
( La Déclaration de Paix de Roscao)
L’ambassadrice chargée des affaires politiques, paix et sécurité en Afrique du Réseau des Organisations de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest ( Rescao), Dr. Jeanne Marie Rosette Abou’ou du Cameroun a prêté serment ce samedi 17 décembre 2022 à la salle des fêtes Les Anges à Cotonou. C’était à l’occasion de la 18e édition de la Nuit des Trophées Roscao au cours de laquelle a été distinguée avec d’autres acteurs de la société civile nominés. L’édition 2022 de la Nuit des trophées Roscao a accouché de la déclaration de Cotonou pour la paix en Afrique.
Ghislain Gbènakpon
« Dans ma désormais mission d’accompagnement, de consultation et de conseil pour une contribution efficace du Roscao aux côtés des gouvernements de l’Afrique de l’Ouest, je m’engage à ne faire aucune économie de mon expertise et de mon énergie pour la réalisation de cette mission noble ». Tel est l’engagement pris par l’ambassadrice chargée des affaires politiques, paix et sécurité en Afrique du Roscao fraîchement nommée Dr. Jeanne Marie Rosette Abou’ou lors de sa prestation samedi dernier à l’édition 2022 de la Nuit des trophées Roscao.
Elle a exprimé sa gratitude au président du Roscao, M. Paul Adahou, non seulement pour cette marque de confiance manifestée mais également pour l’avoir rappelée de manière vive par cette nomination et ce trophée qu’elle doit continuer la bataille, aller toujours loin dans son œuvre tant personnelle que professionnelle de réalisation d’une culture de la paix en Afrique.
Des distinctions méritées
Il faut dire que comme les précédentes, le clou de la 18e édition de la nuit des trophées Roscao a été la distinction d’acteurs de la société civile africaine qui contribuent par leurs œuvres et initiatives au développement socio-économique du continent. C’est ainsi que l’ambassadrice Dr. Jeanne Marie Rosette Abou’ou est faite Grand-Croix de la Paix, Sécurité et de la Cohésion sociale en Afrique.

D’autres nominés ont été faits Officiers de l’Ordre du Mérite Sociale. Il en est ainsi entre autres de M. Urbain Sohounmé, de l’ambassadeur Iiker Ankun, des Femmes Pacifiques du Togo et de M. Kodjo Aïd Otou, Pdg édolé Africa. Il faut note que le journaliste béninois Laurent Tonégnikès est fait Officier de l’Ordre de Mérite Média-Communication Analyste Politique.

Cette célébration de la société civile ouest-africaine a été clôturée par la déclaration de paix du Roscao.
DECLARATION DE PAIX DU ROSCAO
Le Réseau des Organisations de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (ROSCAO) est une association des organismes sans but lucratif, active principalement en Afrique et plus précisément en Afrique de l’Ouest. En fonction de ses objectifs, ses activités s’étendent dans la sous-région. Nous travaillons à avoir une société civile responsable qui œuvre pour la paix, l’enracinement de la démocratie et la bonne gouvernance dans les pays membres et dans toute l’Afrique.
Les défis nés des violences électorales et politiques amènent le ROSCAO à mettre en relief l’importance que revêt la mise en place d’une déclaration de paix pour garantir l’équilibre entre la compétition et l’ordre, la participation et la stabilité, la contestation et le consensus, car sans stabilité politique, sans paix et sécurité, la démocratie risque d’être compromise et le développement socio-économique ne pourra pas être réalisé.
En effet, les conflits électoraux et la violence politique ont caractérisé les processus de démocratisation en Afrique, révélant alors des faiblesses dans la gestion des élections et dans les règles en vue d’une compétition politique saine, ainsi que l’absence d’un pouvoir judiciaire impartial pour interpréter et statuer sur les différends électoraux.
