Journée scientifique du SIA 2024: le sens et la portée des signes non formels de préservation et de transmission des savoir-faire liés à l’indigo au Bénin explicités

Exposé des signes non formels de préservation, de protection et de transmission des savoir-faire liés à l’indigo au Bénin

On en sait désormais plus sur les signes non formels de préservation, de protection et de transmission des savoir-faire liés à l’indigo au Bénin ainsi que leurs sens, valeurs et usages. A la journée scientifique de la troisième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2024 ) ce jeudi 28 novembre 2024 à Indigo Home dans la commune de Ouidah, les deux chercheurs à savoir Dr. Jean Eudes Missikey ethnolinguistique et Chrispel Yassoundo titulaire d’une licence en patrimoine sollicités pour la cause par Couleur Indigo en partenariat avec Afrique Décide ont livré les résultats de leurs travaux sur le terrain.

Ghislain Gbènakpon

Les chercheurs Chrispel Yassoundo et Dr. Jean Eudes Missikey

Des chants, des expressions ou proverbes, des panégyriques, des noms de famille pour leurs aspects vie sociale et des usages cultuels. Voilà ce qu’on retient globalement des signes non formels de préservation et de transmission des savoir-faire liés à l’indigo au Bénin dénichés par les chercheurs commis à Ouidah et Abomey, les deux villes où se pratique encore la teinture à l’indigo. Ils ont eu à faire des interviews directes avec des teinturiers, des guides touristiques, des chercheurs, des dignitaires, des membres de familles royales et descendants de teinturiers qu’ils ont complétées avec des observations sur le terrain.

La promotrice du SIA Nadia Adanlé et les autres participants

Au titre des chants, trois sont répertoriés à Ouidah et 1 à Abomey. On peut noter à titre indicatif, celui régulièrement fredonné par les femmes de la collectivité Aniambossou qui est à la fois un hommage aux ancêtres et un serment collectif. « En rythmant leur travail à ces paroles, elles expriment leur profond attachement à cet art ancestral et leur engagement à en assurer la pérennité », expliquent les conférenciers.

En ce qui concerne les panégyriques, ils ont recueilli un extrait de celui de la famille Dokponou à Abomey, une famille qui continue de pratiquer l’activité. En résumé, on apprend que l’indigo est un héritage familial et économique à préserver jalousement. Le message véhiculé est un avertissement empreint de sagesse: « Il est imprudent de laisser trainer le Ahozin ( la jarre de l’indigo ). Tes concurrents pourraient en profiter pour y ajouter du sel ruinant ainsi ta solution »

Autres signes non formels

Il ressort aussi de l’exposé des conférenciers que les Fons de Ouidah et d’Abomey reconnaissent plusieurs qualités à l’indigo à travers des mots, expressions ou proverbes. Selon une expression, l’indigo ne vieillit pas. Le tissu teint à l’indigo conserve toujours dans le temps son éclat et sa brillance. Des expressions qui véhiculent les valeurs humaines ont été rapportées. « Celui qui est en train de teindre ne peut laper la main » invite à la tempérance, la retenue, la modération et à la pondération. Il y a aussi des paroles de bénédiction comme « Tu vas vivre plus longtemps que le bâton de l’indigo » pour souhaiter des voeux de longévité et de santé robuste à quelqu’un. Des injures et taquineries sont associées à l’indigo. Il en est ainsi de « Noir comme la cuve d’indigo », « Epouser une femme aussi vieille que le bâton d’indigo » Les conférenciers font observer que les instruments utilisés dans la teinture à l’indigo sont souvent associés à la vieillesse et à la longévité. « Aller à malè et casser la jarre d’indigo », fait allusion au rapport sexuel.

L’indigo a également influencé l’avènement de noms de famille qui ont en commun le radical « Aho » qui signifie Indigo en français. « Aho, Tamadaho, Aholiatin ( L’indigo s’est parfaitement intégré au bâton indiquant que la solution est prête à être utilisée ) ont été choisis de l’activité de l’indigo pour devenir par la suite des anthroponymes de certaines familles. En langue Fon, Aho veut dire indigo. Cependant, les témoignages recueillis sur le terrain indiquent que les personnes portant ce nom de famille ne pratiquent pas forcément la teinture à l’indigo. Le choix de cet anthroponyme serait lié à la symbolique de l’indigo et sa capacité exceptionnelle à se fixer durablement sur les tissus. Par analogie, les membres de cette famille se comparent à l’indigo, symbole de force et de résilience », ont également expliqué les conférenciers.

