11e Grande Nuit de l’Indigo à Cotonou :le SIA 2023 clôturé par un défilé de mode international haut en couleurs

Un tableau du défilé international

Après l’effort, le réconfort. La deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023 ) qui a pour promotrice Nadia Adanlé de l’entreprise Couleur Indigo a pris fin en beauté ce samedi 25 novembre avec la 11e édition de la Grande Nuit de l’Indigo à Cotonou dans le jardin Cardinal Bernardin. De grandes figures de la mode de la sous-région et du Japon ont présenté de belles collections de vêtements en indigo dans lesquels ont défilé des mannequins internationaux sous les regards émerveillés d’un public conquis.

Ghislain Gbènakpon

La collection du Nigéria

Mettre Élu Vo et l’indigo d’autres pays africains en lumière et montrer au public ce qu’il est possible d’en faire pour l’inciter à changer ses habitudes vestimentaires. C’est l’objectif principal de cette Grande Nuit de l’Indigo qui a marqué de son bleu indélébile les esprits des participants à la deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023 ). Les grands noms du secteur de la mode du Bénin, du Togo, du Nigéria, de la Côte d’Ivoire et du Japon ont présenté des collections de vêtements qu’ils ont réalisées à partir du Élu Vo ou de tissus indigo de chez eux. Ceux-ci ont été mis en valeur par des mannequins internationaux à travers un défilé riche en sons et en couleurs.

La promotrice du SIA Nadia Adanlé en pleine prestation

A la faveur d’une interview à la presse au terme du défilé, la promotrice du SIA dont la collection Couleur Indigo a été aussi présentée a exprimé sa grande satisfaction. « C’est un sentiment de joie qui m’anime, de très grande joie. Je suis comblée. Les mannequins ont été au top. On n’a pas eu de couac technique. On a fait zéro faute. Et le public était là nombreux. Mes œuvres ont été appréciées, les pièces ont été bien présentées. Je ne peux que rendre grâce et remercier tous les partenaires. L’indigo est en train d’être une fierté nationale. Il y a encore de grands pas à faire et on espère que dans pas longtemps, ce sera une fierté nationale. Ma collection Nobimé de Couleur Indigo, c’est l’écru 100% béninois. L’écru, la plante, le savoir-faire, la transformation, toutes les mains qui ont travaillé sont de Ouidah, du Bénin. Nous avons de quoi être fiers », s’est réjouie Nadia Adanlé. Il faut dire qu’en réalité, le SIA 2023 a pris fin ce dimanche 26 novembre par un défilé à Aného pour la clôture du Festival International de l’histoire d’Aného. Ce fut un beau défilé sur fond de percussion joué par le grand percussionniste Cyril Licyr de la Martinique présent à Aného pour la circonstance.

Une vue des participants avec en première ligne le maître indigotier Murata du Japon

Ils ont dit

Deux autres acteurs de cette 11e édition de la Grande Nuit de l’Indigo à Cotonou se sont confiés aussi à la presse. Il s’agit du styliste togolais Vodis Koffi, alias Style César et du directeur artistique du défilé, John Médard.

Vodis Koffi alias Style César du Togo

« J’ai présenté une collection appelée Dénigban. J’ai beaucoup aimé cet événement surtout que les tissus sont naturels, 100% naturels. J’aimerais toujours travaillé dans ce tissu couleur indigo. Je remercie la promotrice qui m’a invité pour cette deuxième édition du SIA et si tout va bien, je serai aussi à la troisième édition. »

John Médard, directeur artistique

« Je suis très content. Le travail qu’on a abattu ensemble depuis trois mois a payé. Le public est content, les mannequins sont contents. La promotrice et les stylistes invités sont satisfaits du travail. Ce pagne indigo sur le corps des mannequins était paradisiaque comme vous avez pu le remarquer. C’était splendide. On est rassuré aujourd’hui que avec l’indigo, avec le Élu Vo, on a des hommes et des femmes bien habillés. »

3e jour du SIA 2023: des panels de discussions sur l’histoire du textile et les enjeux de la patrimonialisation de l’indigo