Dans toute démocratie représentative, les élections constituent non seulement le mécanisme par lequel le peuple peut se prononcer sur les individus qui les représentent, mais également un instrument de légitimation pour la société civile. Elles facilitent la transition dans un cadre juridique du leadership d’un parti vers un autre de façon compétitive, transparente et structurée.
Lors de tels processus, des tensions sont inévitables et peut-être même souhaitables, car elles peuvent faire ressortir le meilleur ou le pire des partis et des individus.
Cependant, il convient de souligner que les élections ne sont pas la seule cause de violence pré ou post-électorale. Souvent, les élections fournissent l’opportunité pour le peuple d’exprimer d’autres griefs de nature politique ou sociale.
Ainsi, depuis plusieurs années, notamment depuis le début des années 2000, on observe en Afrique une série de contestation des résultats suite aux élections soit par les candidats ayant pris part au processus électoral ou par des acteurs engagés qui ne sont pas satisfait des résultats proclamés par les instances de délibération. Ce phénomène, ayant perduré dans le temps, est devenu un rite qu’emploient certains candidats à tort ou à raison ce qui menace la cohésion sociale.
Il serait aussi de bon ton de reconnaître qu’en fonction de la manière dont les élections sont organisées et de l’environnement politique dans lequel elles se tiennent en Afrique, les élections peuvent soit promouvoir la gouvernance démocratique, la paix, la sécurité et la stabilité politique, soit mettre en péril la démocratie et le développement en alimentant des conflits violents et en déstabilisant les régimes politiques ce qui illustre bien le cas du Mali, du Burkina-Faso et de la Guinée-Conakri et bien d’autres.
C’est la raison pour laquelle les progrès accomplis vers l’institutionnalisation de la démocratie et l’instauration d’une paix durable en Afrique ne peuvent plus être mesurés uniquement en termes de la régularité des élections : il faut également tenir compte de la qualité desdites élections.
À cet effet, que le champ de la compétition, soit ouvert à tous les Partis politiques officiellement enregistrés dans différents pays du continent africain pour permettre à tous les bords politiques d’être dans la course aux élections à venir sur le continent et ce dans le respect et l’application des différents textes et dispositions légales en vigueur nationales qu’international.
C’est dans cet objectif que le ROSCAO lance un cri de cœur à l’endroit des acteurs de la scène politique Africaine, les partis politiques, les Organisations de la Société Civile, les Responsables de Médias, les Leaders religieux, les populations, les forces de l’ordre, les institutions internationales, les responsables des institutions en charge des élections. Afin que chacun joue au mieux sa partition pour une paix durable et un développement durable.
Les regroupements politiques ainsi que les candidats doivent multiplier les séances d’éducation civique et de sensibiliser leurs bases sur l’exercice de la Démocratie qui implique la tolérance mutuelle, d’axer leur campagne électorale sur la présentation de leur projet de société et de promouvoir la non-violence, de cultiver et de favoriser le climat de la paix et de sécurité, condition sine qua non pour l’avènement d’un Etat de Droit.
Les acteurs des Organisations de la Société Civile doivent être actives par rapport à la sensibilisation de masses sur leurs devoirs civiques, sur pourquoi voter, comment voter et qui voter.
Les Responsables de Médias, doivent privilégier l’animation des émissions éducatives sur l’éthique électorale. De faire preuve du professionnalisme et du respect du code d’Éthique et de Déontologie de Journaliste et d’éviter tout dérapage et toute forme de propagande.
Les populations de participer massivement au vote dans le respectent des lois en vigueur et surtout garder leur calme face à toute formes de provocations ou d’incitations.
Les Leaders religieux doivent sensibiliser les populations à la promotion de la paix tout en multipliant les messages de paix à leur endroit.
La Communauté Internationale doit accompagner les processus électoraux jusqu’à son aboutissement heureux.
Les responsables des institutions en charge des élections doivent rester impartiales et ne pas prendre parti sur les éventuels contentieux qui peuvent découler du processus électoral.
Que la paix soit avec nous et que Dieu bénisse l’Afrique.