Pour ce qui concerne l’usage cultuel, il faut retenir d’une part que l’indigo sert à colorer les objets sacrés et de l’autre, qu’il est utilisé dans les cérémonies de purification dans les temples vodun comme Hêviosso, Gambada, Thron. Par ailleurs, il permet de maitriser et de contrôler des phénomènes météorologiques comme la pluie qu’il sert à provoquer ou arrêter.

Lancement du SIA 2024: Maintenancières de cuve et Attacheuses à Couleur Indigo distinguées

Les Maintenancières de cuve et Attacheuses distinguées avec la promotrice Nadia Adanlé

Les rideaux sont levés depuis ce mercredi 27 novembre 2024 sur la troisième édition du Symposium sur l’Indigo Africain ( SIA 2024) consacrée aux signes non formels de préservation, de protection et de transmission des savoir-faire liés à l’Indigo au Bénin. Le clou du lancement de cette édition à Indigo Home dans la commune de Ouidah a été la distinction de celles qui chez Couleur Indigo contribuent à la préservation et à la transmission de ces savoir-faire. Il s’agit des Maintenancières de cuve et des Attacheuses qui ont reçu par la même occasion leurs attributs.

Ghislain Gbènakpon

Des Certificats de Mérite plutôt bien mérités. C’est ce qu’ont reçu pour leur distinction, les Maintenancières de cuve et les Attacheuses de Couleur Indigo au lancement de la troisième édition du SIA. Elles ont également reçu leurs attributs que sont le bâton d’indigotière et le tissu révélateur du savoir-faire avec la bénédiction de la promotrice de Couleur Indigo qui a été elle aussi distinguée. Avec une vive émotion, Mme Nadia Adanlé a salué la disponibilité de ces braves femmes qui l’accompagnent dans la valorisation et la promotion du tissu teint à l’indigo selon le procédé naturel ancestral. Ce faisant, elles jouent d’une manière ou d’une autre leur partition dans la préservation et la transmission des savoir-faire liés à l’indigo dont l’exploration des signes non formels est au coeur du SIA 2024. C’est donc à raison qu’elles ont été distinguées en grande pompe. Mme Nadia Adanlé a exprimé son engagement et celui de toutes les lauréates à promouvoir jusqu’à leur dernier souffle, la valorisation et la promotion de la marque Elu vo.

Un tableau présentant un motif de Couleur Indigo

L’autre séquence du lancement du SIA 2024 a été la danse des mots. C’est à travers ce tableau des mannequins professionnels qui ont donné à voir au public, des motifs de Couleur Indigo.

La styliste et créatrice de mode Doudou Dièz de la Guadeloupe

Les participants n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction. C’est le cas de la styliste créatrice de mode, la guadeloupéenne Doudou Dièz, l’invitée d’honneur de cette troisième édition du SIA. « Je découvre l’indigo. C’est vrai que depuis que la collaboration entre Nadia Adanlé et moi a commencé, je m’y suis vraiment plongée. Je découvre l’indigo africain. J’ai fait les recherches en amont chez moi et j’ai trouvé qu’on a aussi des indigotiers en Guadeloupe, mais qui n’ont pas le même procédé et la même finalité. Il y a donc eu des indigotiers chez nous. Les vestiges sont encore là. C’est vrai qu’à Couleur Indigo, c’est extraordinaire. Les gammes qu’elle a fait voir à ce lancement sont vraiment extraordinaires », a-t-elle déclaré à la faveur d’une interview à la presse.