Un des panels de discussions

Une journée scientifique d’échanges et de partage de savoir et savoir-faire. C’est ce qu’a été ce vendredi 24 novembre au siège de Couleur Indigo à Ouidah, la troisième journée du Symposium sur l’Indigo Africain, édition 2023 ( SIA 2023 ) avec des conférences animées par des panels de discussions sur, entre autres, l’histoire du textile d’hier à aujourd’hui et le défi de la patrimonialisation de l’indigo surtout auprès de l’UNESCO. Elle a connu la participation d’historiens, de muséologues, de chercheurs et sachants ainsi que d’entrepreneurs d’ici et d’ailleurs en soutien à la promotrice du SIA, Nadia Adanlé. Les travaux ont été lancés par Mme Carole Borna, la représentante du ministre du tourisme, de la culture et des arts ( MTCA).

Ghislain Gbènakpon

La promotrice du SIA Nadia Adanlé

« On a parlé de l’histoire du textile avant la colonisation, de la démarche de la muséalisation, comment l’entreprendre, quels sont les intérêts, un plaidoyer en fait pour la mise en route d’un musée textile dans notre pays. Nous avons eu la chance d’écouter d’éminents professeurs et nous avons aussi eu le directeur du patrimoine culturel qui nous a présenté toutes les dispositions liées à l’UNESCO. Nous avons eu M. William Codjo qui nous a parlé de la politique du gouvernement quant à la place de l’industrie textile dans l’industrie culturelle de façon générale », a expliqué la promotrice du SIA Nadia Adanlé à la faveur d’une interview au terme des travaux.

Le maître indigotier Murata du Japon lors de son intervention en panel

Il faut dire que la journée a pris fin avec une immersion virtuelle dans l’entreprise centenaire du maître indigotier Murata dont il est la quatrième génération au Japon. « Quand on parle de muséalisation, de patrimonialisation et qu’on est en face d’un collègue issu d’une entreprise qui a 104 ans, pour moi, c’est un appel à la persévérance, à la transmission et au passage de relais », a soutenu Nadia Adanlé.

La conseillère technique aux arts du MTCA, Mme Carole Borna

Cette journée scientifique a permis d’élargir les connaissances d’un public avisé en vue de constituer une communauté autour des questions de préservation, de transmission et de patrimonialisation des textiles teints à l’indigo selon le procédé traditionnel en termes de produits et de savoir-faire. « Le gouvernement voudrait vous témoigner sa reconnaissance pour votre combat qui a permis depuis quelques années de revisiter progressivement cette pratique, de la recréer pour ensuite la valoriser. Mieux, mon département ministériel prend déjà les dispositions  pour soumettre les années à venir, une proposition de reconnaissance internationale sous forme de label de cet élément de notre patrimoine culturel. Bien évidemment, une telle entreprise nécessitera la contribution de nos frères de la sous région qui détiennent des variantes de cette pratique », a déclaré au nom du ministre du tourisme, de la culture et des arts, sa représentante, Mme Carole Borna à l’endroit de la promotrice du SIA.

Une vue d’ensemble des participants aux conférences

La deuxième édition du SIA va prendre fin ce samedi 25 novembre à Cotonou avec le défilé international à l’occasion de la 11e édition de la grande nuit de l’indigo qui va mettre en lumière les grands noms de la mode et du mannequinat de la sous-région.

Muséalisation du Élu Vo au SIA 2023: l’Ecomusée inauguré dans la concession des Aniambossou à Ouidah

Coupure du ruban

Après la Place Élu Vo érigée l’année dernière à la première édition en leur honneur, un nouvel équipement vient de voir le jour à Ouidah à la deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023) pour rendre hommage aux braves femmes de la concession des Aniambossou qui ont par le passé mené l’activité de teinture à l’indigo et ont su transmettre leur savoir-faire. La Muséalisation de la marque Élu Vo, tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral par l’entreprise Couleur Indigo est mise en route avec l’inauguration ce jeudi 23 novembre de l’Ecomusée implanté dans ladite concession. C’était sous la houlette du maire de Ouidah, M. Christian Houétchénou. La promotrice du SIA Nadia Adanlé vient ainsi de faire à nouveau œuvre utile.

