
Les équipes spéciales nationales de lutte contre la criminalité liée aux espèces fauniques de la Côte d’Ivoire et du Bénin viennent de renforcer à Cotonou leurs capacités en matière d’acquisition et de gestion du renseignement d’origine humaine. C’était à la faveur d’un atelier de formation du 9 au 11 septembre 2024 avec le soutien technique et financier du gouvernement américain à travers l’Ong Born Free USA. En marge des travaux, le point focal national de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction ( CITES) , le Conservateur de deuxième classe Ulysse Sinagabé Korogoné s’est confié à la presse.
Ghislain Gbènakpon
« Lorsqu’on veut faire des enquêtes au-delà de ce que nous avons l’habitude de faire sur les espèces sauvages, il ne s’agit plus seulement d’arrêter des braconniers, les mettre en prison et c’est fini. Ce n’est plus ce que nous voulons aujourd’hui; nous voulons démanteler les réseaux. Et pour le faire, il faut forcément le renseignement, il faut l’information. Donc, il faut savoir comment aller chercher cette information pour aider la résolution d’enquêtes beaucoup plus larges, beaucoup plus accomplies », a expliqué le Conservateur de deuxième classe Ulysse Korogoné pour mettre en relief la pertinence de cet atelier qui a réuni le Bénin et la Côte d’Ivoire à Cotonou. Les participants viennent de plusieurs agences d’application des lois dont la police, la douane, les unités mixtes comme la cellule aéroportuaire anti trafic, Interpol, le personnel qui relève des structures judiciaires. Il s’agit fondamentalement de tous les acteurs impliqués dans la lutte contre la criminalité faunique, ceux qui sont dans la partie répressive mais aussi des professionnels des médias.

Le point focal national de la CITES a fait observer que cette formation fait suite à une première qui a eu lieu à Abidjan pour les mêmes profils de participants et qui a porté sur les bases du renseignement. Il a aussi rappelé que la particularité de cette criminalité est qu’elle est transfrontalière car généralement, le crime se produit au Bénin mais pour satisfaire des besoins bien au-delà de ses limites continentales. Elle génère des flux financiers énormes au service du blanchiment des capitaux et même du financement du terrorisme. « Ce n’est donc pas une lutte localisée. Il faut que toutes les forces s’unissent pour la gestion de nos écosystèmes. Nous allons demander aux populations de nous accompagner pour avoir la bonne information, pour pouvoir agir efficacement et à temps pour stopper ce trafic illicite d’espèces fauniques », a déclaré pour finir, le Conservateur de deuxième classe Ulysse Sinagabé Korogoné.





















