Souverainetés Africaines dans un Monde Fracturé et Incertain: le regard de l’ancien Premier Ministre Albert Pahimi Padacke du Tchad

L’ancien Premier Ministre Tchadien Albert Pahimi Padacke face à la presse

« Comment penser les souverainetés africaines dans un monde fracturé et incertain? » C’est le thème de la sixième Conférence Internationale Afrique organisée par Groupe Initiative Afrique ( GIA) à Novotel de Cotonou ce 9 mai 2025. A la faveur d’une interview à la presse, le sénateur Albert Pahimi Padacke et ancien Premier Ministre du Tchad qui a activement pris part aux travaux a livré son regard sur la problématique.

Ghislain Gbènakpon

« C’est un sujet d’actualité compte tenu du débat sur la souveraineté en Afrique aujourd’hui. Initialement aux indépendances africaines, la souveraineté était conçue comme une sorte de bouclier contre l’ingérence extérieure à savoir les anciens colonisateurs. Mais les défis contemporains font que cette approche de défense de la souveraineté ne répond plus aux défis actuels. Il faut donc aller vers une souveraineté plus positive, une capacité de choisir et d’agir pour le bien-être des populations, que ce soit dans le domaine de sécurité, d’emploi, du bien-être de façon générale et d’alimentation des populations en besoins de base », a expliqué l’ancien premier ministre tchadien Albert Pahimi Padacke pour lever le voile sur les différents axes de réflexion qui a mobilisé à Cotonou, les participants de cette conférence internationale Afrique.

Pour celui qui est actuellement Sénateur et président de groupe parlementaire, Il s’agit d’une contribution à la réflexion sur quelles souverainetés pour les Etats africains dans un monde fracturé dans le cadre du multilatéralisme et dans un contexte où l’isolationnisme est en train de prendre le dessus avec l’Amérique de Trump. « Ce débat est tellement interressant que la notion de souverainisme aujourd’hui en vogue sur la toile fait qu’on risque de quitter le champ de la souveraineté pour tomber dans des stratégies de conservation du pouvoir sous l’alibi de souveraineté; ce qu’on appelle le souverainisme », a-t-il fait observé.

Il faut dire qu’il ressort des éclairages de l’ancien premier ministre tchadien qu’il s’est agi à Cotonou, d’une rencontre des intellectuels et des universitaires qui se retrouvent pour aborder une réflexion qui permet aux décideurs des pays africains de tirer matière à nourrir leurs décisions: « Il ne s’agit pas de la représentation diplomatique des Etats mais d’une réflexion générale et profonde sur les problèmes de l’Afrique et les gouvernants africains peuvent en faire usage »