Ghislain Gbènakpon

Explication des objets de l’Ecomusée par Nadia Adanlé

Les cuves dans lesquelles on fait fermenter les feuilles Élu qui servaient à teindre le tissu à l’Indigo, une cuve usée mais témoin vivant de l’activité qui avait eu lieu dans cette concession, un tissu complètement attaché qui attend juste qu’on le trempe dans la cuve pour commencer son processus de teinture, une pièce réalisée dans cette concession par les femmes de cette concession et dont la régularité des points, la géométrie, la symétrie et l’alignement témoignent de l’expertise dont elles faisaient montre, deux pièces où sont listés tous les noms  de toutes les femmes indigotières de cette concession. Voilà entre autres ce que donne à découvrir l’Ecomusée implanté dans la concession des Aniambossou à Ouidah inauguré dans le cadre de la Muséalisation du Élu Vo à l’occasion de la deuxième édition du SIA.

Nadia Adanlé, promotrice de Couleur Indigo et du SIA

Il faut dire qu’il s’agit d’un petit espace pour immortaliser le passage de l’indigo dans la concession des Aniambossou. C’est un véritable retour à la source pour les visiteurs qui ont l’opportunité de découvrir la tradition ancestrale de la teinture à l’indigo telle qu’elle était pratiquée par les femmes de cette collectivité et ce qu’il en reste. L’écomusée naît le plus souvent autour d’activités en voie de disparition. L’urbaniste et historien du patrimoine et du tourisme, Dr. Sylvestre Edjékpoto, a eu à faire observer que cet Ecomusée dans la concession Aniambossou est un espace qui va ressusciter, restaurer et remettre en musique tout le process de production de l’indigo dans le passé en termes de narration.

« Dans la liste des femmes indigotières de la concession Aniambossou, il y a Assibavinon/de Souza, Dânou Cotonouton, Dânou Mouninon, Dânou Dounin, Dânou Ahodénon, Nannan Navor, dada Falinon, Dânou Ahonon Déhinon, Nannan Ayayibonon, dada Kpaliméton. Et c’est dada Kpaliméton que j’ai beaucoup fatiguée dans cette maison à lui poser 10.000 questions. Ce que nous allons voir n’est pas encore la version définitive. Mais ça nous permet de sortir ces objets utilisés par ces braves femmes de l’oubli qui était comme une épée de Damoclès sur leurs têtes », a expliqué la promotrice du SIA Nadia Adanlé.

Une initiative fortement saluée

La collectivité Aniambossou
Le chef de la collectivité Aniambossou, M. Baba Oladikpo Aniambossou

Comme on pouvait s’y attendre, la collectivité Aniambossou a exprimé sa profonde gratitude et sa pleine reconnaissance à Nadia Adanlé pour cette initiative de Muséalisation de Élu Vo. « Notre riche patrimoine culturel et même cultuel est repris, amélioré, embelli, médiatisé à travers le monde, apprécié et aimé de  plus en plus de tous grâce au dynamisme, à la dextérité, au courage, à l’abnégation et au sens du sacrifice de l’une des nôtres, fille de Ouidah, formée dans cette maison Aniambossou par les dernières indigotières de notre collectivité: Nadia Adanlé », a déclaré dans son allocution, le chef de la collectivité Aniambossou, M. Baba Oladikpo Aniambossou qui a rebaptisé pour ainsi dire la promotrice de l’entreprise Couleur Indigo « Nadia Adanlé Aniambossou ».

Le maire de Ouidah, M. Christian Houétchénou

Le maire de la ville de Ouidah a aussi réaffirmé son soutien à l’initiative de Mme Nadia Adanlé. « La première action et l’action principale que j’ai choisie de faire, c’est d’inscrire dans le patrimoine touristique de la ville de Ouidah, la route de l’indigo. Qu’est-ce qu’il nous faut pour inscrire l’indigo dans le patrimoine touristique si ce n’est la valorisation du patrimoine ancestral, les lieux de représentation et aujourd’hui les centres de modernisation et d’exposition. On a aujourd’hui tout ce qu’il nous faut. L’Ecomusée, la Place dédié aux indigotières, la représentation de ces braves femmes qui ont fait perpétuer cette tradition, l’histoire qu’elle est en train d’écrire progressivement et aujourd’hui ce qu’on en fait en termes de modernité. Tout ce qu’il nous faut est là. C’est pour cela que je suis heureux. Car j’ai tout ce qu’il nous faut pour contribuer à faire de Ouidah, l’une des plus grandes villes touristiques de l’Afrique de l’Ouest », s’est réjoui M. Christian Houétchénou.

