
Tout le monde l’attendait. Un peu moins de deux semaines après la sortie du président de l’Anlc remettant en cause la Céna dans le traitement des dossiers de candidatures aux législatives du 28 avril 2019, l’institution vient de lui répondre à la faveur d’un point de presse hier. Pour le président Emmanuel Tiando, les éléments d’informations évoqués par M. Jean-Baptiste Elias ne portent pas sur des faits nouveaux.
Ghislain Gbènakpon
« Contrairement à ce qui se dit, il ne s’agit ni de révélations, ni de déballages. Il s’agit en effet de faits déjà connus puisque la Céna elle-même les a évoqués au cours de notre conférence de presse du 13 mars 2019 suite aux accusations de favoritisme faites par certains partis et même des individus à l’issue de la publication de la liste des partis politiques retenus pour prendre part aux élections au terme des délibérations de la Céna. Dans un souci de transparence, nous avions, à cette occasion, longuement exposé les griefs soulevés par ces partis politiques et avions apporté les explications nécessaires à la compréhension des décisions prises en son temps par la Céna. Il n’y a donc aucun élément nouveau dans les faits rapportés par monsieur Elias Jean-Baptiste au cours de sa sortie médiatique. Il a tout au plus repris ce qui avait été déjà porté à la connaissance de l’opinion publique par la Céna ». Ainsi s’exprimait hier M. Emmanuel Tiando, face à la polémique née de la sortie du président de l’Anlc qui porte un coup dur à la crédibilité de la Céna. Le président de l’institution en charge de l’organisation pratique des élections a rappelé que les faits en cause ont fait l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle qui les a examinés au cours de plusieurs audiences publiques. « Aucun des recours n’a prospéré puisque les partis politiques concernés ont été déboutés, la Cour ayant conclu que la Céna n’avait fait preuve d’aucun traitement de faveur dans l’examen des dossiers de candidature et qu’elle n’avait pas en conséquence agi en violation de la constitution, ni du code électoral », soutient Emmanuel Tiando.
Plusieurs séances avec l’Anlc sur le dossier
Dans son intervention, M. Emmanuel Tiando a fait observer que Jean-Baptiste Elias n’a pas sciemment fait état de ce que le dossier a fait l’objet de plusieurs séances de travail entre la Céna et une délégation de l’Anlc sous sa présidence. « En effet, par lettre en date du 2 avril 2019, le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption m’a informé de son souhait d’auditionner deux cadres de la Céna responsables du comité chargé de l’étude des dossiers au sujet d’une plainte relative au traitement des dossiers de déclaration de candidatures. J’ai demandé à savoir l’origine et le contenu de cette plainte mais il m’a opposé un refus. Cette séance a tout de même eu lieu et les cadres se sont expliqués sur la méthodologie mise en œuvre dans l’étude desdits dossiers et les délibérations de la Céna. Par suite, M. Elias m’a joint au téléphone pour me dire qu’il a compris ce qui a été fait et m’a demandé si je pouvais venir au siège de l’Anlc pour qu’on puisse conclure ce dossier. J’ai dépêché la Vice-présidente de la Céna qui lui a fourni d’amples explications et depuis lors, nous n’avons plus enregistré de réaction de la part du président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption. Nous avons même eu d’autres rencontres dans le cadre de la préparation du processus électoral mais à aucun moment, il n’est revenu sur le sujet », a soutenu le président de la Céna.
Méconnaissance de l’évolution de l’administration territoriale par Elias
Le président de la Céna a rappelé que comme il l’avait souligné lors de la conférence de presse du 13 mars 2019, la plénière, après avoir fait une appréciation globale de toutes les observations, a, à l’unanimité, décidé que les observations de manquements communes à toutes les listes et celles qui dépendent de l’administration ne seraient pas pris en compte. C’est pourquoi, poursuit-il, elle n’a retenu que les observations qui constituent véritablement une violation flagrante du code électoral. Le conférencier a particulièrement abordé les cas de discordance des lieux de naissance entre la carte d’électeur et d’autres pièces produites par certains candidats évoqués par M. Jean-Baptiste Elias. « Cette discordance se comprend aisément et n’est pas imputable aux intéressés. Elle est la conséquence de la réforme territoriale intervenue en 1978. A titre d’illustration, Kérou faisait partie de Kouandé de même que Comé faisait partie de Grand-Popo, Ifangni de Sakété, kalalé et Pèrèrè de Nikki. C’est au vu des mutations induites par cette réforme territoriale que la Céna n’a pas pu censurer ces discordances, d’autant plus que plusieurs candidats ont produit des certificats d’individualité. Dénoncer ces prétendues insuffisances relève d’une méconnaissance grave de l’évolution de l’administration territoriale », a expliqué le président Emmanuel Tiando.











