
Dans une lettre ouverte en date du 8 février 2021 adressée au Pr Benjamin Hounkpatin, le Coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites ( Pnlh) dénonce un harcèlement administratif et un agissement persécutoire dont il est victime de la part du ministre de la santé. Le Professeur Titulaire Nicolas Kodjoh, spécialiste des maladies digestives et du foie, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, y rejette le caractère irrévérencieux faussement attribué à sa réponse à une demande d’explication de l’autorité ministérielle citée en référence et qui est avancé pour justifier la sanction disciplinaire prise en son encontre avec à la clé, une sommation de rédaction d’une lette de démission.
Ghislain Gbènakpon
Le rappel de ses titres et fonctions dans sa réponse à la demande d’explication de l’autorité ; la personnalisation de sa réponse en précisant ses contributions personnelles apportées au gouvernement béninois pour la cause des malades d’hépatites alors que selon l’autorité ministérielle, il devrait s’exprimer au nom de l’Institution ; la demande de véhicules administratifs adressée au Secrétariat Exécutif du Cnls-Tp comme à d’autres structures et institutions de la République. Voilà à la lecture de sa la lettre ouverte au ministre de la santé, les faits essentiellement qualifiés d’irrévérencieux reprochés au Coordonnateur du Pnlh, le Pr Nicolas Kodjoh.
Mais il a d’abord tenu à très vite rejeter leur caractère irrévérencieux en relevant plutôt le vice de forme flagrant de la demande d’explication du ministre qui ne tient pas compte de son statut de Coordonateur du Pnlh nommé par Arrêté ministériel le 12 septembre 2018 : « Ce titre de Coordonnateur me confère indéniablement le droit d’être respecté administrativement en tant que tel. Aussi dans votre demande d’explication, vous étiez tenu de m’écrire en ma qualité de Coordonnateur et non en m’interpellant comme un individu quelconque dénommé ‘’ KODJOH Nicolas’’. Sur ce, il était question de comprendre qu’en mentionnant mes titres et fonctions dans ma réponse, je ne le faisais qu’à titre de rappel administratif, puisque votre demande d’explication les avait ignorés. De même, il fallait que je vous réponde convenablement en me situant au plan individuel sur lequel vous m’aviez interpelé. C’est ainsi que j’étais contraint de vous notifier ce que le nommé Monsieur KODJOH Nicolas, en tant qu’individu et par le biais de ses relations personnelles à l’international, a pu apporter à l’Etat béninois pour délivrer d’une mort certaine des dizaines de nos compatriotes malades d’hépatite C ».
Par ailleurs, poursuit-il, le respect d’un Arrêté ministériel s’impose en premier lieu au Ministre signataire lui-même. « Le déni délibéré de mes titres pourtant contenus dans l’Arrêté de nomination est une violation flagrante de ce principe. C’est une forme de dénigrement au plan administratif qui s’ajoute aux actes d’humiliation dénoncés dans ma réponse à votre courrier cité en référence », soutient le Pr. Nicolas Kodjoh dans sa lettre ouverte.
En ce qui concerne la demande de véhicules administratifs, il fait observer qu’en fait, elle n’était pas une première dans le but d’assurer la mise en œuvre diligente des activités du Programme national de lutte contre les hépatites qui ne dispose d’aucun moyen roulant à ce jour. « Monsieur le ministre Benjamin HOUNKPATIN, ma détermination à hisser le PNLH au rang des réussites phares du Gouvernement est l’unique motivation des alertes et des SOS portés par les cinq documents querellés listés dans ma réponse. Leurs effets ont été indiscutablement salutaires pour le Programme comme cela a été démontré dans ma réponse. Malgré cela, vous les utilisez comme des motifs de harcèlement administratif avec des rappels à l’ordre successifs en qualifiant injustement mes actes pourtant louables de manque de respect à l’autorité et d’atteinte à votre personnalité », écrit le Pr. Nicolas Kodjoh.
Il faut dire que l’homme est sommé par l’autorité ministérielle de rédiger sa lettre de démission. Nous y reviendrons.


















