
« La pandémie de la Covid-19 et les spécialités de la tête et du cou ». C’est le thème principal du cinquième congrès ordinaire de la Société médicale tête et cou ( Sometec) qui se tient depuis ce mercredi 26 janvier 2022 à l’Isba de Cotonou. Les travaux qui prennent fin ce jeudi 27 janvier se déroulent sous la houlette de son président, le Professeur titulaire en ophtalmologie, Ignace Sounouvou. A la faveur d’une interview à la rédaction, l’homme a, entre autres, mis un accent particulier sur l’autre thème au cœur des assises, en l’occurrence, les pathologies dégénératives à propos desquelles, il fait un plaidoyer à l’endroit des autorités. Lire ci-dessous l’intégralité des échanges.
Cause Commune : Veuillez-nous présenter brièvement la Sometec.
Pr Ignace Sounouvou : La Sometec est une société qui regroupe toutes les spécialités de la médecine traitant toutes les affections touchant tous les organes qui sont sur la tête et au cou. Ainsi donc, vous avez les spécialités phares tels l’ophtalmologie, l’Orl, l’imagerie médicale pour la radio, le scanner, l’IRM en vue d’un bon diagnostic, la néochirurgie, les chirurgiens, les anatomopathologistes. Toutes ces spécialités concourent à prendre en charge et à traiter correctement les affections à la tête et au cou. La porte est ouverte à toute autre spécialité entrant dans ce cadre. La société est dans sa 12eme année d’existence. Nous sommes en train d’organiser comme cela se fait tous les deux ans, le cinquième congrès ordinaire de notre société.
Quels sont les principaux thèmes de ce cinquième congrès ordinaire?
L’actuel congrès porte sur deux thèmes très essentiels et surtout d’actualité. Le premier porte sur la pandémie de la Covid-19 et les spécialités de la tête et du cou. Autrement dit, quelles sont les manifestations de cette pandémie dans toutes les spécialités qui concernent la tête et le cou? Également, quel est l’impact que cette pandémie a sur les pratiques médicales des spécialistes de la tête et du cou? Ça c’est le premier thème, le principal pour coller à l’actualité. Pour ce qui est du second thème, vous n’êtes pas sans ignorer que notre population vit de plus en plus longtemps parce que la médecine fait des progrès, les comportements sociaux changent. Vous n’êtes pas sans savoir que l’espérance de vie augmente. Nous vivons de plus en plus vieux. Et parce que nous vivons de plus en plus vieux, nous sommes de plus en plus exposés à des maladies qui relèvent de la vieillesse. Ce qu’on appelle la pathologie dégénérative et cela concerne les spécialités de la tête et du cou. C’est donc les deux principaux thèmes sur lesquels va s’articuler ce congrès à travers des tables rondes, des conférences, des communications faites par les participants.
Quels sont les principaux objectifs poursuivis par la Sometec en choisissant ces deux thèmes?
A travers les résultats de nos recherches et les communications sur ces principaux thèmes, nous voulons attirer l’attention des décideurs pour qu’ils comprennent que les pathologies dégénératives de la tête et du cou sont des affections qui existent réellement du fait de l’espérance de vie mais qui sont sous diagnostiquées parce qu’il y a manque de moyens et parce qu’il y a des barrières socioculturelles qui font qu’on a tôt fait de les mettre sous le coup de la sorcellerie; notamment la maladie d’Alzheimer qui se manifeste comme une démence avec la perte de mémoire. Il s’agit donc pour nous de lancer un appel aux autorités de doter les structures hospitalières aussi bien publiques que privées de moyens de diagnostic. Ceci, pour pouvoir éviter les déconvenues qui découlent du fait que par exemple, on trouve des personnes âgées dans la rue et on les traite assez facilement de sorcières. Loin de nous l’idée de dire que ce phénomène sociologique n’existe pas chez nous. En dehors de la maladie d’Alzheimer, il y en a d’autres qui relèvent de la pathologie dégénérative. Il y a notamment la surdité du fait qu’on entende pas bien, des affections qui touchent l’oeil avec la vision qui chute progressivement jusqu’à ce que l’on ne voit plus bien. On doit pouvoir diagnostiquer toutes ces affections et les prendre en charge. Et cela ne peut se faire si les pouvoirs publics ne nous viennent pas en aide.
Propos recueillis par Ghislain Gbènakpon



























