
( La Voix des Consommateurs et les E-marchands font front commun)
Un ultimatum de deux semaines à compter de ce mardi 17 novembre 2020 aux réseaux de téléphonie mobile Mtn et Moov pour mettre fin aux arnaques sur les comptes MoMo, Flooz et les forfaits Internet. Passé ce délai, La Voix des Consommateurs ( Lvc) du président Robin Acrombessi et le Réseau des Emarchands des Services Financiers Digitalisés ( REmasfid) de Christèle Akuele Ayosso projettent pour le mardi 8 décembre prochain le boycott total de leurs produits de 7h à 12 h. Ils l’ont annoncé à la faveur d’un point de presse hier à la Maison de la Société Civile.
Ghislain Gbènakpon
Zéro achat, zéro vente de crédit de forfaits, zéro appel, zéro Internet, zéro transaction MoMo et Flooz de 7 h à 12h. Tel sera le mode opératoire du boycott des produits et services de Mtn et de Moov annoncé par l’association Lvc et les E-marchands au cas où les deux opérateurs mobile ne mettaient pas fin d’ici deux semaines aux arnaques sur les comptes MoMo, Moov Flooz et sur les forfaits Internet. « Depuis ce comportement crapuleux de cambriolage de nos comptes MoMo le 6 août 2020, nous sommes toujours dans l’attente de la restitution de nos fonds et c’est des disparitions d’argent tous azimuts qui alimentent les plaintes que nous recevons depuis un certain temps. Alors, nous prendrons le taureau par les cornes… parce que nous en avons ras le bol. Nous exigeons la restitution de nos 500 F x n volés sur nos comptes MoMo. », a déclaré le président de Lvc, M. Robin Acrombessi.
Il faut dire que les E-marchands distributeurs de produits MoMo et Flooz sont particulièrement concernés par les disparitions d’argent sur les comptes. « Halte aux braquages des fonds de commerce des E-marchands distributeurs des produits MoMo. Toutes les stratégies sont trouvées pour vider nos fonds de commerce : blocage de Sim, arnaques diverses orchestrées par plusieurs cybercriminels dont les agents des opérateurs. Malgré nos plaintes auprès de l’opérateur Mtn Mobile Money, rien n’y fit. », a dénoncé la porte-parole des E-marchands, Mme Christèle Akuele Ayosso. Elle a particulièrement insisté sur les cas répétés de paiements indus de sommes faramineuses à l’Office centrale de répression de la Cybercriminalité ( Ocrc) sans que les E-marchands ne comprennent la procédure judiciaire ouverte à leur encontre, sans qu’ils n’aient la possibilité de se défendre. En effet, les E-marchands sont systématiquement contraints de rembourser les disparitions de fonds organisées par les cybercriminels.
Violation des contrats et du code numérique
Les E-marchands dénoncent les violations répétées des contrats qui les lient aux opérateurs de téléphonie mobile. Il en est ainsi par exemple de l’exigence de pièces d’identité dans les transactions. Mme Christèle Akuele Ayosso fait observer qu’en 2011, à l’entame du partenariat Emetteur de Money Électronique MTN MoMo et Moov Flooz avec les E-marchands, les clauses stipulaient qu’aucune pièce d’identité n’est exigible lors des opérations de mobile money.
Seulement voilà, regrette-t-elle, plusieurs modifications des contrats ont été faites sans leur avis. Par ailleurs, soutient Mme Christèle Akuele Ayosso, conformément aux dispositions du code numérique, les E-marchands ne devraient jamais se retrouver à l’Ocrc avec à la clé des poursuites judiciaires. Il en est ainsi par exemple de l’article 20, deuxième alinéa du code numérique qui dispose que « les opérateurs ne peuvent utiliser leur réseau ou sciemment en permettre l’utilisation à des fins illégales ou contraires aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. Ils prennent toutes mesures appropriées pour s’assurer que leur réseau n’est pas utilisé à des fins illégales ou frauduleuses ». Et en son alinéa 3, l’article 38 du code numérique dispose que « les opérateurs mobiles mettent en place les moyens et procédures nécessaires afin de garantir l’intégrité de leur réseau de distribution. Ils demeurent responsables des agissements de leurs distributeurs et sous-traitants ». C’est dire que seul l’Opérateur répond des E-marchands distributeurs face à la justice.
Ce sont autant de raisons pour lesquelles Lvc et les E-marchands se donnent la main pour organiser le boycott des produits Mtn et Moov au cas où les deux opérateurs ne rectifiaient pas le tir pour ainsi dire. « Dans la solidarité, nous pouvons régler définitivement ce problème. Tous ensemble, et Debout comme un Seul homme, nous réussirons ce Boycott. Nous aurons tiré suffisamment la sonnette d’alarme pour exprimer notre indignation et notre détermination. », a soutenu le président Robin Acrombessi.



