La promotrice Nadia Adanlé très émue recevant sa distinction

Dépollution du bassin du Niger: les textes harmonisés sur les normes de rejets des polluants validés

Une vue de famille des participants

Il existe désormais un cadre légal pour la dépollution du bassin du Niger. Les textes réglementaires harmonisés sur la base de projets de normes de rejets de polluants dans le bassin du Niger ont été validés à la faveur d’un atelier régional à Cotonou qui a eu lieu du mercredi 27 à ce jeudi 28 novembre 2024. C’est le secretaire exécutif par intérim de l’Autorité du Bassin du Niger ( ABN ), M. Didier Zinsou qui a officiellement lancé les travaux au nom du ministre de l’énergie, de l’eau et des mines du Bénin.

Ghislain Gbènakpon

Les participants ont concrètement eu à examiner les rapports sur la traduction du principe pollueur-payeur contenu dans l’article 8 de la charte de l’eau de l’ABN et l’approche d’écotechnologies test en lignes directrices, les normes de rejet des eaux industrielles complétant l’annexe 1 de la charte de l’eau du bassin, la règlementation harmonisée à l’usage des pays pour la réduction de la pollution, l’élaboration de la stratégie de suivi de la qualité des eaux et de partage des données dans le bassin du Niger et le plan de renforcement des capacités.

Le secrétaire exécutif par intérim de l’ABN a exprimé sa confiance en la capacité des participants à atteindre les objectifs assignés à ce atelier régional. « Je sais que vous mesurez toute l’importance de l’exercice pour lequel nous nous sommes réunis, l’exercice qui consiste à examiner amender et valider le rapport d’étude soumis à votre appréciation. Permettez-moi ainsi de compter sur chacun d’entre vous pour atteindre les nobles objectifs assignés à cette session. Je réiitère mon plein engagement et mon soutien à toute initiative de développement inclusif dans le bassin du Niger », a déclaré M. Didier Zinsou.

Utilisation de MS Office: les agents du niveau central du MEEM reçoivent leurs attestations de fin de formation

Le SGM entouré des récipiendaires

Après 15 jours d’appropriation de l’utilisation des outils essentiels de MS Office , les acteurs du niveau central du ministère de l’énergie, de l’eau et des mines ( MEEM ) ont reçu ce mercredi 27 novembre 2024 leurs attestations de fin de formation. C’était sous la houlette du secrétaire général adjoint du ministère.

Ghislain Gbènakpon

Les fondamentaux et des notions avancées de Windows, de la Suite Microsoft Office, de gestion des navigateurs Internet sans oublier les notion de sécurité des données. Ce sont les domaines dans lesquels a été axée la formation des acteurs du niveau central démarré le 12 novembre 2024 avec les mots du directeur de cabinet. La formation a été sanctionnée par une évaluation du niveau de compétence des apprenants. Ces derniers ont exprimé leurs satisfactions et ont souhaité que l’expérience soit renouvelée pour une meilleure appropriation des connaissances mais aussi pour étendre à d’autres acteurs cibles. Ils ont aussi recommandé un accompagnement des formateurs sur une période pour une meilleure maitrise des notions apprises.

Dans son mot de clôture, le Secrétaire Général Adjoint du Ministère, a rappelé que le renforcement de capacité est d’une importance capitale dans l’administration car c’est une source de motivation pour les agents qui améliorent leurs connaissances pour un meilleur rendement. Il a ainsi souhaité que cette activité soit planifiée et menée de façon continue. Après avoir prodigué aux acteurs formés quelques conseils de bon usage et de pratique des notions acquises, il a procédé à la remise des attestions de fin de formation.

Lutte contre le Sida et autres: l’OCAL en campagne de sensibilisation dans huit localités frontalières du corridor Abidjan-Lagos

Une vue de famille des participants

L’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos ( OCAL ) a lancé ce mardi 26 novembre 2024 à Sèmé au Nigéria, une campagne de sensibilisation transfrontalière de huit jours dans huit localités frontalières le long du corridor pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles ( IST ) notamment le Vih/Sida mais aussi, les hépatites et la tuberculose. Le lancement de la campagne de sensibilisation qui prendra fin le 3 décembre prochain a eu lieu sous la houlette de Dr. Achille Batonon, représentant du directeur général de l’Organisation ouest africaine de la santé ( OOAS ), le partenaire financier.

