
Les populations ayant des actes de naissance sans souche n’attendront pas longtemps avant de voir leur situation régularisée. Hier à quelques heures de la fin de l’opération de leur recensement dans le cadre de la reconstitution des actes de naissance sans souche, le directeur général de l’état civile au ministère de l’intérieur et de la sécurité publique a rassuré que les souches seront disponibles avant la fin de l’année. C’est au détour d’une interview que M. Abdon Marius Mikpon’Aï a accordée à la rédaction. Lire plutôt.
Cause Commune : Rappelez les objectifs poursuivis par le gouvernement en initiant cette opération de recensement.
Abdon Marius Mikpon’AÏ : Je vous remercie pour l’intérêt que vous accordez à la thématique qu’est la reconstitution des actes de naissance sans souche. Mais avant d’en venir j’aimerais rappeler un certain nombre de préalables, d’initiatives qui avaient été prises. Qu’il vous souvienne, Novembre 2017 à avril 2018, le gouvernement de son Excellence Patrice Talon a lancé un recensement national aux citoyens étrangers comme Béninois vivant sur le territoire national. Il s’en est suivi- après ce recensement-, un certain nombre de Béninois qui s’étaient fait recenser dans le temps et n’ayant pas d’acte de naissance ; ils se sont fait recenser à base de témoignage. Ces citoyens sont au nombre de 2.500.000 environs. Force est de constater que quand nous avons annoncé ce chiffre, ça a fait un peu de remous parce que la période électorale battait son plein et cela avait été assimilé à une trouvaille du gouvernement pour gonfler le fichier électoral à son profit de la propagande électorale, ce qui n’en était pas du tout. Donc après avoir dénombré les 2.500.000 citoyens sans actes de naissance, il faut aussi noter que parmi eux, il y en a qui ne dispose pas du tout d’informations sur leur âge. Nous sommes donc retournés sur le terrain pour déterminer leur âge approximatif afin de valider. Il faut avouer que le temps de traitement après le recensement, certains citoyens ont émigré, donc nous n’avons pas pu mettre la main sur la totalité. Mais nous avons pu avoir la majorité. Et ainsi nous avons pu déterminer la majorité des âges de ces citoyens.
Mais nous avons aussi remarqué qu’il y a un fait répétitif ; c’est-à-dire que même des personnes insoupçonnées, lors de l’établissement de certaines pièces comme la carte d’identité, le passeport, sont confrontées à des difficultés particulièrement liées aux souches. Vous n’êtes pas sans savoir que les souches sont logées dans nos arrondissements et les conditions dans lesquelles ces archives sont tenues ne sont pas souvent les meilleures. Les termites, les incendies et les actes de vandalismes portent des fois atteinte à l’intégrité de ces souches. Et je m’en voudrais de ne pas faire allusion à ce qui s’est passé récemment dans la commune de Tchaourou où le centre d’état civil a été totalement brûlé. Le citoyens qui sont nés dans cette commune par exemple n’ont pas commis un péché. Et il est bon qu’un gouvernement responsable puisse prendre des mesures pour régulariser la situation de ces citoyens quand ces aléas se produisent. Donc c’est l’objectif fondamental qui a guidé le gouvernement à lancer cette opération de recensement des citoyens disposant d’acte de naissance et qui ont des problèmes de souches suite au plaidoyer que nous les acteurs de l’état civil avons formulé.
On a remarqué une forte affluence des populations particulièrement dans les derniers jours de l’opération
C’est vrai la mayonnaise a pris. Nous ne pensions pas que les gens allaient s’intéresser si tant à la chose. Mais il faut avouer qu’il y a beaucoup qui sont dans les files d’attentes malgré qu’ils ne sont pas concernés car n’ayant pas un problème de souche. En fait, ils n’ont pas compris la nature de l’opération. En réalité, ceux qui s’étaient fait recenser à base de témoignage parce que n’ayant pas d’acte de naissance ne sont pas concernés ; ils n’ont aucun souci à se faire. Leur situation sera totalement régularisée puisqu’il s n’ont pas d’acte de naissance et donc ne peuvent prétendre avoir de souche. Mais ce sont les citoyens qui se sont fait recenser avec l’acte de naissance et qui ont des problèmes de souches qui sont concernés. Les consignes sont fermes pour qu’il n’y ait pas assez de doublons dans la base. Mais c’est une opération de masse ; si d’aventure cela arrivait, un tri sera fait parce que des applications le permettent ; seulement que ça nous donne du travail parce qu’après cette opération, il y aura l’opération nationale de numérisation de tous les registres des centres d’état civil. Car nous sommes en train de travailler à doter chaque arrondissement de son registre. Ce sera registre de populations arrondissement par arrondissement, commune par commune et département par département de telle sorte que le registre de population d’un arrondissement ne sera plus seulement aux mains d’un arrondissement, d’une commune encore moins d’un département pour que même si les évènements malheureux qui ont eu lieu à Tchaourou par exemple surviennent, tous les citoyens qui exprimeraient le besoin d’un acte puissent y avoir accès partout sans difficulté. C’est donc l’objectif fondamental que s’est fixé le gouvernement pour que lorsque vous êtes citoyen né à Natitingou par exemple en résidence à Cotonou, vous ne soyez plus obligé de vous y rendre avant de vous faire délivrer une copie conforme à votre acte de naissance. Puisqu’il y a désormais une Autorité nationale d’officier d’état civil qui est créée par le gouvernement. Donc à partir de Cotonou vous pouvez avoir les différents actes de tous les arrondissements de notre pays. C’est génial, c’est innovateur et le processus de la délivrance des cartes biométriques après le Ravip est en cours et d’ici à là les populations vont pouvoir l’obtenir. C’est le lieu de remercier le chef de l’Etat pour avoir accepté d’accompagner nous les cadres, qui travaillons pour que nos populations s’en sortent mieux.
Concrètement dans quel délai la reconstitution des souches sera-t-elle effective après l’opération de recensement ?
C’est une opération de masse et le recensement se passe dans tous les 546 arrondissements. II y a aura un travail d’apurement pour sortir les doublons. Donc il faut travailler véritablement à sortir du lot ceux qui ont déjà leurs souches. Autre chose, beaucoup de citoyens disposaient de faux actes. Il va falloir travailler à vérifier l’authenticité des actes. Donc cela appelle un travail titanesque qu’on ne saurait évacuer au risque de porter un coup à la qualité du travail qui se fait au laboratoire. Mais ce qui est sûr dans un délai très court, dans un délai imminent, plaise à Dieu, impérativement avant la fin de l’année, les citoyens qui se sont fait recenser lors de cette opération verront leur situation réglée. Les souches seront donc disponibles avant la fin de cette année.
Votre mot de fin
Je remercie le gouvernement et son chef le président Talon pour avoir compris que l’acte de naissance est vital pour le citoyen. Je profite aussi de cette occasion pour demander à la population que telle qu’elle court pour obtenir un acte de naissance, elle doit aussi comprendre qu’un homme a droit aussi à un certificat de décès. Et j’interpelle nos parents en vie pour leurs parents défunts. Lorsqu’un parent décède, qu’il soit enfant mineur, bébé ou adulte, il est impérieux que nous puissions le déclarer afin de non seulement doter notre arrondissement, notre commune d’un fichier national, mais de pouvoir les doter de fichier fiable. Un fichier n’est pas statique. Il faut pouvoir entrer les nouvelles naissances et en retirer les nouveaux décès. C’est le gros chantier auquel nous nous attèlerons d’ici à là.
Propos recueillis par Ghislain Gbènakpon