2e édition du Symposium sur l’Indigo Africain: les manifestations lancées pour la Muséalisation du Élu Vo

Une vue de famille partielle des participants

( La fibre indigo renforce le lien entre Ouidah et Aného)

La deuxième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023 ) consacrée à la Muséalisation de la marque Élu Vo, tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral a été lancée ce mercredi 22 novembre 2023 au siège de Couleur Indigo à Ouidah. C’était sous la houlette du préfet de l’Atlantique, M. Jean-Claude Codjia . Le lancement a été marqué par la parade de costumes identitaires des cinq pays représentés à savoir le Togo, le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Japon. La présence notable du maire d’Aného au Togo, M. Alexis Coffi Aquéréburu est l’expression du renforcement des liens entre sa commune et Ouidah, berceau de l’Indigo au Bénin.

Ghislain Gbènakpon

La promotrice Nadia Adanlé lors de son intervention

« Il s’agit de dresser un état des lieux informationnel qui va contribuer à construire une communauté scientifique et intellectuelle autour de la thématique et d’initier les bases effectives de cette muséalisation qui nous est capitale », a déclaré dans son mot de bienvenue, la promotrice de l’entreprise Couleur Indigo et du SIA Nadia Adanlé pour mettre en relief l’objectif de cette deuxième édition. Et il ressort de son intervention que ce Symposium est le fruit d’un travail de préparation minutieux et de  collaboration entre de nombreux acteurs clés dont des chercheurs, des universitaires, des professionnels et représentants gouvernementaux et des entrepreneurs issus de divers domaines tous animés par la volonté de mieux comprendre et de faire de cette muséalisation, une réalité au Bénin.

Une vue partielle du participants
Le préfet Jean-Claude Codjia

Il faut dire que la Muséalisation va prendre corps dans l’après-midi de ce jeudi 23 novembre avec la mise en route de l’Ecomusée dans la concession des Aniambossou à Ouidah qui a été par le passé, le foyer ou le siège de la teinture à l’indigo selon le procédé traditionnel. « Cet équipement sera un témoin vivant, vibrant et vivace de ce passé plus de 40 ans en arrière, de cette présence bleue, très bleue, carrément bleue indigo dans notre chère commune », a soutenu Nadia Adanlé. Mais déjà dans la matinée, il y a la formation des formateurs sur l’art de la teinture à l’indigo japonais par un maître indigotier venu du pays du soleil levant. L’objectif est d’échanger et de partager des expériences, d’offrir de nouvelles perspectives de collaboration et de développer de réels partenariats avec d’autres indigotiers. La parade remarquable de costumes identitaires à l’ouverture a d’ailleurs montré au public les richesses culturelles des cinq pays représentés en termes de tissus et donné un avant-goût des évènements qui marqueront le SIA 2023; avec pour apothéose ce samedi 25 novembre à Cotonou, le défilé international qui va mettre en lumière les chefs-d’œuvre de grands noms de la mode et du mannequinat de la sous-région à partir de Élu Vo.

La parade de costumes identitaires des pays participants

Quand le fibre indigo tisse un lien fort entre Aného et Ouidah

« Je dirai un merci filial au maire d’Aného qui avec la fibre indigo voudrait tisser un toile solide entre Aného et Ouidah », a déclaré la promotrice du SIA à l’endroit du maire Alexis Coffi Aquéréburu qui a fait le déplacement. Dans son intervention de circonstance, ce dernier a salué l’initiative du SIA qui permet de célébrer le pagne indigo aux multi couleurs, qui montre que l’Afrique connait la géométrie, le dessin, le mariage des couleurs, comment est-ce qu’on peut transformer le blanc et le mettre sous différentes couleurs.