Ghislain Gbènakpon

Sensibilisation, conseils et dépistage Vih, dépistages des hépatites B et C, consultation IST, dépistage de la tuberculose, distribution de préservatifs et gels lubrifiants. Ce sont les principales activités au programme de cette campagne de sensibilisation plus actions dans chacune des huit localités frontalières du corridor Abidjan-Lagos. Il s’agit de Sèmé au Nigéria, Kraké et Hillacondji au Bénin, Sanvee Condji et Kodjoviakpoé au Togo, Aflao et Elubo au Ghana et Noé en Côte d’Ivoire.

La directrice Pays de l’ONUSIDA, Bénin Togo, Dr. Diallo

Il faut dire que les statistiques ne sont pas du tout reluisantes. Dans son allocution de circonstance, la directrice Pays de l’ONUSIDA, Bénin, Togo, Pr. Diallo, a souligné qu’en 2023, 60% des personnes vivant avec le Vih en Afrique de l’Ouest et du Centre résident dans les cinq pays du Corridor que sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigéria. Par ailleurs, ces pays enregistrent chaque année, 57% des nouvelles infections dans la région Ouest-africaine et du centre et 150.000 décès.

La Secrétaire Exécutive de l’OCAl, Dr. Hortense ME face à la presse

« Cette campagne de sensibilisation est pour nous un moyen de participer à la lutte et de pouvoir grâce de cette activité régionale, améliorer les chiffres car malheureusement, nous sommes seulement à 75% de personnes qui connaissent leur statut alors que nous attendions avoir 95%. Aujourd’hui, on fait de la sensibilisation et on propose aussi de faire un test de dépistage du VIH. Et si le test est positif, il y a directement la mise sous traitement. On propose de faire un dépistage de la tuberculose et on peut référer les personnes. Il en est de même pour les hépatites. Donc, sensibilisation plus action, c’est ce que l’Organisation Corridor Abidjan-Lagos entend faire pendant une semaine de campagne », a soutenu la secrétaire exécutive de l’OCAL, Dr. Hortense Me à la faveur d’une interview à la presse.

L’Organisation peut toujours compter sur le soutien de l’OOAS qui à travers son représentant Dr. Achille Batonon a réaffirmé son engagement à soutenir ses actions actuelles et futures en matière de lutte contre le Vih, les hépatites et la tuberculose.

Eradication du VIH d’ici 2030: le plaidoyer de l’ONUSIDA

Le respect des droits de l’homme de toutes les personnes vivant avec le VIH ou exposées au risque d’infection est essentiel pour mettre fin au SIDA d’ici 2030. C’est le plaidoyer de l’ONUSIDA dans une tribune en prélude à la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le Sida le 1er décembre prochain. Pour l’organisation Onusienne, la criminalisation et la marginalisation de groupes de personnes, tels que les homosexuels, les transsexuels, les travailleurs du sexe et les toxicomanes font partie des facteurs qui sapent les efforts déployés pour l’éradication du Sida. Lire ci-dessous la tribune de l’ONUSIDA qui se fonde sur son nouveau rapport sur l’épidémie.

Pour mettre fin au sida, il faut protéger les droits de chacun

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida (1er décembre), l’ONUSIDA souligne que le respect des droits de l’homme de toutes les personnes vivant avec le VIH ou exposées au risque d’infection est essentiel pour mettre fin au sida d’ici à 2030.    

Le monde a fait d’énormes progrès pour réduire l’impact du VIH au cours des 15 dernières années.

Au niveau mondial, 30,7 millions de personnes – soit 77 % des personnes vivant avec le VIH – seront sous traitement en 2023, contre seulement 7,7 millions en 2010. Cette évolution s’est traduite par une baisse spectaculaire du nombre de décès liés au sida, qui a diminué de 51 % au cours de la même période.

Au Bénin, un total de 58505 personnes, soit 86 % des personnes vivant avec le VIH, étaient sous traitement en 2023. Cela a entraîné une baisse spectaculaire de 51% des décès liés au sida depuis 2010.

Cependant, malgré la mise au point d’une série de traitements et d’outils de prévention efficaces, le monde n’est toujours pas en mesure de mettre fin au sida en tant que menace pour la santé mondiale d’ici à 2030. Les progrès sont trop lents. En effet, dans au moins 28 pays, les nouvelles infections par le VIH sont en augmentation.

