ses alliés face à la presse

Emmanuel Macron n’est pas le bienvenu au Bénin pour le parti communiste du Bénin ( Pcb ) et ses alliés dont, entre autres, l’Odhp, la Cstb, ll’alliance pour la patrie ( App ). A la faveur d’un point de presse ce mercredi 27 juillet 2022 à la bourse du travail à Cotonou, ils ont dénoncé des raisons cachées qui selon eux motiveraient la visite officielle du président français.

Ghislain Gbènakpon

Malgré le démenti de l’Ambassadeur de la France M. Vizy, le Pcb n’en démord pas. La France selon cette formation politique veut installer Barkhane au nord du Bénin et c’est l’une des deux raisons de sa présence sur le territoire. Dans une déclaration lue par son responsable des relations extérieures, M. Gilbert Kouessi, le parti en veut pour preuve la déclaration conjointe sur la menace terroriste et le soutien à la paix et à la sécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest au terme du sommet de l’Elysée du 17 février 2022. Il y est écrit, fait-il observer que « A la demande de leurs partenaires africains, et sur la base de discussions sur les futures modalités de leur action conjointe, ils ont néanmoins convenu de poursuivre leur action conjointe contre le terrorisme dans la région du Sahel, notamment au Niger et dans le Golf de Guinée, et ont engagé des consultations politiques et militaires avec eux dans l’objectif d’arrêter les paramètres de cette action commune d’ici juin 2022 ». Le Pcb se demande si ce ne sont pas ces paramètres que le président français est venu négocier, Patrice Talon ayant signé la déclaration.

Le responsable des relations extérieures du Pcb Gilbert Kouessi

Les rouges soupconnent aussi une duperie que peuvent cacher les démentis de l’Ambassadeur Vizy qui aurait déclaré dans le quotidien Matinal que les militaires français que l’on peut « croiser occasionnellement avec leurs camarades béninois sont, à l’exception d’une poignée de coopérants, de passage soit pour assurer des formations, soit pour organiser des flux logistiques de l’opération Barkhane que les autorités béninoises facilitent ». Le Pcb se demande aussi si on peut organiser les flux logistiques sans une base de regroupement préalable des flux, sans une base des forces disposées pour l’accompagnement et la protection des flux logistiques ( hommes, matériels, armes et munitions) à convoyer.

Une vue partielle des participants

La deuxième raison qui amène Macron au Bénin selon le Pcb est « la continuation du sabotage de la monnaie Eco de la Cedeao et le maintien du franc CFA ». Pour l’Odhp, la visite du président français sonne comme un soutien à ce qu’elle appelle à tort ou à raison, « la dictature autocratique du président Patrice Talon ». Et pour d’autres raisons diverses et variées, cette visite n’enchante guère l’Alliance pour la patrie ( App), la Cstb et l’Union de la jeunesse communiste du Bénin ( Ujcb).