Le maire d’Aného Alexis Coffi Aquéréburu

Il faut dire que pour le maire d’Aného, la teinture à l’indigo est effectivement un art. « Et ce que fait aujourd’hui Nadia Adanlé, c’est de transmettre cet art de générations en générations, de le sublimer pour que l’Afrique aille à la conquête du monde, que cet art serve de trait d’union et que l’Indigo soit pérennisé dans le temps. Elle utilise le pagne pour créér un lien entre deux villes sœurs Aného et Ouidah qui ont des traditions historiques communes. C’est une nouvelle dimension du pagne qu’elle nous apporte. Le pagne comme trait d’union, le pagne comme créateur de lien historique, le pagne comme enrichissement de valeurs culturelles », a déclaré Alexis Coffi Aquéréburu.

Paix, Sécurité, Agendas 2030 et 2063: Concertation entre les ambassadeurs Francis Oké et Parfait Onanga-Anyanga

SEM Francis Oké et Parfait Onanga-Anyanga se donnent la main

La CEDEAO et l’UNOAU se donnent la main pour renforcer leur collaboration conjointe. En effet, ce 17 novembre 2023, SEM Parfait Onanga-Anyanga, RSSG a reçu l’Ambassadeur Francis OKE, Représentant permanent de la CEDEAO auprès de l’UA et de la CEA.

Les deux dirigeants ont échangé sur une évaluation rapide du Cadre conjoint ONU-UA de 2017 pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité et du cadre UA-ONU de 2018 pour la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et de l’Agenda 2030 et sur la manière d’assurer une collaboration efficace et percutante à régional etAu niveau des États membres. Ils ont en outre mis l’accent sur la manière de revitaliser et d’assurer les engagements techniques avec les pays de la CEDEAO en transition avec un nouveau récit et une éventuelle ingénierie du système.

Libéria : les félicitations de la CEDEAO

Sans surprise, la CEDEAO se réjouit de l’aboutissement heureux des élections législatives et présidentielles au Libéria. Dans un communiqué parvenu à la rédaction, elle félicite le peuple libérien pour la conduite pacifique du processus électoral. Elle félicite l’ambassadeur Joseph Boakai pour son élection et particulièrement le président sortant Georges Weah pour avoir accepté les résultats. Pour la CEDEAO, les libériens viennent de démontrer une fois encore que la démocratie vit toujours en Afrique de l’Ouest et que le changement peut toujours se faire par les voies pacifiques. Lire ci-dessous son communiqué.

Dialogue social: la COSI -Bénin mobilise l’Intersyndicale sur les défis en vue d’actions concertées en 2024

M. Pierre Gninton lançant les travaux au nom du SG/ COSI-Bénin

L’intersyndicale des six centrales et confédérations syndicales à savoir la COSI -BÉNIN, la CSA-Bénin, la CGTB, l’UNSTB, la CSUB et la CSPIB dispose désormais d’une boussole pour mener en 2024 son plaidoyer au profit des travailleurs. Avec le soutien de la CNV International, la COSI-Bénin l’a mobilisée autour d’un atelier sur l’analyse du contexte national du dialogue social et l’identification des défis et actions à mener dans le cadre de l’unité d’action syndicale. C’était ce jeudi 16 novembre 2023 à la bourse du travail à Cotonou avec pour communicateur, l’expert Pr. Pierre Zanou.

Ghislain Gbènakpon

Une vue partielle des participants et du modérateur Calixte Adiyéton, chargé de programme de COSI-Bénin

Analyser le contexte national relatif au dialogue social et identifier les principaux défis sur lesquels l’intersyndicale peut faire des actions de plaidoyer et négociations collectives en 2024. C’est l’objectif général de cet atelier initié par la COSI-Bénin avec le soutien financier de la CNV International. De façon spécifique, il a été question de mobiliser les leaders syndicaux de la COSI-Bénin et de l’intersyndicale sur le contexte national en lien avec le dialogue social au Bénin aux lendemains des élections professionnelles, d’analyser et identifier les principaux défis et enjeux du dialogue social national et de l’intersyndicale puis de mettre en place un comité intersyndical de suivi de la mise en œuvre des actions de plaidoyer et lobbying.