Comment protéger les progrès déjà réalisés dans la lutte contre le VIH et continuer à progresser vers cet objectif vital de 2030 ?

Un nouveau rapport de l’ONUSIDA publié avant la Journée mondiale du sida, intitulé « Take the Rights Path » (Suivons le chemin des droits), montre que le respect des droits est la voie à suivre pour une riposte au VIH qui soit solide et durable.

Le monde peut mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique si les droits de l’homme de toutes les personnes vivant avec le VIH ou exposées au risque d’infection sont protégés.

Le respect des droits des femmes et des jeunes filles est essentiel pour mettre fin à la pandémie de sida.

La violence fondée sur le sexe accroît la vulnérabilité au VIH.

Au Bénin, selon les dernières études, la majorité des actes de violences a été dirigée contre les femmes ou filles. Ainsi 60% des femmes de 15 ans ou plus et 45% des filles ont déclaré avoir été victimes de violences basées sur le genre, notamment les violences psychologiques ou morales, les violences physiques, les violences économiques, les violences patrimoniales ou culturelles, les violences sexuelles, le harcèlement, les enlèvements et séquestrations, le lévirat et l’inceste.

Le refus de l’éducation et de l’information met les gens en danger. Il est urgent d’investir dans l’éducation des filles et d’offrir une éducation sexuelle complète – un élément essentiel de la prévention du VIH.

Les obstacles à la santé doivent être levés. Par exemple, plus de la moitié des pays ont des lois qui empêchent les jeunes de se faire dépister pour connaître leur statut sérologique, à moins qu’ils n’obtiennent l’autorisation de leurs parents, ce qui fait fuir les jeunes et conduit beaucoup d’entre eux à ne pas savoir s’ils vivent avec le VIH.

Bien que de nombreux pays aient réalisé des progrès considérables pour réduire l’impact du VIH sur les enfants, l’engagement de protéger tous les enfants vivant avec le VIH et affectés par le virus n’est pas respecté. Un enfant sur trois ne bénéficie pas d’un test de dépistage du VIH au cours des deux premiers mois de sa vie, la fourniture d’une thérapie antirétrovirale à vie aux femmes enceintes et allaitantes vivant avec le VIH n’a pas augmenté au cours de la dernière décennie et la couverture du traitement du VIH est nettement plus faible pour les enfants (57 %) que pour les adultes (77 %).

Au Bénin, si l’on constate de bons progrès chez les adultes, la situation chez les enfants reste toujours aussi critique. Seuls 36% des enfants en 2023 ont accès à un traitement antirétroviral (contre 92% chez les adultes).

La criminalisation et la marginalisation de groupes de personnes, tels que les homosexuels, les transsexuels, les travailleurs du sexe et les toxicomanes, sapent également les efforts déployés pour mettre fin au sida. L’adoption d’une législation encore plus sévère à l’encontre de ces groupes dans de nombreux pays augmente les niveaux de stigmatisation et de discrimination et éloigne les gens des services de traitement et de prévention du VIH.

La réaction hostile aux droits qui menace de réduire à néant une grande partie des progrès accomplis dans la lutte mondiale contre le sida doit être combattue de front. Pour protéger la santé de chacun, nous devons protéger les droits de tous.

Il y a de l’espoir.  

Dans le monde entier, un certain nombre de lois qui entravaient la fourniture de services de santé publique à des groupes de personnes vulnérables ont été supprimées. On observe également une nette tendance à la suppression des lois contre-productives qui criminalisent l’exposition au VIH, la non-divulgation ou la transmission du virus.

Depuis quelques années, le Bénin a engagé le processus de révision de sa loi sur le VIH pour alléger les dispositions pénales au regard des avancées enregistrées en matière prévention et de prise en charge de l’infection. Cette loi en cours d’adoption protègera mieux les personnes vivant avec le VIH et celles exposées au risque d’infection à VIH et leur favorisera un meilleur accès aux soins.

Le nouveau rapport de l’ONUSIDA fournit une feuille de route claire : Pour mettre fin au sida, il faut suivre la voie des droits.

