
« Cinéma, art et industrie, gage sûr pour le développement ». C’est le thème du colloque inaugural de la première édition des Rencontres cinématographiques et numériques de Cotonou ( ReCiCo) qui vont se tenir du 21 au 28 septembre 2019 à Cotonou. En prélude à l’évènement, son promoteur Dimitri Fadonougbo a entretenu la presse sur ce qui est appelé à devenir le Fespaco béninois.
Ghislain Gbènakpon
Compétitions de films avec à la clé plusieurs prix de différentes catégories, débats forum des films en compétition, tenue d’un marché international de film ( Fim). Voilà ainsi brièvement décliné, le menu de la première édition des ReCiCo qui s’ouvrent le 21 septembre prochain avec pour l’ambition de devenir un grand festival qui va s’imposer comme le Fespaco. « Evènement cinématographique, les ReCiCo se veulent le plus grand et le plus populaire avec une programmation filmographique diversifiée, des activités de visibilité, de communication et d’échanges culturels. C’est un cadre culturel cinématographique pour promouvoir le développement de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique. Les ReCiCo sont donc un véritable cadre de révélation d’œuvres filmiques africaines », a soutenu M. Dimitri Fadonougbo. L’un des temps forts des ReCiCo sera la remise des prix qui sont de plusieurs ordres. Il en est ainsi par exemple du grand prix dénommé le Buste d’Or de Paulin Soumanou VIEYRA, symbole de la consécration suprême de la meilleure œuvre cinématographique. Le Prix sera matérialisé par la statue du Buste de cette personnalité importante du cinéma africain. Il faut dire que ce trophée tire son sens du rôle du premier plan qu’avait joué ce précurseur du cinéma subsaharien. Il est réservé aux films de fiction long métrage. En ce qui concerne le lauréat de la catégorie des films court métrage, il lui est réservé le 1er Prix Pascal ABIKAMLOU. Les ReCiCo se proposent de décerner des prix spéciaux dont le prix spécial Général Mathieu Kérékou. Selon M. Dimitri Fadonougbo, les ReCiCo entendent ainsi reconnaître le combat de cet grand homme auprès de ses pairs africains pour faire adopter la décision 69 au sommet des chefs d’Etats de l’Union Africaine à Maputo en 2003. Une décision qui donne ainsi l’opportunité aux cinéastes africains de créer la Commission du Cinéma et de l’Audiovisuel et le Fonds Panafricain du Cinéma, a-t-il fait observer. Il faut signaler une innovation majeure au niveau des ReCiCo à savoir, l’introduction dans la compétition des prix pour les meilleurs clips vidéo et spots publicitaires porteurs de message. Les meilleurs articles critiques sur les films béninois et Africains sont aussi primés.
Un vrai outil de promotion du cinéma africain et de la diaspora
Pour cette édition 2019 des ReCiCo, 67 films ont été inscrits pour la sélection officielle mais 10 ont été sélectionnés pour la compétition soit 5 longs métrages et 5 courts métrages. Dans la catégorie long métrage, il y a ‘’Desrance’’ d’Apolline Traoré du Burkina Faso et quatre chefs-d’œuvre béninois à savoir ‘’Owo Oba la Recarde de zoundji’’ de Nahum/ Adjaho, ‘’ Le Grand Tournant’’ de Alain Déguénon, ‘’Biyondo’’ de Ogoudjobi/ Tossou et le ‘’Voyage des oubliés’’ de Sènami Kpétéhogbé. Dans la catégorie court métrage, il y a ‘’ Un air de kora’’ de Angèle Nbiang du Sénégal, ‘’ La Trace’’ de Nzang Stella Karine Assoumou et trois chefs-d’œuvre béninois à savoir ‘’ Batouré-Tem’’ de Kocou Yémadjè, ‘’ Suru’’ de Kizmath Baguiri et ‘’ Colis 9 ‘’ de Gildas Adannou. A cela s’ajoutent les films soumis à la compétition pour les prix spéciaux et les nombreuses autres réalisations hors compétition. Plus de 5000 spectateurs sont attendus pour plus de 105 séances de projections prévues. Ces dernières auront lieu à Canal Olympia et l’Institut français de Cotonou avec parfois des détours à la Blue Zone de Zongo en cas de besoin. Il faut dire que le marché international de films ( Mif) annoncé sera créé pour donner aux ReCiCo une tribune de rencontres professionnelles du cinéma et de l’audiovisuel. Le Mif va demeurer un espace privilégié de promotion du cinéma africain et d’échanges entre producteurs, distributeurs et diffuseurs qu’il attire en grand nombre, tout comme les différents porteurs de projets. Il va installer vingt-cinq (25) stands de 9m2 et compte accueillir à lui seul mille cinq cent (1500) visiteurs. « Les ReCiCo prennent tout le contenu et le contenant d’un festival et même au-delà. A travers l’édition 2019, elles pointent du doigt la responsabilité d’une part des pouvoirs politiques sur leur rôle dans la formation, le financement du cinéma pour des productions de qualité et l’exploitation du film en tant que produit et d’autre part la prise de conscience des professionnels à aimer et respecter leur métier. La révolution numérique étant un élément déterminant dans la production du film doit constituer un véritable atout tant pour les décideurs que pour les professionnels d’asseoir au niveau de nos Etats une véritable économie du cinéma pour régler le problème d’emploi et du chômage qui constituent une épine sous les pieds de nos Etats africains », a soutenu M. Dimitri Fadonougbo.