« Le premier défi, c’est la formation de tous les membres des organes du dialogue social, amélioration du système d’information au niveau des organisations syndicales, amélioration de la gouvernance du milieu syndical, la rupture avec le statut de la dépendance financière vis à vis de l’Etat et des partenaires, la décentralisation du dialogue social qui doit descendre au niveau des services et des entreprises pour créer des accords, réévaluation des textes du dialogue social et négociation collective au moyen d’un atelier, nécessité de vote d’une loi sur le droit syndical, le développement de stratégie de contournement face aux obstacles, tout système ayant ses faiblesses », a soutenu le Pr. Pierre Zanou dans sa communication.

L’expert Pr. Pierre Zanou lors de sa communication

Dans une interview à la presse, l’expert a mis l’accent sur la bonne préparation des sessions de la commission nationale de concertation gouvernement-syndicats, la remise a niveau ou le renforcement de capacités de tous les acteurs que ça soit les représentants des chefs d’entreprise, des syndicats, de l’Etat dans un contexte parfois de crise économique, crise politique et sociale. « Car, lorsqu’il n’y a pas la confiance, aucun dialogue ne peut se mener avec succès. Par rapport à cela, il fait que chaque acteur puisse redimensionner sa stratégie, ses moyens. Et le respect de la légalité est un point incontournable dans un pays qui se veut démocratique, que ce soit du côté des gouvernants, des organisations syndicales et des chefs d’entreprise », a-t-il soutenu. Il faut dire que les travaux en groupes ont permis aux responsables syndicaux participants d’identifier aussi pour l’année prochaine, les principaux thèmes de plaidoyer qui intéressent les travailleurs dont, entre autres, le respect du SMIG, la réglementation du stage professionnel des jeunes, le droit des femmes et la gestion des carrières.

9e Revue des réformes et politiques de l’UEMOA au Bénin: le DIER Faustin Guidi gagne le pari de l’organisation

Le DIER, M. Faustin Guidi

( Bilan et perspectives )

Premier coup d’essai et coup de maître pour ne pas dire de génie. Le nouveau directeur de l’intégration économique régionale ( DIER ) du ministère de l’économie et des finances a des raisons de se frotter les mains aux lendemains de la neuvième Revue des réformes, politiques, projets et programmes communautaires de l’UEMOA au Bénin. M. Faustin Guidi a manifestement gagné le pari de la bonne organisation pratique des assises qui se sont déroulées du 8 au 10 novembre 2023 à l’hôtel Azalaï de Cotonou, quelques semaines seulement après sa prise de fonction. A la faveur d’une interview à la rédaction, l’homme dresse un bilan qui honore le Bénin et entrevoit de bonnes perspectives pour le pays. Lire ci-dessous l’intégralité des échanges.

Cause Commune: Le Bénin vient de faire sa 9e revue des réformes, politiques, projets et programmes communautaires de l’UEMOA. Que peut-on retenir des résultats?

Faustin Guidi: Effectivement, le Bénin vient de boucler les travaux de la neuvième revue des réformes, politiques, projets et programmes communautaires de l’UEMOA. De quoi s’agit-il concrètement ? L’UEMOA est une institution sous-régionale supranationale qui souhaite avoir des textes et lois au-delà de ce que nous prenons au niveau de nos différents pays. Et ces lois sont des lois supranationales. Alors, une fois que ces textes sont pris, chaque Etat doit tout faire pour les transposer dans ses lois nationales. C’est donc ce qui a été évalué à cette 9e édition de la revue et le Bénin vient de faire une performance de 73 % contre un taux de transposition autour de 68, 83 % l’année passée. C’est dire que le Bénin fait partie des pays de l’UEMOA qui font assez d’efforts en matière de transposition des textes communautaires tel que exigé par la commission de l’UEMOA.

Tant qu’il reste à faire, rien n’est fait, dit-on. Quelles sont donc les perspectives pour améliorer davantage le score du Bénin ?

Effectivement, tant qu’il reste à faire, rien n’est fait. Il reste au Bénin trois points à traiter pour atteindre les 100% de transposition. Et il s’agit des nouveaux textes que l’UEMOA a pris qu’on a pas encore eu le temps de transposer. Mais parmi ces nouveaux textes, beaucoup sont déjà au niveau de l’Assemblée nationale et nous estimons que d’ici novembre pour la revue 2024, les députés vont aussi aider le pays à voter ces différentes lois pour que le Bénin puisse avoir les trois points restants pour faire les 100% à l’évaluation de la 10e édition.