ONUSIDA Bénin

https://www.unaids.org/fr/resources/presscentre/pressreleaseandstatementarchive/2024/november/20241126_world-aids-day-report

Réformes foncières et environnementales au Bénin: architectes, urbanistes et environnementalistes sensibilisés

Une vue partielle des participants

La Cellule d’appui à l’amélioration du climat des affaires poursuit sa croisade de sensibilisation du secteur privé sur les réformes entreprises par le gouvernement dans ce sens. A l’After Work de ce mardi 26 novembre 2024 à Novotel de Cotonou, ce sont les réformes foncières et environnementales qui ont été exposées aux architectes urbanistes, environnementalistes et experts géomètres.

Ghislain Gbènakpon

Informations utiles sur le permis de construire en République du Bénin présentées par M. Guillaume Sènou, point des réformes foncières dans le numérique à l’Agence national du domaine et du foncier au 4 novembre 2024, présenté par Alidou Saré et les principales activités et réalisations de l’Agence béninoise pour l’environnement présentées par son directeur général Dr. François-Corneille Kédowidé. Ce sont les trois communications dont ont bénéficié les participants de cet After Work.

Dans la première communication, M. Guillaume Sènou a d’abord faire savoir que le permis de construire est un acte administratif par lequel, une autorité administrative compétente autorise une personne à construire un édifice conformément aux prescriptions technique, aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur en matière d’urbanisme. Il est délivré en ligne depuis le 1er janvier 2021 dans la ville de Cotonou dans le cadre du processus de décentralisation et la dématérialisation est en cours d’extension dans toutes les communes du Bénin. Les participants ont été entretenus sur les différentes catégories de permis de construire, celui qui doit faire le permis de construire, les travaux ne nécessitant pas un permis de construire, les conditions et processus d’obtention du permis de construire et le délai de sa délivrance qui est de 25 jours conformément aux textes mais de 14 jours ouvrables maximum dans la ville de Cotonou. Et toute personne ayant démarré sans autorisation une construction ou l’ayant achevé sans permis de construire a jusqu’en 2028, la possibilité de régulariser sa situation .

Ce qui retient fondamentalement l’attention dans les réformes foncières, c’est la dématérialisation des procédures de demande de prestations de l’ANDF. Il y a le titre foncier, l’attestation de demande de confirmation de droits fonciers , état descriptif, certificat d’appartenance , mutation de titre foncier, morcellement de titre foncier, inscription d’hypothèque et situation géographique d’une parcelle. Par ailleurs, le dispositif pour la mise à l’échelle du cadastre sur le plan national est prêt. Les plateformes requises sont mises en place et sont opérationnelles.

Au titre des principales réalisations de l’Agence béninoise de l’environnement précisément au 30 septembre 2024, il y a la validation de l’évaluation environnementale et sociale stratégique ( EESS ) de la zone côtière du Bénin, la validation de 150 rapports d’études d’impact environnemental et social ( EIES ), la réalisation de 60 audits environnementaux et sociaux externes d’unités industrielles, la délivrance de 144 Cadres de gestion environnementale et sociale ( CGES ) et la réalisation de 100 inspections environnementales. Le DG François-Corneille Kédowidé a notamment insisté sur l’obligation pour tout porteur de projet de solliciter une étude d’impact environnemental.

Pr. Dorothé Sossa sur le dialogue des juges: « Il faut prévenir les conflits de compétence entre juridictions »

Une vue de famille des participants

Le dialogue entre le juge de la constitutionnalité et le juge de la légalité est au coeur d’un séminaire qu’organise la Cour constitutionnelle depuis ce lundi 25 novembre 2024 à Grand-Popo. C’est le président Dorothé Sossa qui a officiellement lancé les travaux qui prennent fin ce jour.

Ghislain Gbènakpon

Instaurer un mécanisme de dialogue périodique entre juridictions pour une convergence des décisions sur des questions relatives à la violation des droits de l’homme. C’est tout l’objectif de ce seminaire de deux jours auquel prennent part, les conseillers à la Cour constitutionnelle, la Secrétaire générale de l’institution, le procureur général près la Cour suprême, les conseillers à la cour suprême, des magistrats envoyés par le ministère de la justice, et les assistants juridiques de la Cour constitutionnelle.

En ouvrant les travaux, le Président Dorothé Sossa a été on ne peut plus clair : « Le dialogue des juges qui nous préoccupe et doit nous occuper, ici et maintenant, dira – t-il, est celui intervenant entre nous : juges nationaux. Et dans la mesure où il s’agit, pour nous, de définir une conjonction heureuse de l’action du juge de la constitutionnalité et de celle du juge de la légalité de notre pays il nous faut mettre nos réalités en perspective ».

Le Pr. Dorothé Sossa, président de la Cour constitutionnelle

Face au foisonnement des recours à la Cour constitutionnelle, il s’est adressé aux participants en s’interrogeant : Est-il concevable que les droits fondamentaux soient invoqués à l’encontre d’un particulier ? Le citoyen, non dépositaire d’un pouvoir public, est-il débiteur des droits de l’homme ? Ne serait-il pas possible d’envisager que l’intervention du juge de la légalité précède celle du juge de la constitutionnalité chaque fois que le dossier l’autorise ? Aucune solution légale n’est-elle envisageable pour prévenir la garde-à-vue et la détention provisoire abusives ?
A toutes ces questions, le Professeur Dorothé SOSSA a lui-même trouvé quelques pistes de solutions. Il s’agira selon lui : de générer la formation de jurisprudences compatibles entre nos différentes juridictions, d’éviter les réponses inconciliables à une même question juridique, de prévenir les conflits négatifs de compétence entre juridictions et de faire converger l’interprétation des textes juridiques.

La communication sur le dialogue entre juge de la constitutionnalité et juge de la légalité donnée par les conseillers Michel ADJAKA de la Cour constitutionnelle et Alexis METAHOU de la Cour suprême ont édifié les participants.
Dans l’après-midi de ce lundi, les participants ont été scindés en deux groupes pour réfléchir sur des recommandations relatives à la mise en place d’un cadre de concertation entre juridictions de la légalité et la Cour constitutionnelle pour assurer une interprétation harmonieuse des dispositions constitutionnelles. La restitution en plénière des travaux en groupe a mis fin aux activités de cette première journée de ce séminaire.

Cette initiative de la haute juridiction permettra de renforcer la cohérence et l’efficacité du système judiciaire. Elle permet aussi aux juges de différents niveaux de justice de partager leurs expériences, de clarifier leurs rôles respectifs et de trouver des solutions communes aux défis juridiques contemporains.

Autorité du Bassin de Niger: le plan d’investissement et la dépollution du bassin au coeur de deux ateliers régionaux à Cotonou

Il s’est ouvert ce lundi 25 novembre 2024 à Cotonou, deux ateliers régionaux de validation des rapports des études sur la réorganisation du cadre structurel et fonctionnel du mécanisme de mise en œuvre du plan d’Investissement de l’Autorité du Bassin du Niger et l’élaboration de textes réglementaires harmonisés sur la base de projets de normes de rejets de polluants dans le bassin du Niger. C’est M. Batia Eleuthère, représentant du ministre de l’énergie et de l’eau ( MEEM ) qui a officiellement lancé les travaux.

Ghislain Gbènakpon

« Votre présence ici à Cotonou est l’expression de la vitalité de la coopération entre nos pays pour le développement du Bassin du Niger et de notre engagement à redorer le blason de l’Autorité du Bassin du Niger à travers la réorganisation du cadre structurel et fonctionnel du mécanisme de mise en œuvre de son plan d’Investissement pour faire face aux nombreux défis de préservation des ressources du bassin du Niger. En effet, après plusieurs années de mise en œuvre, il est nécessaire de revoir le dispositif de suivi et d’évaluation du Plan d’Action pour le Développement Durable et de son Plan d’Investissement en vue de proposer et de mettre en œuvre des outils appropriés orientés vers l’approche axée sur la performance et la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) », a déclaré M. Batia Eleuthère au participants.