Un appel en guise de mot de fin à vos collaborateurs, à tous les points focaux et à toutes les parties prenantes de la revue.

Une fois encore, je voudrais remercier les points focaux de la direction de l’intégration économique régionale sur cette activité et les exhorter à faire davantage pour qu’à la 10e édition l’année prochaine, le Bénin puisse être le premier au sein des huit États de l’UEMOA à transposer pratiquement tous les textes communautaires.

Propos recueillis par Ghislain Gbènakpon

Symposium sur l’Indigo Africain 2023: la 2e édition s’ouvre le 22 novembre pour la Muséalisation du Élu Vo

Les deux conférenciers

Après la professionnalisation de la filière élu Vo à la première édition l’année passée, l’édition 2023 du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2023 ) va se dérouler du 22 novembre au 26 novembre avec pour thème, « la Muséalisation du Élu Vo », tissu teint à l’indigo selon le procédé ancestral afin de faire un zoom sur Ouidah, la ville détentrice de ce savoir-faire. C’est l’une des principales informations de la conférence de presse que Nadia Adanlé, la PDG de Couleur Indigo, l’entreprise promotrice du SIA a conjointement animée avec Dr. Sylvestre Edjékpoto, urbaniste et historien du patrimoine et du tourisme pour lever le voile sur les grandes articulations de la deuxième édition. C’était ce jeudi 9 novembre 2023 au Centre Culturel de Rencontres Internationales ( CCRI ) John Smith de Ouidah.

Ghislain Gbènakpon

La promotrice de Couleur Indigo et du SIA, Nadia Adanlé

Le Nigéria, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Japon et le Bénin. Ce sont les cinq communautés ou pays attendus au Symposium sur l’Indigo Africain 2023. Et l’une des particularités de cette deuxième édition est qu’elle va se dérouler sur trois villes à savoir du 22 au 25 novembre à Cotonou et Ouidah et le 26 novembre à Aného au Togo. « Il y aura le lancement qui sera marqué comme l’année dernière par la parade Elu au cours de laquelle, les tissus et les accoutrements des communautés représentées seront présentés au public. Nous aurons la participation d’un pays lointain en l’occurrence le Japon. Après le lancement, il y aura tout ce qui est activités de formation, d’échanges entre les jeunes indigotiers, les anciennes qui travaillent toujours et ce japonais venu de loin. Ensuite, dans l’après-midi, nous allons inaugurer l’Ecomusée qui sera installé dans la concession des Aniambossou. Et le vendredi 24, nous allons nous plonger purement dans les activités intellectuelles où les thèmes vont tourner autour de l’histoire du vêtement et tout ce qui est patrimoinisation du textile africain en général et du Élu Vo en particulier. Puis le samedi, nous allons finir en beauté avec la Grande Nuit de l’Indigo, défilé international qui va rassembler les stylistes du Bénin et ceux venus d’ailleurs », a expliqué la promotrice Nadia Adanlé pour ce qui est des activités phares du SIA 2023 à Cotonou et à Ouidah avant le cap sur Aného le 26 novembre pour la clôture du festival international d’histoire d’Aného ( FIHA ) qui accorde une place de choix à l’Indigo.

Sens et portée de la Muséalisation du Élu Vo

« Lorsqu’on vient sur un territoire et que l’on prend un élément patrimonial qu’on commence par valoriser du point de vue économique, il est important qu’on fasse un retour vers la source pour célébrer toutes les communautés qui ont permis la création et la transmission de ce patrimoine. Ce souci nous amène à créer d’équipements muséaux qui vont faire écho à toute l’organisation économique, du point de vue exploitation que développe Couleur Indigo. », a expliqué Dr. Sylvestre Edjékpoto.