Pendant deux jours, ils ont à examiner d’une part le diagnostic structuro fonctionnel du mécanisme de mise en œuvre et d’analyse des résultats atteints suivi des propositions d’amélioration du plan d’investissement, le système de surveillance et d’évaluation du plan d’action pour le développement durable et le programme de renforcement de capacités des principaux acteurs impliqués dans le suivi évaluation du Plan d’Action pour le Développement Durable et son plan d’investissement proposés et d’autre part, examiner les rapports sur la traduction du principe pollueur-payeur contenu dans l’article 8 de la charte de l’eau de l’ABN et l’approche d’écotechnologies test en lignes directrices, les normes de rejet des eaux industrielles complétant l’annexe 1 de la charte de l’eau du bassin, la règlementation harmonisée à l’usage des pays pour la réduction de la pollution, l’élaboration de la stratégie de suivi de la qualité des eaux et de partage des données dans le bassin du Niger et le plan de renforcement des capacités.

Le secrétaire exécutif de l’ABN a exprimé sa confiance en la capacité des participants à atteindre les objectifs assignés à ces deux ateliers régionaux. « Je sais que vous mesurez toute l’importance de l’exercice pour lequel nous nous sommes réunis, l’exercice qui consiste à examiner amender et valider les différents rapports d’étude soumis à votre appréciation. Permettez-moi ainsi de compter sur chacun d’entre vous pour atteindre les nobles objectifs assignés à ces sessions. Je réitère mon plein engagement et mon soutien à toute initiative de développement inclusif dans le bassin du Niger » a déclaré M. Didier Zinsou.

Justice Commerciale: les réformes au service du secteur privé au Bénin

Une vue des conférenciers et organisateurs

Le train des réformes pour l’amélioration du climat des affaires au Bénin n’épargne pas le secteur judiciaire avec une justice commerciale au service du privé au Bénin. C’est ce qu’on retient de la rencontre de sensibilisation et d’information des acteurs du secteur privé organisée par la Cellule d’appui à l’amélioration du climat des affaires du ministère de l’économie et des finances. C’était ce samedi 23 novembre 2024 à l’hôtel Azalaï de Cotonou.

Ghislain Gbènakpon

Dans le cadre de la modernisation de la justice commerciale, plusieurs initiatives ont été mises en oeuvre au Bénin dont l’organisation d’une procédure particulière de recouvrement des créances de faible montant soit inférieures ou égales à 5 millions de FCFA et la publication régulière des données constituent des avancées majeures. C’est en tout cas ce que renseigne les communications du tribunal de commerce de Cotonou à cette rencontre d’échanges et de sensibilisation avec le secteur privé béninois.

On retient fondamentalement sur les particularités de la procédure du règlement des litiges, la possibilité de saisine en ligne du greffier en chef qui se charge de la notification aux parties adverses, l’encadrement de la procédure dans un délai qui enferme l’instruction jusqu’à la décision du juge dans un délai de 45 jours, la nature de la décision avec la précision que les décisions rendues en matière de petites créances sont en premier et dernier ressort et la gratuité avec d’une part, une procédure entièrement gratuite de la saisine du tribunal jusqu’à la délivrance de la décision et d’autre part, une décision dispensée des formalités d’enregistrement et de timbres.

Autres aspects des réformes

Autres aspects des réformes dans le règlement des litiges commerciaux, il y a la publication de la documentation sur la justice commerciale sur le site http://www.tribunalcommercecotonou.bj consultable gratuitement, l’accessibilité des données avec la publication des rôles d’audience qui permet aux justiciables de suivre l’évolution des différentes dates d’évocation de leurs affaires et d’avoir un compte rendu de l’audience et la publication des décisions de justice .

Par ailleurs, les services que fournit le Centre d’Arbitrage de Médiation et de Conciliation du Bénin ( CAMeC ) de la Chambre de Commerce et d’industrie du Bénin ( CCI Bénin ) en matière d’arbitrage et de médiation ont été exposés aux acteurs du secteur privé. On retient que l’arbitrage et la médiation sont des modes alternatifs de règlement des litiges qui apportent une innovation dans l’environnement juridique et économique national en ce qu’ils offrent aux justiciables qui y ont recours, une discrétion, une confidentialité et une célérité dans le traitement des dossiers, une souplesse, simplicité de la procédure et une possibilité offerte aux parties de choisir librement les arbitres ou médiateurs aptes à connaitre du litige en cause. Il y a aussi la sauvegarde des relations d’affaires et des coûts raisonnables.