L’historien du patrimoine et du tourisme Dr. Sylvestre Edjékpoto

Il ressort de l’intervention de l’historien du patrimoine et du tourisme que le premier équipement muséal va être l’Ecomusée annoncé pour être érigé dans la concession des Aniambossou à Ouidah : « On va entendre par éco-musée, la création d’un espace qui va ressusciter, restaurer et remettre en musique tout le procès de production de l’indigo dans le passé. On va pouvoir visiter dans cette maison, le site sur lequel il y a eu cette activité. On va pouvoir revoir une mise en scène de tout le processus de production du tissu Indigo. L’Ecomusée va vous donner l’authenticité de la production, mais en termes de narration. On va raconter l’histoire. On profitera également pour associer à cet élément muséal, l’organisation d’une maison où vivent les indigotières. Comment est-ce que la spatialisation se fait ? ». A cet Ecomusée qui ne va parler que de la production de l’indigo à Ouidah, s’ajoutera un musée de collections qui sera installé dans un édifice patrimonial restauré qui va présenter des collections venues d’un peu partout mises en scène pour raconter l’histoire du textile depuis son origine jusqu’à aujourd’hui. Selon Dr. Sylvestre Edjékpoto, cet écosystème placera Ouidah dans un rôle de leader dans la documentation des techniques de production du textile. Et le défi de l’inscription de la marque Élu Vo au patrimoine de l’UNESCO est à l’ordre du jour du SIA 2023.

Intégration de la nutrition dans les politiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel: le processus d’élaboration du guide régional lancé à Cotonou

Le Secrétaire exécutif adjoint par intérim du CILSS, Dr. Hubert N’Djafa Ouaga lançant le processus d’élaboration du guide

On est bien parti pour l’harmonisation des outils d’amélioration de la gouvernance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de l’agriculture durable en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Le processus d’élaboration du guide régional d’intégration de la nutrition dans les documents stratégiques de développement est lancé ce vendredi 10 novembre 2023 à Cotonou par le secrétaire exécutif adjoint par intérim du CILSS, Dr. Hubert N’Djafa. C’est dans le cadre du Projet d’amélioration de la gouvernance de la résilience et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de l’agriculture durable ( PAGR-SANAD) financé par l’Union Européenne qui a pour coordonnatrice, Mme Soukeyna Chimère Diaw.

Ghislain Gbènakpon

Le lancement du processus d’élaboration du guide méthodologique d’élaboration du guide régional d’intégration de la nutrition dans les documents stratégiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel est l’aboutissement d’un atelier régional qui a mobilisé du 6 au 10 novembre 2023 à Cotonou, les experts du PAGR-SANAD, les représentants de la CEDEAO, de l’UEMOA, du ROPPA, des représentants des partenaires techniques et financiers notamment l’Union Européenne ainsi que les représentants des structures parties prenantes du PAGR-SANAD. Les travaux ont accouché d’un projet de canevas du guide et d’une feuille de route de son élaboration.

Une vue d’ensemble des participants

Le guide méthodologique dont le processus d’élaboration vient d’être lancé a pour ambition de servir de référentiel dans toute la sous-région en termes d’harmonisation des outils d’amélioration de la gouvernance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de l’agriculture durable en Afrique de l’Ouest et au Sahel ( SANAD ). « Cette harmonisation devra faciliter l’élaboration et la mise en œuvre des politiques, des stratégies et des plans/ programmes de la SAN-Agriculture Durable pour l’atteinte de l’ODD 2, à savoir, éradiquer la malnutrition sous toutes ses formes d’ici 2030. Mieux, il s’agit d’assurer le suivi-évaluation efficient à tous les niveaux: national, sous-régional, continental et international en tenant compte des spécificités de notre sous-région pour améliorer la SANAD et amorcer ainsi un développement durable, équitable et partagé. », a déclaré le secrétaire exécutif adjoint par intérim du CILSS, Dr. Hubert N’Djafa Ouaga.

Il faut dire que c’est un processus participatif et inclusif qui a été lancé pour l’élaboration du guide régional qui entre dans le cadre de la mise en œuvre de l’agenda nutrition de la CEDEAO qui vise la prise en compte effective de l’élimination de la malnutrition sous toutes ses formes d’ici 2030. Des tests pilotes sont prévus dans quelques pays pour apprécier la pertinence du guide et avoir des retours pour sa révision avant son adoption définitive.